CHAPITRE m. 1648. lÔ
» des peuples 5 qu'il y a des provinces entiè- )) res où Ton ne se nourrit que d^in peu de M pain dWoine et de son. Ces palmes et ces )> lauriers pour lesquels accroître on travaille )) tant les peuples, ne sont point comptés » parmi les bonnes plantes, parce qu'elles » ne portent aucun fruit qui soit bon pour M la vie. Sire , toutes les provinces sont ); appauvries et épuisées- Pour fournir au » luxe de Paris, on amis imposition et fait des )» levées sur toutes les choses dont on s'est pu » imaginer. Il ne reste plus à vos sujets que » leurs âmes , lesquelles , si elles eussent été )» vénales , il y a long-t^mps qu'on les aurait » mises à l'encan. »
S'élevant ensuite contre l'abus des lits de justice , « n'est-ce pas, continuait Talon, une » illusion dans la morale , une contradiction )) dans la politique , de croire que des édits )) qui , par les lois du royaume , ne sont pas » susceptibles d'exécution jusqu'à ce qu'ils M aient été rapportés et délibérés dans les )) Cours souveraines, passent pour vérifiés, )) lorsque Votre Majesté en a fait lire et pu- » blier le titre en sa présence ! Un tel gouverw nement despotique et souverain serait bon
ti parmi les Scythes et les Barbares septentrio- » naux qui n'ont que le visage d'homme. t» Mais en la France , Sire , le pays le plus po- » licé du monde, les peuples ont toujours fait « état d'être nés libres et de vivre comme » vrais Français. «
Le lendemain de la séance royale, l'assemblée générale des Chambres fut demandée pour délibérer sur les édits' apportés par le Roi, « attendu que l'enregistrement en pré- » sence de Sa Majesté devait être considéré » comme une formalité sans valeur. » Mathieu Mole fit droit à la demande des enquêtes, et toutes les Chambres étant assemblées, une députation des maîtres des requêtes fut introduite, qui déclara «( s'opposer à l'édit » portant création des douze nouvelles char- » ges , comme préjudiciable aux intérêts des )) anciens pourvus, et contraire à leurs pri- » viléges. « Le premier président « donna M acte de l'opposition, à laquelle il serait » fait droit après en avoir délibéré. »
Cette entreprise du Parlement jeta le conseil dans une grande confusion. Les gens du Roi furent mandés au Louvre. Le chancelier Ségxiier , en présence de Leurs Majestés , *