MO HISTOIRE
de Bernard VIII et de Laure eut diverses terres dans FAlbigeois et épousa Marguerite de Monteii^Adlieiiuir fille unique et héritière de Hu^ës baron de Lombers. Bernard IX portait alors ooihme nous Tavons vu le titre de vicomte de Turenne qu'il devait à sa seconde femme Marguerite. Celle-ci ne tarda pas à suivre sou beau-père dans la tombe. Bernard qui n'avait point d'enfant mâle épousa presqu'aussitôt Mathe de Tlsle- Jourdain (1). Ce mariage était destiné à éteindre les divisions qui séparaient depuis longtemps les maisons de risle et de Comminges : mais comme la nouvelle épouse ise trouvait parente et de Capsuelle d'Armagnac et de Marguerite de Turenne, qui avaient partagé' avant elle la couche de Bernard, il fallut obtenir jpermissioû ou dispense du roi de France. Ce prince , toujours porté à innover au profit de sa couronne, voulait sans doute imiter l'église. Le comte de Comminges ne se contenta pas de cette dispense. Il en demanda une plus efficace au souverain pontife et l'obtint par Tentremise de Simon de Comminges son frère alors archidiacre de Maux et d'Odon de Foix archidiacre d'Urgel. Mathe était fille de Bernard Jourdain IV qui avait succédé à Jourdain III mort dans les premiers fours de < 305.
Bernard Jourdain s'était marié en 1291.' Huit ans après, son père lui abandonna tout ce qu'il possédait dans la vicomte dq Gimont, et lui fit prêter serment par la noblesse et les consuls (2) , et comme cette donation souffrit quelques difficultés on la renouvela en 1304. Cuillemette de Durfort ça mère révoqua au contraire
(i) Cart. de Visio- Jourdain.^ (2) Chartier du Séminaire.
DE LA GASCOGINE. iM
alors les dispositions qu'elle avait faites en sa' faveur. Voyant que tous les biens de là maison de Tlsle allaient s^entasser sur la même tête, elle pria (i) son mari de permettre qu'elle partageât Clermont-Soubiran entre Bernard Jourdain et Jourdain son frère. Guillemette mourut peu après, et son fils aîné intenta un procès a son père et à son frère : mais avant quil fut jugé, le père ei les deux frères. compromirent entre les mains d'EIîe Taleyran comte de Périgord. Sur ces entrefaites les comtes de Foix et d'Astarac, Bertrand Jourdain de risle, un de leurs parents, Raymond de Durfort et Raymond de Gistelnau s'entremirent pour les accorder et dressèrent un projet de transaction qui ne fut agrée d^aucun des partis. Ils aimèrent mieux s'en tenir k leur compromis.
L'Angleterre était alors en proie à la guerre -civile. Ses fiers barons humiliés de Tempire que Ga veston avait pris sur l'esprit de leur maître , et irrités de ses insolences, avaient couru aux armes. Forcé de fuir avec son favori, Edouard se retourna vers les seigneurs Gascons (*) et leur écrivit de York le 5 avril ¥H2 pour
(1) Dota Vaisselle.
