CHAPITRE II
Id k GléMrt ? , — 4i voÊk'k Lmu{m in frère., - de PhiIi|lp^Ie-Bel. ilMfrilê éi CMte é*Anipie iree Yiih^ ée Rhote. — Seifieon Giseon a^ fàn à preiiN ^rt à li giem é'ieisie. — lorl ée Gutoi 1er, eeite de Feii. — Nareu (kMîle de Negin. * ÉTèfut de Du , — de Bmi , — de Lescar , — k lecUin, — d'Olefw,— de Biynie , — d'Ain, —de Gooerns— el de Ma.— Le mpe toi UII ,— il éUblit >lBSieirt leiTeux siéfes dm le lidi.-' \^ éfèfN de Geid«, - idei de Lonki. — Mert de rArekeiêfie d*Aieh, ^ il emte d'Anupie, — de Hatbe u lère, — de Mirfierite de îkn , — k Gtstu , vieeite de ?eieiu|vet. — Haiseg d'AUrret. *- Piilei- Kin. — lorl de Miffê-MâÊ^.
La promotiçu de ces cardinaux, fut un des derniers actes solennels du pape. Sa sant^ altérée depuis longtemps s^aflaiblissait tous les joufs. Il espéra la rétablir sous le ciel de sa patrie et s'achemina vers Bordeaux ; mais à peine eut-il traversé le Rhône , que son état s^aggrava. Il fut forcé de s'arrêter dans le château de Roquemaure (1) et y rendit le dernier soupir (*) le 20 avril 1314 après avoir occupé la chaire de $t-Pierre huit ans, dix mois et quinze jours. De toutes les accusations dont les Italiens ont poiursuivi sa mémoire et dont la plupart sont démenties par les historiens de son époque, deux seules sont incontestables et malheu-
(l; Duchesne, tom. 2.
' (*) On lit asiez loaveot que le Grand-Mattre Jacques Molay, en moDtint sur soo bûcher, cita Cléinenl el PbiUppc-le-Bel à comparaître deTaoi le Dieu qui juge les justices , le premier dans quarante jours et.le second dans un an. Hais ce fait n'est élayé d'aucune preuve. Il est maintenant presque unanimement rangé parmi les fables. Il o*a pour lui que lésâtes.
reusement elles resteront pour nmrcir à jamais son nom. Il déserta Tltalie et transporta la chaire de St-Pierre sur les bords du Rhône et de la Durance. Il prodigua la pourpre et les dignités ecclésiastiques à sa famille , à sa domesticité et à sa nation. Maintenant qu'importe que ritalie fût alors en proie aux dissensions inCestines? moins eticore qu'importe*t-il que ses neveux eussent des vertus ? que ses choix fussent généralement honorables? Toujours c'était rabaisser la tiare au niveau d'une couronne pnncière,-et rétrécir la religion aux. limites d'un état. Il prépara la tempête qui, grossie par soixante-dix ans de mécontentement et d'abus, eût peut-être submerge l'église , si le Dieu qui la fonda ne lui avait fait d'immortelles destinées. Le titre d'enfant de la Gascogne n'a pas 4û ROtis fermer les yeux. L'histoire n'a qu'une balance pour les siens et pour les étrangers.
Le corps de CléUient fut rapporté à. Carpentras et déposé dans une petite église sous une chapelle ardente dont les nombreuses torches embrasèrent le catafalque et atteignirent les chairs (1). Il resta dans cette église jusqu'au mois d*août suivant. On le transporta alors dans l'a collégiale d'Uzeste, .suivant qu'il l'avait ordonné, mais il n'yfut inhumé qu'en 1359. Son neveu le cardinal de Lamothe lui avait fait préparer un maghifique tombeau de jaspe, d'albâtre et de marbre^ Là encore ses cendres devaient être poursuivies. Le 6 janvier <577 les religionnaires conduits par Montgo-* mery, envahirent Uzeste. Ils mutilèrent le. mausolée qui s'élevait au milieu du chœur, rompirent le cercueil
(\) Voir puchpsne, Vh' des Cardinaux cl Vie dvs Papes.
et enleréreut 1^ pierres prccîcuses et les oniemenu pûntïfioiiix av^ lesquels Clément avait été enseveli. Ik admirèrent quelque temps sa stature colossale qui ^'élevait, ditoii ^ à huit pieds; et^ croyant le corps solide paree tpt\h «perçurent au visage une marque qui lui isUiît restée d^une aticienne blessuro, ils voulurent le déplacer \ mais au premier mouvement le cadavre se résolut en poussière, et il ne resta sous leurs yeux que des Qs que leur rage fanatique arracha de leur couche f*t livra ^ux flammes.
