CHAPITRE YI
Démission de La Fayette. — Honneurs que lai rendent la Commune et la garde nationale. — Sa lettre d' adieux. — Réponse des bataillons. — Plaintes da maire Fétion sur le serrice. -- Élections de noQ'veatix offlciers. — Garde nationale des départements. — Garde nationale mobile. — Almanach du P. Gérard, ~ Bataillon de femmes. — Déclaration de guerre. — Premiers engagements. — Belle conduite dd èataillon de Paris. — Jovmée dn 20 Juin.
Le 8 octobre, aux termes du décret du 1 3 septembre, La Fayette annonça que ses fonctions de eocbmandant général cessaient. II eutpour successeur M. Char-^ ton, chef delà première division, qui prit le commandement pour un mois. Bàilly reçut le démissionnaire à l'hôtel de ville, et lui témoigna avec émotion la reconnaissance delà Commune (1). Le Corps municipal décida à Tunanimité :
« Qu'ilseraitfrappé,enrhonneurdeM. La Fayette, une médaille, dont TAcadémie des Inscriptions serait
(1) Soa<)i$coursaété inséré dans aes Mémoireg, t. H, p. 401.
priée de donner les emblèmes et les inscriptions en français ;
«Qu'une de ces médailles serait frappée en or, pour M. La Fayette ;
« Que la statue de Washington, en marbre, fait par M. Houdon, serait donnée à M. La Fayette, pour être placée dans celui de ses domaines qu'ildésignerait, afin qu'il ait toujours devant les yeux son ami, et celui qu'il avait si glorieusement imité ;
« QueFarrêté contenant ces dispositions seraitplacé dans le buste de La Fayette, donnée douze ans auparavant, par les Etats-Unis de T Amérique, à la municipalité de Paris. »
La Fayette alla chercher le repos dans sa terre de Chavagnes, en laissant à ses frères d'armes, dans une lettre d'adieu, ses conseils et ses exhortations. Il les invitait à soutenir de tous leurs efforts l'organisation régulière qui succédait aux jours de la Révolution. ((La liberté, disait- il, naissait entourée de signes de paix, lorsque ses ennemis, provoquant les défenseurs du peuple, néeessitèrent la naissance inattendue des gardes nationales^ leur organisation spontanée, leur alliance universelle^ enfin ce développement de forces civiques qui rappelait l'usage des armes à sa véritablef destination. Mais il est temps de donner d'autres exemples j et ceux-là sont encore plus imposants ; ce sont ceux d'une forée irrésistible, qui ne s'exerce que par le maintien des lois. Puissent tous les earactères, tous les bienfaits de la liberté, en consolidant de plus
en plus (e bonheur de notre patrie, récompenser dignement le zèle de toutes les gardes nationales de Tempire, armées pour la même cause, réunies par le même senti menti »
Chaque compagnie députa Tuu de ses membres à Fhdtel de ville pour rédiger une réponse. Ces représentants arrêtèrent que chaque chef de division nommerait un commissaire rédai'teur ; que Texpression des regrets unanimes serait transmise au commandant général ; qu'on lui offrirait une épée à garde d*or, sur laquelle serait gravée cette inscription :