‹ Histoire de la FrondeChapitre 71 sur 155 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ses ' ; le comte de Fiesque exilé , madame d^Hautefort ' bannie de la cour, et ces mesures de rigueur ne purent obliger les courtisans à rendre au cardinal Ma/.arin des égards de simple politesse. « Oh ! Dieu merci , disait » alors la Reine , je suis arrivée à ce point que » chacun tient à honneur de me déso- I) béir. »

Le ministre opposait à tant d'ennemis Tappui du duc d'Orléans et de la maison de Condé , mais il n'obtenait ces secours qu'au prix de grands sacrifices. Le duc d'Orléans exieea le Gouvernement du Lansfuedoc, le duc d'Enghien celui de Champagne. Il fallut s'écarter de la politique de Richelieu, et livrer ces importantes provinces aux adversaires les plus redoutables de l'autorité royale. A la vérité l'abbé de La Rivière , tout-puissant

• I^e comte de Cliarot, le marquis de Gesvres et de Chandenier.

' Marie d'Hautefort, dame d'atour d'Anne d'Autriche, tille de Charles, marquis d'Hautefort, et de Renée du Belloy» Née en 1616 , elle épousa , eil i646, Ife maréchal de Schomberg ^ duc d'HalIwin , et mourut en 1691. Elle avait été aimée de Louis XIIÏ et conserva toujours une réputation de haute vertu.

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sup Gaston, répondait de la docilité de son maîtr«; mais le duc d'Enghien ne donnait pas de telles garanties , et son ambition devenait, au contraire, chaque jour plus exigeante.

A la mort du duc de Maillé Brezé ', grandamiral de France , le duc d'Enghien demanda sa charge, et soutint (tant les traditions delà féodalité étaient encore vivantes) qu"'on ne pouvait sans injustice le dépouiller de Théritage de son beau-frère. La charge de grandamiral eût rendu tout-puissant sur les troupes de mer le jeune héros qui avait acquis par ses victoires tant d^influence sur Tannée de terre; la Reine la retint pour elle-même, et s'en fit expédier les provisions sous le titre de Surintendante des mers.

La maison de Condé ressentit ce procédé comme une injure. Le vieux prince quitta la cour avec éclat et se retira dans son gou-

• Armand de Maillé, duc de Fronsac, grand-maître, chef et surintendant général de la navigation et commerce de France, né en 1699, d'Urbain de Maillé, maréchal de France , et de Nicole du Plessis Richelieu, sœur du Cardinal. Il fut tué sur mer d'un coup de canon , le i4 juin ^6.i6.

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