(*) 11 écri vil aui comtes de Foi\ cid*Aruiagnac, à Bernard de ConiiniDges , ficomlc de Tureniij , à Jourdahi cl Bernard Jourdain de risle, aux ficomlcs de Lomagnc el Fczcnsaguel, à Amanieu d'Aïbret,i Pierre de Grailly, vicomlu de Benaugcs^à Nonpar de Caumoni, a ForUnié de Lcscun, à Bernard de Ravignan, à Bcroisson de Moneamm à Amanieu de Fossai, à Raimond Bernard de Thouars, à Arnaud de Monpézal , à Honiassin et Assin de Galard, à Raimond Bernard degtioie-Foii, à Bernard et Gérard de Trencaléon, à Vézian de Lomagne , au seigneur de Fimareon , à Viger de Magnaui , a Amaniea de Noaillan, à Vézian el Pierre de GonlaA, à Arnaud di* UoQlégul, à Bernard de Durforl, à Nui de Pins, à Pons de Caslillan,â Bernard el Amaneu de Rameforl , à Aru.ind de Cau|iène, a
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leur ordonner de se tenir prêts à marcher à sa défense; mais on ne lui donna pasie temps de mettre leur Gdélité à répreuve. Dès le 19 jilin, la tête de Ga veston tombaitsous la hache du bourreau, et son faible inattre^ après quelques jours d^une douleur- insensée , reprenait pisiblement le chemin de Londres. Pendant que TAngleterre se révoltait, la ville de Bordeaux s'agitait pour défendre quelques privilèges dont les officiers ' d'Edouard voulaient la dépouiller. Le monarque anglais nomma aussitôt quelques commissaire^ pour écouter les plaintes et y faire droit. Â leur tète il plaça Amanieu d'AlbreU Celui-ci avait succédé (1 ) à Isabelle première femme de Bernard d'Armagnac, qui, à la mort de Mathe sa sœur aînée, avait possédé un instant la sirène d'Albreu Bernard Esi père de Mathe et d'Isabelle, n'ayant que ces deux filles , avait, marié (2) Mathe l'aînée avec Aramon, vicomte de Dax et de Tartas, en l'établissant son héritière, s'il ne laissait point d'enfant mâle ; mais ce mariage ainsi que celui d'Isabelle avait été stérile et la sirerie passa à Amanieu leur oncle.
Amaniau avait porté jusque là le titre de seigneur lie Varennes, et il ajouta bientôt à la succession de ses deux niècesThéritagede Jeanne de Lusignan leur mère, qui lui légua tous ses biens. Ces deux héritages le rendirent un des plus puissatits seigneurs de la Gascogne.
(tailla rd de Lalande, à Bernard de Stansan , à Gaillard de Lemotbe à Pierre de (îontAut, seigneur de Diron, à ûcrcie Arnaud de Naviillos, au vicomte d*Orle, à OJel de Mieu^ns^ a Gaillard de Béoêc^ à Pierre de Montrevel, à Gallin de Montaut, à Forlancr de Marei|Bii, à Rnimond de L6omond , à Drun du Thil , à Raimond Bernard de Ticlas, au yeipnâir de Rtcbechouard et à une foule d'autre^seigiieiirfl. (1) Grands Officiers de la couronne, tom. 6. Quelques acte* du chrUcau de Pair foraient croiro que la vicomtesse de Tarlas était la fille et non la nièce d'Amanieu. —(2) Colleet, Doai, tom. i*.
Nous ne. voyons i>as que Philippe ait cherché à profiler de ces dissensions pour inquiéter son voisin. La morl tragique du favori avait apaisé* le ressentiment de Taltière et vindicative Isabelle. La fille apaisée, le pèreoublia sans peine sa sévérité; il rappela quelques seiputats et fit grâce àd'autres de Fexil. Il était d'aiUeurs asKx oocopë& préparer une nouvelle expédition contre h Flandre. Ses trésors étaient épuisés , il décréu un subside général dans tout le royaume. Jean de Blainville fut chargé d^en poursuivre la levée dans le Langaedoc. Les états s'assemblèrent à Toulouse le fundi après TAssomption.
Amanieu d'Armagnac, archevêque d'Auch et Bernard de Farges, archevêque de Narbonue-y présidèrent la dunnbre ecclésiastique (1). Bernard de Merceur et Aymeric de Narbonne y présidèrent la noblesse. Guillaume de Montluc et Aymeric de Gistelnau consuls de Toulouse étaient à la tête du ticrs-éut. Le roi y nomma trois commissaires pour assister en son nom à Tassem- Uée et y surveiller les délibérations; mais ses exactions hn avaient aliéné les cœurs. Il suspectait surtout dans la chambre ecclésiastique Tarchevêque d'Auch , Jean de Qxnminges évéque de Maguelone, Arnaud Fredel évéqoe de G)userans, L^is de Poitiers évêquc de Viviers, Raymond de Galard abbé de G)ndom et Raymond de Terdale abbé de St-Sernin : dans Tordre de la QoUesse tous penchèrent vers la résistance, excepté le vicomte de Narbonne, Nicolas de Montpezat, André de OoBon et Pons de Chalenson partisans déclarés de Tautorité rople. Le tiers-éut tout entier, écrasé sous le
(1) Chronique de Bardin dans les Prcuvei» du toni. \ de Dorii VaifKUe.p. lOetaO.