Quand les guerres de religion se furent éteintes et que la fni% fut rentrée dans le sanctuaire, on rëunii ce qui avait t?chap]>é aux soldats de Moul|j[om€rj et on restaura à f^rands frais le mausolée; mais en 4793 il tomba anus la liaehe révi^utionnairej et celle fois pour ne pltis se relever. On à seulement depuis rassemblé les restes du tombeau derrière la porte latérale. Ce tombeau en marbre nùir^ mutilé et deux fois déplacé, est af ec les belles ruines de Villandraut le setd monument qui rappelle dans la Gasœgne le souvenir du [Mintifecpe les Italiens appelaient le pape gascon. On \tiit encore dansTéglise d'Uzeste» à la gauche du chœur, E» autre mausolée érigé eu Thonneur du cardinal de Cotli , neveu du pope et moVt avant son oncle. J^e inmbcïiudu cardinal a été un peu moins maltraité que relui du souverain pontife.
Arnaud Garsie frère de Clément était mort [{} dans \t mois de janvier i3H, et avait été enterré chez les iKimjniciîinsd'ÂuvilLirs. llavaité}>uusé Mira mon de de Mauleon fille de Corheran de Matilcon et nièce ^
(I) Grands Ofncipr& de h cmrùnm, tout. % y, 173.
nr tu
i 46 HISTOIRE
vicomte de Soûle. Il lui légua dans son testament (mai < 309) cent livres de rente qn'i 1 assit sur le péage d^Auvillars. II laissait une nombreuse postérité; mais Bertrand Talné de ses (ils lui succéda non seulement dans la vicomte de Lomagne, mais encore dans la plupart de ses domaines. Bertrand épousa d'abord Braïde de Blanquefort dont il n'eut point d'enfants et qui lui vendit tout ce qu'elle possédait dans les diocèses de Bordeaux et d^Agen. Devenu veuf, il se remaria à Béatrix vicomtesse de Lautrec dont il eut Régine et Braïde dcGotb. La terre de Blanquefort dont sa première femme portait le nom était entre les mains du roi d'Angleterre. Edouard II en montant sur le trône (16 juin 1308), la lui donna pour une r«nte de quinze mille livres; et dans le cas où4ètte terre serait însudGsanté, il lui assigna le reste sur là coutume de Bordeaux. Ily ajouta (l^février i 312) le château de Puy-Guillem dans le Périgord et la bastide de Monsegur dans le Bazadois.
Pbilippe-le-Bel, en sa qualité de suzerain, ratifia ces donations trois mois après. Edouard les confinna encore l'année suivante et les augmenti des bastides de Dunes et de Donzac. Le roi de France et Charles fils du roi de Sicile comblèrent aussi Bernard de libéralités; et pour que rien ne manquât à l'élévation de la maison de Goth , Bernard d'Armagnac demanda au vicomte de Lomagne la main de Régine sa fille aînée pour Jean son futur héritier dans les comtés d'Armagnac, de Fezcnsac et de Rhodez. Le contrat se passa le 6 juin 1^1 ; mais comme les deux fiancés sortaient à peine du berconi , le mariage ne fut célébré que douze ou treize ans après. »
DE LA GASœGNE. 147
Le roi de France ne survécut que quelques mois à Gément; il mourut dans la force de lage le 29 novembre de la même année (1314). Il avait régné vingt-neuf ans et n'en comptait que quarante-six. Â sa mort le titre de. comte de Bigorre qu'il avait pris passa à Charles son troisième fils. Louis , surnommé le Hutin (huttin, noise^ vacanne , tumulte), Fainé des trois, déjà roi de Navarre, ajouta à sa couronne celle de France et eut presqu'aussitAtà s'occuper de la querelle entre les maisons de Foix et d'Armagnac. Â la mort de Guillemette (29 mars 4310), Philippe-le-Bel adoptant (1) les pensées de Gaston et de Marguerite jivait ordonné aux sénéchaux de Toulouse et de Gascogne , d'obliger le comte d'Armagnac à se désister de ses prétentions sur le Gavardan ; mais le 1*' juin 1313 revenant sur cette décision, il avait infirmé ses propres lettres et chargé Renaud de Moissac d'introduire Mathe dans le château de Gavarret et de la mettre en possession du pays. Ces ordres trouvèrent tant d'obstacles, que le 15 août de cette même année il commanda aux Sénéchaux de Toulouse et de Carcassonne de se transporter dans le Gavardan et de placer sous sa main royale la vicomte en attendant qu'il fût statué à cet égard. Bientôt changeant d'avis {novembre sidv^ant)^ il donna main-levée de la saisie et commanda au roi d'Angleterre et à son lieutenant en Guyenne de remettre au comte de Foix le pays contesté. Mais il n était pas plus facile d'y faire reconnailre Gaston que son rival. Le roi Louis-Hutiu dut réitérer les derniers commandements , le 23 mars 1315. Sa voix ne fut pas mieux écoulée que telle de
(t) Invpntuirc du château de Pnu.
