CHAPITRE XV
La garde nationale en juillet 1830. — Règne de Louis-Philippe. 24 février» — La garde nationale depuis la République.
Les gardes nationaux reparurent au bruit du canon, au milieu des barricades du 28 juillet 1830. La foule battit des mains à leur aspect ; ils prirent place dansles rangs du peuple insurgé, et contribuèrent aux succès de cette grande journée , dont on a dit ingénieusement : « On a beau vanter le 14 juillet, ce ne sera jamais que la moitié du 28. » Parmi les premiersqui se montrèrent en uniforme, on cite M. Maupetit , fabricant de châles (rue de Bondi, n" 20), grenadier de la 5^ légion; M. Mobler, mécanicien, fourrier des sapeurs de la 6^ ; MM. Pel vilain et Crétu, de la 2e, que la garde royale désarma et fit prisonniers, dans la rue de Choiseul ; M. Boulet, professeur d'escrime, grena-
dier de la 6^ ; Genevray , grenadier de la 1 1 g , et le dentiste Miel , qui fut tué rue des Prouvaires. Plusieurs autres gardes nationaux succombèrent; leur costume les signalait aux troupes royales, et les exposait aux balles des tirailleurs. Achille Piquefeu, de la 8^ légion, fut mortellement frappé au marché Saint- Jean ; Charles Nicol, marchand de papier (rue Montmartre no 15), fut atteint de plusieurs balles, ens'opposant au passage des détachements suisses qui tentaient de gagner les boulevards. Jeannisson, propriétaire des bains Saint-Guillaume, grenadier de la 3e légion , s'embusqua au premier étage du café Minerve, et après avoir riposté pendant plusieurs heures au feu des gardes royaux, il tomba, en criant : Vive la liberté !
C'étaient des gardes nationaux, mais ce n'était point encore la garde nationale. Dès le 28, elle tenta, dans quelques quartiers, de se reformer, et d'agir en corps. M. Gabillot, lieutenant de grenadiers, l^^" légion, 2® bataillon, 3^ compagnie, réunit une soixantaine de ses camarades à la mairie du 1^' arrondissement, et s'y maintint, malgré les sommations réitérées du général Saint-Hilaire, commandant d'une brigade de la garde royale. Un faible détachement de la 3^ légion , après avoir parlementé avec les soldats de la ligne qui gardaient la Banque, les avait déterminés à laisser la garde nationale participer au service , quand le 5^ de ligne déboucha par la rue de la Vrillère, et le 53» par la rue des Bons-Enfants ; et un feu meurtrier , di-