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poids des subsides sans cesse renouvelés , iie voyait du soulagement à ses maux que dans la révolte. Avec de pareilles dispositions, on refusa au roi les trente^mille livres qu'il demandait. On arrêta qu on s'opposerait à la levée de tous subsides imposés sur le blé, le vio et les autres subsistances; et que si le roi passait outre, on opposerait la force à la force. Cette, délibération hardie fut scellée du serment des trois Ordres.
L'archevêque d'Auch , Bernard de Merceur et Arnaud de Mandagôt demeurèrent à Toulouse et se concertèrent avec les consuls pour organiser la résistance. L'évêque d'Albi dévoué à la royauté combattit cette résolution. Il parcourut son diçoèse prêchant Tobéis- . sance au prinpe et menaçant les opposants de la damnation éternelle. Sa voix fut entendue, et tout TAlbigeois abandonna les états de Languedoc et jura de demeurer fidèle à Philippe. Ce succès irrite Tarchevéquè et les deux, seigneurs. Ils trouvèrenf moyen de seisaisirde Tévêque d' Albi et ils renfermèrent pendant deux mois. Mais leur prisonnier leur échappa et* ils furent réduits à décharger leur rage sur deux frères du couvent, qui avaient favorisé Tévasion et (jui payèrent de leur tête leur complicité. Rentré a . Albi , Tévêque prononça aussitôt une excommunication solennelle. contre Amanicu, les consuls de Toulouse et tous les exécuteurs ou complices de sa captivité et cette excommunication, il la fît afficher non seulement dans les rues de Toulouse, mais encore à Aucli. Le trouble, où cet acte de rigueur jeta les âmes timorées , s'accrut encore quand larchevêque de Bourges, quoique mécontent qu'un de ses suffragants se fût permis un acte qu'il croyait réservé à l'aulorilé métropolitaine, confirma la sentence et la
fit répandre dans tout le diocèse d'Auch. Des mains
affidées IVppendirent secrètement aux portes de toutes
les églises.
Amanieu ne se laissa point déconcerter. Il assembla
à son tour ses ouailles, et. dans un grand appareil, assis sur sa chaire métropolitaine, il annula Texcommunication portée contre lui et excommunia à son tour larchevéque de Bourges et l'évéque d'Albi. Plaignons la religion de voir ses foudres employées de la sorte. Les armes spirituelles, sortant sans cesse de leur fourreau, devaient nécessairement s^émousser. En voyant leurs chefs se renvoyer Tana thème et presque s'en jouer , comment les peuples n'eussent-ils pas cessé de les respecter et de les craindre ? Bardin qui nous a conservé ces détails , nous laisse ignorer si le roi céda ou si les subsides furent levés. Ajoutons toutefois que la source où nous avons puisé ce récit , est suspecte. Tous conviennent que la chronique du président de Toulouse renferme plus d'une erreur. Du moins Tarchevéque d'Aifth avait agi autrefois différemment; car en 130i, Phihppe-le-Bel ne put s'empêcher de louer la générosité avec laquelle Tarchevéque et tout le clergé de la province étaient venus en aide à la détresse publique et avaient contribué aux frais de la giierre contre la Flandre. Pour récompenser leur libéralité et leur témoigner sa reconnaissance, il leur accorda le 15 juin divers privilèges que Louis Hutin son fils conGrma eu
Tandis que le monarque grevait ses peuples de nouveaux impôts. Clément V augmentait sa cour. Il venait de faire une nouvelle promotion de cardinaux. Cette fois ils étaient tous étrangers à sa famille; mais cinq d'entr'eux, Arnaud d'Aux, Pierre Godiii, Vital Çufour,
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Guillaume Teste et Pierre Raymoud abbé de St-Sever ajjqp^rteuaient à la Gascogne. ' '
Arnaud d^AuK était né dans la petite ville de Laroumieu près de Gondom d'une famille noble et ancienne. La nouvelle histoire des cardinaux français ( 1 ) lui donne pour père Pierre d'Aux chevalier, et pour mère Jeanne de Goth. Arnaud eût été ainsi parent du pape; ce qui est certaine est qu'il se lia avec lui d'ami tiéà l'université d'Orléans. Il embrassa de bonne heure l'état ecclésiasr tiqué, devint chanoine de G)utances et passa ensuite à. Bordeaux , où Bertrand de Goth , alors archevêque de cette ville, l'employa en qualité de grand vicaire. Quand Bertrand fut- monté sur la chaire de St-Pierre-, il le fit son chapelain et son camerlingue, l'envoya comme nous l'avons vu à la cour de France, et à son retour il le pourvut de l'évéché de Poitiers. Le nouveau prélat fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale le 7 mai 1307. Devant l'église Ste- Marie-Majeure, il monta sur une chaire que portaient les quatre premiers barons du' Poitou, Guy, comte de la Marche, Jean, viconïle de Chatelleraut, Guillaume' Larchëveque , seigneur de Partenay et Maurice seigneur de Belle-Ville, et s'avaoça ainsi jusqu'à la cathédrale.