son prédécesseur et il oablia bientôt ces faibles débats. Une affaire plus importante occupait ses pensées. Il songeait à porter la guerre dans la Flandre pour venger son père et quelques infractions au dernier traité.
Le comte d'Armagnac appelé k prendre part à cette expédition à la tête de ses vassaux convoqua (1 ) les états de Rouergue dans le château de SBlles-G>mtaux pour délibérer avec eux sur les subsides et les hommes qui lui étaient nécessaires. La noblesse et les troupes de PÂrmagnac s'étaient déjà rendues à Salles et nV attendaient que le signal du départ lorsqu'on y apprit qu'une ancienne rivalité entre l'autorité de l'évéque et cdile du comte venait de se réveiller avec une nouvelle animosité dans la ville de Rhodez. Chacun d'eux prétendit longtemps être gardien des foires tenues dans la cité, et voulut en conséquence y envoyer des gens pour y maintenir l'ordre et y punir les délinquants. Les habitant§ eux-mêmes se partageaient. La cité soutenait le prélat tandis que le faubourg favorisait le comte. Un dernier compromis passé quarante ans auparavant donna gain de cause au dernier. Néanmoins en 1 31 5 le vicaire général de Tévêque fit occuper la place où allait se tenir la foire, et ordonna à ses gens de se défendre s'ils étaient attaqués. A cette nouvelle Bernard détacha (2) Guillaume de Montoulieu à la tête d'une compagnie de Gascons. Les habitants du faubourg se joignirent à eux, et tous ensemble ils tombèrent sur les gens de l'évéque qu'ils trouvèrent retranchés. Ceux-ci se défendirent longtemps avec courage, mais voyant quelques-uns de leurs compagnons étendus morts sur le champ de ba-
(1) Bosc, Mémoires sur le Rouergue. — (2) Le même. Manuscrit de M. d*Aîgnan.
DB LA CASCO^Wl. "t i?)
laille, ils reculèictu (le quelques pas cl se barricadèrent dans uiiA vieille tour située dans le voisinage.
La troupe du comte les j assiégera , ei Ol tous ses efforts pour les obliger k se rendre; mais n'en pouvant vctitr à bout» elle mit le feu à la tour. Quelques assiégés y périrent , les autres s^ élancèrent à travers les llammes et sauvèrent ainsi leur vie. On comptait environ vingt morts ou blessés. Le nombre en eût été bien plus grand si le juge-mage acfxjuru sur le théâtre du carnagej n'eût £at cesser les désordres. L'évéque hiibitriit la cour d'Avignon ; c était Pierre de Plainc-Cassaigne homme de ti4Ut savoir et de grande dextérité, chargé par Clé- Meiit V et Jean XXII de plusieurs négociations importantes et revêtu par eux du titre de légat du Sfiiut^Siége et de patriarche de Jérusalem^ Au bruit du saniç ré|)andu, il accourut a Rhodex et lança sur le comte, ses vassaux et ses f^iu leurs toutes les foudres de Tcglise. Ce démêlé en entraîna plusieurs autres* Ou GOttieêta de part et d'autre la juridiction^ Tétendue des pouvoirs et les droits dont chacun d'eux jouissait dans Khodez* La querelle s'envenimait tous les jours. Le juge-mage et la noblesse du pap s'interposèrent et décidèrent Tévéque et le comte à choisir pour arbitre Gaillaume, évè|ue de Mendc^ un des plus habiles îtin«consulteâ de ce siècle. Guillaume rendit le 3 mars iH6 une sentencci qui aaus juger le pssé, éuibliss,iit désormais un ]>aréage entre lesdeux partis* LV\t»r|ueet le «^mte jurèrent de 1 observer dans tous ses poinLs cl domièrent j»our garants de leurs pr^nusses Uereuguier d^Arpajou, Raymond d* Es La in, Arnaud de Landorre, Jeun de Morlhon, cbevaliers, et six auiics seigneurs.
