‹ Histoire de la FrondeChapitre 65 sur 155 · CHAPITRE m. — 1648. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — 1648. l

raient exemptes ; mais , dans le plan du contrôleur-général, Pédit du tarif était un premier pas , et la mesure devait être étendue aux autres villes et bourgades du royaume.

Malheureusement les lumières des magistrats, en finances, n'étaient pas au niveau de leurs bonnes intentions. L'édit du tarif fut repoussé avec une ignorante obstination. Il' fallut rentrer dans les voies anciennes, créer de nouveaux offices de judicature et de finance, notamment douze charges de maîtres des requêtes , dont le nombre se trouva ainsi augmenté d'un cinquième. Découragé par le mauvais succès des discussions précédentes , Mazarin se décida à mener le Roi au Parlement et à tenter encore un lit de justice. Rien ne fut épargné pour disposer les esprits à Tobéissance ; la Reine manda Favocat-général Talon , Fassura que les édits étaient doux et raisonnables, et voulut tirer parole qu'il s'en montrerait satisfait : l'austère magistrat répondit qu'il ferait sa charge.

Le Roi se rendit au Parlement avec la pompe accoutumée. Le chancelier expliqua, » comme toujours , la nécessité des nouveaux » édits par l'insuffisance des ressources an-

» nuelles pour continuer une guerre dont les )» glorieux succès étaient pour la nation une » brillante récompense de tous ses sacrifi- » ces. » Déjà depuis long-temps de tels motifs n'étaient plus favorablement accueillis. Le premier président , répondant au chancelier, parla fortement contre la guerre : « monstre que Ton ne voulait pas étouffer, » afin qu'elle servît toujours d'occasion à i> ceux qui abusaient de l'autorité royale , i> pour dévorer ce qui restait de biens aux » particuliers. »

Lés conclusions de l'avocat-général , obligé par le devoir de sa charge à requérir l'enregistrement des édits , furent une satire sanglante de l'administration. «On prétend, dit- >« il , qu'il n'est point facile de conclure la » paix avec les ennemis; qu'il est plus aisé de » les forcer par les armes que de les sou- }\ mettre par la raison ; qu'il est avantageux » à l'État de ne pas manquer au moyen des » victoires du Roi, qui ont augmenté nos » frontières de nouvelles provinces. Soit que » ces propositions soient vraies ou fausses , » nous pouvons dire à Votre Majesté que les M victoires ne diminuent rien de la misère

Page 1