Peu après son installation , il reçut dans son palais le pontife son bienfaiteur et Philippe-le-Bel dans Ten-
(1) L>bbé Roy. Duchesne et après lui un grand nombre (fhfstôriens font sortir le cardinal d'Aux d*une famille plébéienne; mafs te récit de Duchesne ne saurait soutenir Texamen de la cet tique. Il veut que Bertrand de Goth ait recueilli à Bordeaux le jeune Arnaud et Gérauâ son frère , qu'il ait fait âever Talné, Tait ordonné prêtre et nommé son chapelain, et Bertrand de Golh ne 8*assit que quelque» années sur le siège de Bordeaux. Le cardinal n'eut que deux frères dont aucun ne porta le nom de Géraud. Enûn dans la fohdation du l'hapitrOf .il légua aux chanoines quelques biens nobles qu'il tenait de ^s pèr^, ce que n'eût pu faire Tenfant recueilli par la charité.
irevue qu'ik eurent à Poitiers. Initié aux négociations qui y occupèrent le^ deux c^urs, il déploya sous lés yeux de ses illustres botes la dextérité de son esprit et son hâbiletë danslesafiaires. Aussi Clément Vrad)oignit(l) an cardinal Novelli et le chargea de la difficile mission. de pacifier les différends qui s^étaient renouvelés entre E^Niard et ses barons. Il devait obtenir encore des seigneurs d^Angleterre qu ils remissent entre les mains des'chevabers de St-Jean les biens qui avaient apparr ,tenn au% Templiers et dont les seigneurs s'étaient emparés. Les deux ambassadeurs échouèrent.complètement dans la première partie de leur mission et ne réussirent qu'à demi dans la seconde. Malgré ce peu de succès Amauft d'Aux sut conquérir Testimé et la reconnaissance d'Edouard qui, pour récompenser ses services, lui accorda une pension de cinquante marcs d'argent.. Le pape le revêtait en même temps de la pourpre et le nommait évéque d'Albano.
' Rentré en France le«nouveau cardinal prit une part active à la condamnation cfes malheiu^ux- Frères du, Temple. Le pape lui avait laissé l'administration de relise de Poitiers. Arnaud donna la sousH:hantrérie de cette église à Guillaume d'Aux son neveu , le doyenné avec Tabbaye de Notre-Dame-La-Grande à.Pierre Raymond son second neveu, et fit agréer au souverain pontife la résignation de l'évéché en faveur de Fort d'Aux troisième membre de cette famille. Clément V avait doté largement les siens avec les biens et les dignités ecclésiastiques. Pourquoi les cardinaux et les autres ministres des autels n'auraient-ils pas suivi cet exemple?
(1) E jmer, lom. 2. pars prima. Pour tout le reste, voir Duchesnc* Frison f I l'abbé Roy.