Ccttn querelle empêcha Bernard d* Armagnac de prendre part h h guerre de Flandre |iour hiqncllc il
avait déjà convoqué ses vassaux et où il devait servir avec quarante hommes d^armes , mais Gaston de Foix s'y trouva. Le roi venait de lui pardonner un acte que Philippe-le-Bel n'eût pas vraisemblablement laissé sans punition. Guillaume de Loubens(l) craignant la colère du comte/dont il était vassal et qu'il avait offensé, se réfugia auprès de Louis. Gaston le réclama pour en faire justice. Le prince le remit entre ses mains. Il exigea seulement que Gaston le renverrait aussitôt aux prisons du Châtelet où la cause serait intentée et jugée ; mais le suzerain irrité n'eut pas plutôt son vassal en son pouvoir, qu'il le fit pendre sans miséricorde. Louis ferma les yeux sur l'outrage fait à sa couronne et couvrit de sa bannière le comte et ses vassaux. L'expédition ne dura que quelques jours. Les pluies , ayant rendu les chemins impraticables, forcèrent le roi à revenir sur ses pas.
Son beau-frère Edouard d'Angleterre était encore moins heureux que lui dans ses expéditions. L'Ecosse lui échappait. Vaincu dans plusieurs combats il s'adressa aux seigneurs Gascons et réclama leur épée. Il écrivit en même temps aux villes et aux cours du Bordelais, de l'Agenais, du Bazadois et des Landes pour solliciter des subsides. Rjrmer nous a conservé les noms des villes, des monastères, des prélats et des seigneurs qui reçurent un message spécial (*). Les cours se réuni-
(1) Dom Vaisselle, tom. 4.
(*) Parmi les villes nous désignerons Rayonne , Dax, Montréal^ sources, Francescas j ta Monjoie, Laroumieu, Condom , le St-Puj , Lassauvelal, Réjaumonl, Flcnrancc, Agen, Villeneuve, Monflanquin, Penne , Tournon , Valence, Lectoure , St -Clar de Lomagne , Dunes , Oonzac, Auvillars, le Mas-d'4genais, le Mas-Fimarcon, Pujmirol, le Port-Stc-Maric, Mircmont, Gontaud, Stc-Foix, Viannc el Mezin.
DE LA GASCCifiNEt l5f,
, fnU, Diiiis lA^cuiiis Fleuraiice olïi'ii ciinj cents livres^ ^Lamonljoie ueiil, I^irouojicii deux ceuts, Fraiicesi^aii ■tîâln.*ceais^ Montréal trois ce nliï, Foura-s et Larro*[Ut; ititx cents» Pouypelil cent ^ Rejaumont douxe, Lasauvetat oeut^ le St^Puy cent ^ Coiitlora douze i^enLs^ pais elles ne voulurent les donner qu'aux, deux termes ni vanta ^ la moitié n PAcjues et l'autre moitié à la Stlariiu. Les harons de TAf^enais furent moins geiie* ejtx. Ils ne voulurent rien accorder sur leuiis revenus s. Us permirent seulement quon levât sur leurs iux quatre sols par feu ^ mais à la double condition ne oeux-ci y consen liraient et qu'eu\^-inèincji feraient la lev€»e sans que le» olliciers du roi intervinssent d aurune manière»
llAfifr ré|tli*e TKïiw trou vous farthcvêquc * IlorUcaiu , les évèquL** iroiertin, de Loscar, 4l*\^ent de Lirctoure^ ijt* lï^iius, do lï<i3fonnL% dr lïjii et d*Aire- h^ Miés ûç Cliirnc, de Condom, de St Maurin cl de Î*t-Scver;le5 prieurs de St-Mai^iiirc', de SIezin, du Mas-Aj^eniib, dw ^l-Sefdos, de Si-Caprais-d'Aîren, de La^rac cl de La Réole. KntiD nu noimlire de»>er|;neijr:s sont mcniionnés Pïcrrc de Gr.iiHy, vii.omle ile llciviiigcs, Mciniasinde NoaiUim, It uUlaum*^ Raymond dfî Mimtpcïat, li«imo« de Marcbin , Jenîi Duîjourg, Amaivîn th }h\ré$, Siin&avcrin de Pin$, riuillatime ilnymmid di; lluvi^nau, Arnaud de iHtrfort, Bomard de Trcntiilàin ^Asîliide Godard, setgm-ur de Totfiiube, Arnaud Bernard de Trei&s^ç dit le Sundaii^ le eumie dMrmajsrnJic, Gnîl- Uufne de Caumonl ^ Jour du in de Lisle , j^'igneur de MoiUgnill^rd . Montaxin de Galard, co-seî^neur d"Es|»îe!is, Gi^rûud de Trencviléoii « Bf^rnard de Durfori » co* seigneurs de Caïrirnac , Jeanne de Dordenani, daine de Lavardac^ Amaneu de Noatlli^n» c^h^igncur de Siie-Livrade, Nui de Pnjol, Berlrand de Fumel, Saosameti ik I**judeii», Fortancr de Bats, Auç^er de Mont, Sans d^* Pommiers, Ëlio de ilaupcnnc» Amancu de Fossiit , Amfred, wigoeur de Moapesai, Arnaud de Marmande , Viial de Pïrts, Hlïennc de FérioL co-sel|5înetir de Totineins, BertrAnd de Lamothe^ Guillaume .d'- ^^^î Iternadel d' AlbrH, Brtm du ThiL G taraud d.* Tas le s, Itaymond de Hargnes, Gar >ie Arnaud de Sf*el*-ni%GiiiUaume du i^auli, Ga^^je Arnaud, vtcomie de Mareiiaes et Gaillard de Castidpcrs,
