‹ Histoire de la garde nationale; récit complet de tous les faits qui l'ont distinguée depuis son origine jusqu'en 1848Chapitre 17 sur 21 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Rétablissement de la garde nationale de Paris. — Noms des officiers. — Leur entrevue avec l'Empereur. — Ordre du jour de Moncey. — Préparatifs de la défense de Paris. — La garde nationale, le 30 mars 1814. — Entretien de Tf^mpereur avec le général Belliard.

Le décret parut le 8 janvier 1814.

« La garde nationale de notre bonne ville de Paris est mise en activité.

« L'Empereur la commande en chef.

(c L'élat-major général est composé d'un major général commandant en s^econd, de quatre aides-majors généraux, de quatre adjudants commandants, et de huit adjoints capitaines.

c( La garde nationale de Paris se compose d'une légion par arrondissement ; chaque légion , de quatre bataillons, et chaque bataillon de cinq compagnies, dont une de grenadiers et quatre de fusihers. Les qua-

tre compagnies de grenadiers d'une légion forment un bataillon d'élite, qui porte le nom de bataillon d'élite de telle légion.

« Chaque légion est commandée par un colonel et un adjudant major. L'adjudant major est choisi parmi les officiers en retraite. Chaque bataillon est commandé par un chef de bataillon et par un adjudant.

« Chaque compagnie est composée de la manière suivante : Un capitaine, un lieutenant, deux souslieutenants, un sergent-major, quatre sergents, un caporal fourrier, huit caporaux, deux tambours et cent cinq hommes.

« Total de la compagnie, cent vingt-cinq hommes.

« Les généraux et les colonels prêteront serment entre nos mains ; les officiers des autres grades prêteront serment entre les mains de notre cousin le vice-connétable.

« Les officiers et sous-officiers sont tenus d'être habillés en uniforme de garde nationale ; les grenadiers sont tenus de s'armer, de s'habiller et de s'équiper à leurs frais.

« Notre ministre de l'intérieur nous présentera la nomination des officiers.

« Nul ne pourra se faire remplacer dans le service de la garde nationale, si ce n'est le père par le fils, le beau-père par le gendre, l'oncle par le neveu et le frère par son frère.

c< Sont nommés :

« Major général commandant en second, le maréchal duc de Conégliano (1).

« Aides-majors généraux : le général de division, comte Hullin; le comte Bertrand, grand maréchal; le comte Montesquiou, grand chambellan ; le Comte de Montmorency.

c( Adjudants'commandants : le baron Laborde, adjudant commandant de la place de Paris; le comte Albert de Brancas, le comte Germain, le sieur Tourton.

« Adjudants capitaines : le comte de Lariboissière, le chevalier Adolphe de Maussion, les sieurs Montholon fils, Collin fils jeune, Lecordier fils, Lemoine fils, Cardon fils, Mallet fils.

« Chefs de légions : le comte de Gontaut, le comte Regnaud de Saint-Jean-d'Angély, le baron Hottinger. le comte Jaubert, les sieurs Dauberjon de Murin<Hs, Defraguier, Le Pileur de Brevannes, Richard-Lenoir, Devins de Graville, le duc de Cadore, le comte de Choiseul Praslin, le sieur Salleron. »

Les vices de ce décret sont sensibles. « Napoléon n'armait qu'avec répugnance une force ennemie de son pouvoir absolu et prenait toutes les mesures pour qu'elle ne pût maîtriser le gouvernement (2). » Les

(1) Rose-Adrien-Jeannot de Moncey, né à Besançon le 31 juillet 1754, soldat en 1773, général en avril 179û, maréchal de France le 19 mai ISOû.

(2) Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814, par F. Koch, chef de bataillon d'élat-major, 1819, in 8, t. JI, p. 431.

fonctionnaires publics enchérissant sur les idées despotiques de l'Empereur, enrôlèrent timidement les contribuables ou fils de contribables, portés au rôle de l'impôt personnel pour une cote égale ou supérieure à 10 francs. Au moment où réveillant avec hardiesse les traditions révolutionnaires, il fallait lever une armée citoyenne homogène, l'autorité impériale établit des distinctions puériles entre les grenadiers et les fusiliers, entre les bataillons d'élite et les autres. Au lieu de laisser aux gardes nationaux le choix de leurs officiers, elle leur imposa des chefs ; et, par une folle manie aristocratique, elle recruta presque tout l'étatmajor parmi des nobles de fabrique vieille ou nouvelle. l,a prestation môme du serment fit ressortir la différence des grades d'une manière choquante pour un corps dont le principe essentiel avait été, et aurait du être encore, l'égalité.

Le 16 janvier, l'état-major jura fidélité à Napoléon, auquel il fut présenté par Alexandre Berthier, viceconnétable, princede Neufchatel etde Wagram.L'archichancelier Cambacérès reçut, dans un ordre'hiérarchique, le serment des capitaines, des lieutenants et des sous-lieutenants (1).

Le dimanche 23 janvier, les officiers de tous grades se réunirent aux Tuileries, dans la salle des maréchaux.

(1) Les capitaines, le jeudi 20 janvier; les lieutenants, le vendredi; les sous-lieutenants, le samedi. [Journal de Paris, 23 jaji- \ier18U)

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