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Les dbus naissent des abus. Avec le népotisme viendront les expectatives, les cumuls, lés commandes sans raison et sans nécessité, toutes ces inventions de la cupidité qu'on a si souvent reprochées à Téglise comme si elle ne les avait pas toujours condamnées et qu'elle ne se fut pas toujours efforcée de les extirper de son sein.
En même temps qu'il enrichissait sa famille, le cardinal acheta des consuls et des habitants de Laroumieu un marais ou plutôt une immense flaque d'eau qu'il fit dessécher, et sur cet emplacement il bâtit une belle, ^lise à une seule nef flanquée de deux magnifiques tours octogones destinées à servir l'une de clocher et l'autre de sacristie. L'église et* surtout les deux tours comptent parmi Jes beaux monuments d'architecture dont s'enorgueillit le département xlu Gers. On entre dans l'église en traversant un cloître que le temps commence à dégrader et qui, sans approcher en. rien du cloître de la cathédrde de Bayonne ou de celui de l'abbaye de St-3ever de Rustan^ est néanmoins d'autant j4us précieux, que la plupart des cloltl'es ont disparu. Le diocèse d'Auch n'en compte pas d'autre.
L'église était trop vaste et trop belle pour n'être desservie que par le faible clergé d'une petite ville. 'En 1318, Arnaud d'Aux fonda un chapitre collégial qu il voulait composer d'un doyen, d'un sous-doyen, d'un chantre , d'un sacristain , d'un ouvrier et de dix-huit chanoines. Mais la mort l'ayant surpris avant l'entière réalisation de son projet ses héritiers modifièrent sa pensée et réduisirent la fondation à un doyen, dix chanoines et douze prébendes.
Arnaud d'Aux mourut à Avignon f mais son corps , suivant une des clauses de son testament, fut porté à
LaiDomieu OÙ il fat enseveli dans un lombe^u creusé dans b moiaiUe à la droite du maitre-autel, en ùkx de la umbe de Fort d* Aux son neveu et son successeur a I\iîtîer& Un peu plus bas reposaient Pierre-Raymond etCérand d*Anx ses autres neveux. Mabccs quatre monnmenls ont été dégradés durant les troubles de religion. Slontgomerr entra à Laroumieu, et comme partout ailleurs, il pilla T^lise, brisa les tombes, dévasta les doltres , enleva les ornements et livra aux dammes la plupart des prêtres (*).
Pierre Codin naquit' à Bayonne dans une maison voisine de la cathédrale que sa structure signala longtemps aux r^ards des passants (1). Sa taille grèle et (liflbrme et sa naissance basse et obscure semblaient le condamner à une vie pénible et sans édat; mais ches loi les avantages de Fesprit et du cceur rachetaient tous les défauts de la nature. Son intelligence se Ot jour presqu*au berceau. Â peine eut-il atteint Fàge de la raison , qu^il se sentit entraîné vers Tétat religieux. Il alla demander rhâbit de St-Dominique aux Jacobins de Bayonne; il quitta bientôt leur monastère par ordre de ses supérieurs qui , ravis de ses talents, renvoyèrent a Toulouse et puis à Paris pour les cultiver. Il fat reçu docteur et enseigna publiquement la philosophie et la théologie. Bientôt il devint provincial de son ordre dans TAquitaine et ensuite dans le Languedoc, d^où sa réputation ne tarda pas à se répandre non
(*) 1793 adiefa Toeuvre des rclîgionnaircs; mais sous la Restaura- Uoo, le marquis de Lalli-Tolendal, qui avait marié sa fille unique au chef delà branche aînée, ûi rebâtir Jeït tombeaux qu*il surmonta de leur écusson.