• i 52 HISTOIRE
Dans les Landes, Bayonne offrit quatre vaisseaux 4«rmës et entretenus à ses frais ou si mieux on Taimait, cinq œntâ livres sterling. Elle oonseirtit même à en donnersix cents. Dax accorda cent onae Kvres Tournois et rendit une obligation de cent vingt livres que le monarque lui avait empruntées. ScrdeB donna ctoquante livres, Astingues quarante, la terre de Maransîn tarois cent cinquante, Mimisan soixante, Erbefave cent Les nobles re^hsèrent d'^abord tout impAt. Ils s^offra^ent seulement à servir à leurs frais durant tin four , mais ils se laissèrent ensuite gagner et imitèrent ies seigneurs de TAgenais. Ces secoure ne ramenèrent pas la fortune sous les drapeaux d'Edouard, et bientôt TEcosse fut perdue sans retour.
Gaston de Foix après avoir accompagné Louis Hutin dans la Flandre énit retourné avec lui à Paris. Il le suivit ensuite à Ti^bbaye de Maubuisson près de Pontoise où il tomba malade. Sentant son mal s^aggraver, il fit son testament (i ) par lequel il léguait le comté de Foix , le Béam et presque tous ses domaineS à Gaston son fils aîné. Il laissait à Roger Bernard son second fils les baronnies de Moncade et de Gistelviel, la vicomte de Gastelbon et ce qu'il possédait au delà des Pyrénées. Robert, le troisième, qu'il destinait à Féglise, n'eut que la nourriture et les vêtements avec mille livres Tournois que son frère atné devait lui payer quand il aurait atteint l'âge de quinze ans. Outre ces trois fils, le comte de Foix avait trois filles dont Talnée mourut sans alliance. Blanche épousa Jean de Grailly, Captai de Bucfa et Jeanne fut unie à Pierre d'Aragon fils putnc de
(i) Invcnuirc du château de Pau. Dom Vaissette.
Jiequai II* Jeanne sa femme ne fui poitit oubttoe^ Gaslon ajouia mille livres de rente à son douaire ei vuulat qu elle eût la tutelle de ses eafants. 1) mourut peu de jours après {M décembre 1315). Sou corj^ fut porté k Pans et déposé chez les Jacobius; mais il fiti transporté plus tard à Tabbaye^le Bolbone, et inhumil ù côté de ses ancêtres.
Gaston II II avait alors que sept ans. Jeanne qui avait suivi son i5pouK en France prit en main la tutelle sang s'iaquicicr de faire publier Tacte suprême qui lui en confiait les soins* Marguerite sa belle-mère y prétendit de son côté^ et profitant de rëloignemcnt de sa bellefil te, elle se hâta de faire occuper le Héarit et le eomté de Foîx pîtr Raymond de Béarn, à qui Ton fit jurer de ne le remettre qua Gaston en personne. En même temps elle intéressa k su cause les états de Foix déjà m^sgûÊés contre J^nne à cause de Tempire extraordinaire que la jeune veuve avait exercé sur mn mari et de quelques actes de sévérité quelle lui avait, dit-on, arrachés. Les états de Foix s'assemblèrent durant le d'août et nommèrent quelques seij^eurs pour
s'informer en France si leur ancien maitre avait fait un t^tament et s'il avait désigné un tuteur à ses nomlureux enfants- En attendant , ils leur donnèrent pour tuteurs provisoires, Jean de Levis seigneur de Mirepoix , Bernard Jourdain seigneur de Tlsle- Jourdain t ajmond de Durfort, Pierre Arnaud de Château-Ver-
ct Guillaume Arnaud du Pont.
