‹ Histoire de la FrondeChapitre 87 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ût le tour de la salle ainsi que c^était Tusage, avant de prononcer Tarrêt d^enregistrement ,

Harangue de r avocat-général Talon.

Après un exorde bizarre et des comparaisons empruntées de l'astrologie, entre le gouvernement du ciel et celui de la terre , il continue — « Le dessein d'inter- » rompre les délibérations de la compagnie, a sans doute » pour fondement la pensée de ces grands astronomes, » qui se sont imaginés que l'influence des astres est plus » grande et plus efficace lorsqu'ils agissent seuls , que » non pas lorsqu'ils sont en conjonction avec d'autres » planettes; en telle sorte que si l'étoile de Jupiter était » seule dominante sur notre horizon , nous serions im- » mortels à cause de la puissance et de la dignité de sa » lumière.

» Mais il y a grande différence entre le gouvernement " duciel et celui de la terre, entre la conduite de Dieu et » les voies des hommes. Les ordres de Dieu ne sont sus- » ceptibles d'aucune contradiction , parce qu'il est l'au- » teur et le principe de la justice ; sa puissance et sa » volonté marchent avant ce que nous appelons ses con- » seils et ses délibérations.

» Les rois au contraire sont comme les eni'ans des » hommes soumis aux principes communs de la nature ; » il ne leur appartient pas de se suffire à eux-mêmes , de » subsister dans la plénitude de leur être, sans besoins et » sans dépendance — Il y a des lois publiques dans les » Etats, qui sont les pierres angulaires des royaumes, les

plusieurs voix parties des bancs des conseillers des enquêtes lui crièrent : « Nous vous dirons -)) notre avis demain, quand le Roi n'y sera » plus et que nous pourrons délibérer avec » liberté de suffrages. >>

Le lendemain en effet, au mépris de la défense de continuer les assemblées , les conseillers des enquêtes revinrent prendre leurs places dans la grand'Chambre, deman-

marquesde l'alliance ; qui règlent la siaimission que les sujebi doivent à leur souverain et la protection que les souverains doivent à leurs sujets.

» Autrefois, les volontés de nos rois n'étaient point exécutées parles peuples, qu'elles ne fussent souscrite* en l'original de tous les grands du royaume, des princes et officiers de la couronne. Aujourd'hui celte jurisdiction politique est dévolue aux parlemens ; nous jouissons de cette puissance seconde que la prescription du temps autorise et que les peuples honorent avec respect.

» La contradiction des sufiFrages , la résistance respectueuse dont nous usons dans les affaires publiques, ne doit donc pas être interprétée comme une désobéissance , mais comme un effet nécessaire de la fonction de nos charges et de l'accomplissement de nos devoirs, et sans doute ce n'est pas diminuer la majesté i-oyale que de l'astreindre à suivre les ordonnances , et de lui faire , comme dit l'Ecriture , un royaume de la loi. »

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