'I) Manuscrit de Bavonne, Ducliesne et Frison.
seulemeiHen France, mais encore en italie. E^Ic. lui valut remploi de lecteur -du sacré, plais. jCet emploi le conduisit six ans après au cardinalat. Après avoir rempli ea Castille une mission marquée par de sages r^lements , il se retira à Avignon , y passa le reste de ses jours, et y mourut le 43 juin 1 336. Son corps fut porté à Toulouse et enterré dans la magnifique église des Jacobins qu'il avait fait achever de ses deniers. Il répara ^ encore Téglise des Jacobins de Rayonne où il fit son .noviciat et bâtit au moins en partie la grande voûte de b cathédrale. Il donna pour* ces objets d'abord trois mille livres; puis à ses derniers moments il y ajouta deux cents florins d'or pour achever la partie commencée et Tomer de vitraux peints. Pierre se distingua surtout par sa charité. Enfant du peuple, il aima singulièrement le peuple ; né pauvi;je, il assista et secourut les pauvres. II composa quelques ouvrages admirés de son siècle, mais ignorés du nôtre. ,
Vital Dufour (1) naquit à Bazas d'une famille presqii' aussi obscure que celle de Pierre Godin , et entraîné comme. lui vers l'état religieux, il choisit les Franciscains rivaux des Dominicains. Ses talents et ses vertus rélevèrent aussi aux premiers emplois de son Ordre. Il devint provincial d'Aquitaine, quand* Godin recevait cet emploi dans le Languedoc, et Clément V l'éleva à la pourpre le jour où il en décorait son émule. La mort brisa cette similitude dans les destinées. L'enfant de St-François précéda de neuf ans dans In tombe le fils de St-Dominîque et fut enseveli chez les Oydeliers d'Avignon. Comme Godin il laissa
fi ) Frison cl Duchcsne.
liE LA CASCOCINE. i44
des commentaires sur rÉcriiure-Sainte. Il prenait ayant sa~ promotion le titre de docteur en médecine dont il mêla Tétudc à celle de la théologie.
L'abbé de St-Sever (1) promu ail cardinalat estfNresque inconnu. Les uns Tappellent Pierre, les autres Raymond. Les premiers le font abbé de St-Sever de Rustan où ils le fotot succéder à Etf&rnard de Saman que nous avons vu appeler Philippe-le-Bel au paréage de la petite ville qui entourait son monastère. D'autrœ en plus grand nombre et sans doute plus vraisemblablement lui donnent Tabbaye de St-Séver , Cap-de- Oascogne.. Nous savons qu il s'assit un instant sur le si^e d'Oleron et qu'il mourut à Avignon le 49 juillet 1347. Cestle point surlequel il n'y a- point de partage.
Le dernier des cardinaux créé par Clément V se nommait Guillaume Teste (2). Il naquit à Condom dans les derniers rangs de la société. Il fut d'abord employé dans la maison de Bertrand de Goth qui ayant reconnu son aptitude pour les affaires lui confia en 4 308 la légation d'Angleterre. S'il fallait en croire Thomas Walsingham qui, dans tous ses écrits ne parle qu'avec passion de la cour romaine , Guillaume aurait profité de sa nonciature pour pressurer les églises; ses exactions auraient même excité les réclamations des lords anglais; Quoiqu'il en soit de ces assertions , Clément V, au retour de Guillaume , le revêtit de la pourpre. Le nouveau cardinal voulut laisser à sa patrie un monument de s€^ richesses et de ses libéralités. Il acheta du roi d'Angleterre comte d'Agenais et co-seigneur de Condom quelques masures habitées par des gens de
(l) Frison et Duchesne. — (2) Lcsmi^mcs.
maav.iise vie dont il purgea le pays, et sur leurs débris il fit bâtir un ma^ifique hôpital en Fhonnear de St-Jacques , lui imposa son nom et le dota largement. Il le destina à recueillir les pèlerins qui s^acheminaient vers la Galice. A côte de Thôpital il fit construire une superbe église qu^il enrichit de précieux ornements et une belle maison où il fit habituellement sa demeure. Le cardinal n'avait pas mis la dernière main à ces divers établissements, lorsquen 1326 il fut menad^ de la mort II' fit alors à Avignon un testament qui nous a été conservé' et que nous insérerons dans les notes de ce volume (*) parce qu'il nous donne une idée des maisons seigneuriales de cette époque. Il échappa à cette maladie et vécut encore dix ans.' Il fut enterré selon ses désirs à Féglise de Thôpital St-Jacques. Sa tombe placée dans la muraille du chœur a disparu avec l'église qui l'abritait.
• (*) Voir la Note 4 à la fin du volume.
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