Mar^uerite^ qui avait itispiré ces choiK, crut pruilent fie s'en entendre avec les ^ens du roi. Elle convint avec
4^ durant !e litige c|ui s'était ouvert. Bernard m de risle gouvernerait sous laulorilé <1e l^i
fduni
courotiae de France le comié de Foix au nom de Gas- •■|lon II, jusqu a ce que celui-ci eût Atteint sa quatorzième •fnnëe, et que jusqu'à cette époque ni Gaston , ni ses frères ne pourraient être maries ni promis en mariage sans la permission du roi çt la volonté des amis de la maison de Foix et d^Jeanne, leur mère. Toutes ces précautions furent inutiles. La cour de France se prononça pour la veuve et anéantit les prétentions de Marguerite. Jeanne amie du luxe, ou plutôt prodigue et dissipatrice, profita de Tantorité qu'on déposait dans ^mainspour emprunter au nom deson fils unesomrae considérable aux Florentins qui avaient remplacé en France les banquiers Juifs ou Lombards, et leur engagea la gabelle d'Ax avec les revenus d'une quinzaine de terres. Cet acte imprudent servit d'armes à ses enne-* mis. Raymond de Béam se porta hautement son accusateur. Il lui reprochait ses dépenser excessives, son caractère dur, violent et opiniâtre , son séjour hors des domaines de ses enfants et surtout sa. conduite légère. Elle donnait ses jours au sommeil et passait ses nuits dans des jeux et des bouffonneries (in tntffi^ indignes de son rang. Quelques-unes de ces accusations paraissent fondées, quoique la haine les ait grossies; mais dans la réalité on redoutait son administration et on voulait l'éloigner à tout prix. Les mœurs qu'on lui reprochait n'étaient que les mosurs de la France du nord où elle avait été nourrie et où elle aimait à habiter. Cette fois encore les efforts des ennemis de Jeanne furent déjoués et son autorité fut maintenue.
Pendant que Gaston rendait le dernier soupir , l'archevêque d'Âuch assemblait à Nogaro un nouveau Concile où assistèrent Garsias Arnaud évêque de Dax ,
DE LA uASCOCftE. t55
Tlulxitiil de Bn/^is, Arnaud de Lescar, Cuillaumo dv Lcetoiirc, Guillaume d'Oleroo , Bernard de Ville ^ élu et confirmé de Bayonne, L'évéqued*Aire occupé au loin [ tj fît représenter par son vicaire- généra L Arthur de Coarsse chonoine ci vicaire-général de Tarbes y parut muni delà procuration de Févéque de G)userans* Auge de Mauve^Jti chanoine de Cooiminges y fut député par «Telle église dont le siège était vacant. Avec les procureurs du Oiapitre et des églises cathédrales cl collé- ^'i»tes de la province, on y vit Guillaume abbé de Pes- Kan» Auge de Siniorre, Municrpt? de Sara m on, Bernard (le IHaran , Raymond de Bouillas ^ Pierre de Sordes, IHerre de La Cagnote, Guillaume de Luc, Bernard de St-Scver de Ruîstnn, Bernard et Arnaud des deux mai- , ioris de F^a Rcxmle, N. de Tasque ainsi que les procureurs des autres abliés, |>rieurs, a rchi prêtres et prélats leLTlé^iasliques. Ony fiieinq Canons. Le premier défend Iwx seignenrs temporels de se saisir des églises à la morl des titulaires sous peine d'excommuniartion. Le ieuxicme , rappelant que le clergé dans la province Plant exempt de tailles ne peut être contraint à y conrtbuer, déclare ceux qui Ty forceniienl ainsi que leurs Els, leurs frères et leurs neveux, incapables jusqu'à ïu |mi tri emc génération de posséder aucun bénéfice eclé^;tst](|ue et les prive de la sépulture chrétienne. II îmet même a rititerdit le lieu où aura été com- [lise cette violence. Le troisième mérite surtout d'être apporté; nous le citerons tout entier, u Comme, elon les statuts^ on ne doit pas refuser le sacrement de itence aïL^ crîminets condamnés A mort quand ils demandent, voulant délrnirc cnljèremcnt Vabus lamnable établi dans cerUiiiis lieux contre ce principe,
nous exhortons dans le seigneur et nous conjurons pr la miséricorde de J.-C tous les offidcfs de justice de ne pas sW rendre coupables. Nous enjoignons en même temps aux ordinaires des lieux de ne pas oublier de les prévenir aussitôt qu'ils le pourront, et s'il est nécessaire de les y contraindre par les censures. » Le quatrième frappe d'excommunication ceux qui attaquent les serviteurs et les familiers de Tévéque. Le dernier enfin enjoint aux curés des paroisses de publier souvent dans leurs églises pendant la solennité des saints mystères les constitutions papales sur les interdits et les excommunications.
L'évéque de Dax, Arnaud, ou plutôt Garsie Arnaud de Giupène (1) avait succédé à Arnaud de Ville, mort le 7 mai 1305 et enterré à Bayonne devant le maltreauleL Son père avait embrassé avec chaleur le parti de Philippe-le-Bel contre Boniface. Après la mort du pontife, Tardent chevalier se repentit d'être allé aussi loin, et pour expier sa faute il fit des dons considérables à l'église de Dax. Son fils ne fut pas sans doute étranger à son repentir et à l'acte de munificence qui le signala. Le prélat, à la prière de Marguerite de Béarn, donna lui-même à l'hôpital de Duran la moitié des dîmes de La Bastide et de Villefranche. Il eut quelques démêlés avec le sénéchal de Guyenne et avec Amanieu d'Albret au sujet de la juridiction sur les lépreux que l'église et l'état se disputaient II prolongea longtemps encore sa carrière; nous le trouvons en 1 326 transigeant avec son Chapitre et en recevant quelques dîmes dont il devait à peine jouir, car il mourut le 8 janvier suivant et
(1) Gallia Chritiiana. Manuscrit de Dax.
lut inhumé dans sa cathédrale k la droite du mattreaoteL II laissait une fortune considérable, mais la mort Fempécha d'^en disposer. Dans une charte de 1333 où il est parlé des biens de ceux qui meurent sans testament et deTargent cfvCon doit alors payer au ppe, on s^âère contre Raymond de Duran sénéchal des Landes, ponr s^étre saisi d'une grande partie du trésor de Garsie Arnaud de Caupène le dernier évéque de Dax.
Thédbald de Castillon ( \ ) yenai t de remplacer à Bazas Gnfllaimie de Lamothe dont le frère Amanieu de Lamothe avait épousé Elpide de Coth sœur de Clément V. Plusieurs prélats s^étaient assis sur ce siège depuis Hugues de Rochefort. Vers la fin de Fépisoc^t de Hugues , Edouard I*' vit d'un œil jaloux que la monnaie de Morlas, frappée au coin d'un prince étranger, eÂt plus de cours dans Li partie de la Gascogne souïnise à son empire que sa propre monnaie d'Angleterre, n défendit à tous ses sujets de l'admettre et de la fidre circuler. L^évéque, le Chapitre et la Communauté de Bazas se plaignirent aussitôt au prince. Ils lui exposèrent (2) que la monnaie interdite était et avait été de tout temps en usage dans toutes les transactions du Bazadois et dans tout le pys placé en deçà de la Garonne; que quoiqu'elle fût spécialement la monnaie de Gaston et de ses prédécesseurs, ni lui , ni son * lientimant, ne pouvaient ni la changer, ni la hausser, ni Tafiaiblir sans le consentement de tous les prélats , barons et Communautés de la province d'Auch. Ils le conjuraient de lever la défense et de les laisser jouir de la liberté qu'avait eu de tout temps le pays. La remon-
(i) GalUa ChHstiana. — (2) Marca, liv. 4, cb. 16.
i58 HISTOIRE
trance fut accueillie et les sols Morlas triomphèrent des sterlings d'outre-Manchc.
Hugues fut remplace par Guillaume de Geoufroi né dans le diocèse de Périgueux et abbé de Belle- Perche avant de monter sur le siège de Bazas. Suivant une inscription gravée sur sa tombe et à demi rongée par le temps, il paraîtrait qu*il serait mort en 1293; mais c'est une erreur , car en 1296 il confirma Tunion des dîmes de Ste-Baseille à la mense capitulaire. Après lui vint Arnaud de Foulguet {Arnaldus Falguetî)^ qui mourut en 1302. Guillaume de Lamothe son successeur prêta serment le 27 août de cette année. Il appartenait à une des familles des plus riches et des plus anciennes de la province. Peu de mois après son sacre il érigea Téglise de St-Michel de La Réole en collégiale et y attacha douze chanoines auxquels il donna des statuts particuliers. Le roi d'Angleterre lui écrivit au sujet d'un attentat commis parles seigneurs d'Estang et de Montoulieu. Clément V le transféra à Saintes et plaça à Bazâs Théobald de Castillon ; mais Jean XXII successeur de Clément n'approuva pas la translation. Il rappela Guillaume à Bazas où il mourut en 1348. Théobald, nommé à Saintes quoique bien jeune encore, mourut avant son oncle. Les deux prélats donnèrent aux enfants de St-François la maison que les Templiers possédaient à Bazas. Elle fut abattue, et sur son emplacement et avec ses débris s'éleva le couvent et l'église des Cordeliers.
Arnaud d'Arbus ou d'Arbous (1) avait succédé vers Tan 1302 ou 1303 à Raymond Auger placé sur le siège
(1) Gallia Christiana,
DE LA GASCOCKE, 159
tJe Lcfc^F âpri*s Arnnud de Mort as. Si nous de \ cuis en c-ttiire à quelques lisies des abht-s de Sl-Sevpr (Landes), € 2iiilldunie de Poiiyarliu fui nommé en 130i n révèclié «le Le9i*ar, mais il abdiqua et devint abbé deSt-Sever, niÉii^iii quil gouverna jusquen 1357. Celle opinian csl aaseac graluiie, à moins que Guillâimie n'^eût été un tits côneurrenls d'Arnaud, et fjue forcé de renoncer k %f^ prêt en lions, il neûi été appelé à gouverner cette
abbciT**-
iKoiis avons déjà nonimé Girillaume de Bordes frère du cardinnl de ce nom. Bnluse ne lefail monter sur le siège de Lc^'loure qu'en i'iH, mais il avait déjà rem- |ijicé Kaytnond en fi06 ou le plus lard dans les premier» jouxsde 1387 (1)* Clément V le mentionne dans tine lettre tUlée de la seconde aimce de sou poutillcal. Eli 13 tO Gutllaumede Bordes fit déposer p.'tr ViUtl de Bnmieliiiqtie cbanuine de St^lundens quatre mille livres Tournois dans un coflVe placé dans le dortoir des Dùminicaiiis de Toulouse. Guillaume est aussi nommé dan» le lestatneiit de Condore de SaulKile, veuve de Bertmnd de Tlsle, sei^çneur de Terraube (2), qui choisît l s^tiiture dans le tombeau de sou mari érigé devant I le mitlre-aulel du couvent de Boni lias. Ce testament [fut passé au rliàteau de Bojale de Fau douas, femme I d*Ajsiu5 de Gaaiard ou deGalard dont les descendants pcttsèdent eneore la seif^neurie de Terraube. Chi croit que re prélat consacra Fcglise de Le<.*toure en 1325. Ce quon sait, c*cst qn il légua à son chapitre quelques revenus qu'il avait acquis dans lu ville de St-^lan Sa mort est fixée an 26 février, mais on ignore Tannée,
(I) GidUa Chrifliianft. — i%'} Vtén^hgltt tmprîm^ dfs FAiidoiiJiii
Guillaume Arnaud d'Oleron (1) esta peine connu. Il avait été sacré en 4310 et avait succédé k Pieme Raymond , cet abbé de St-Sever que nous avoua vu élever au cardinalat et qui ne s'arrêta que quelques mois sur le siège d'Oleron. Pierre -Raymond aVkit lui-méine remplacé Gaillard de Ladous mort le jour du Vendredi-Saint 1307 ou 1308.
L^évéque d^Aire (2), Guillaume, appartenait à la noble famille de Comeillan qui donna successivement quatre évéques à Fégliae de Rhodes et un grand-maltre à rOrdre de Malte. Il avait succédé Tannée précédente à Bernard. • Son épiscopat n'est guère plus connu qne celui de son prédécesseur. Nous savons seulement qu^il transigea .avec les habiunts d'Eyres*au sujet.de quelques dîmes. Il vivait encore en 1323 suivant un titve de St-Mont dont ses ancêtres avaioit été les bîei^teurs. Il dut mourir peu après , car son sucoeaseur gouvernait Téglise d'Aire Tannée suivante.
Bernard de Ville dont le Concile confirma Tâedion ne fit que s'asseoir sur le siège de Bayonne (3). Il venait de succéder à Pierre de Marennes, issu sans doute des vicomtes de ce nom. Pierre avait succédé lui-même à Arnaud Raymond de Montagne, de Mont ou de Monts. Ce dernier transigea avec les Pères Augustins qui étaient venus s'établir dans la paroisse de la cathédrale sans l'autorisation du prélat et de son Chapitre. Les religieux s'obligèrent à payer aux chanoines une rente de soixante sols Morlas. Au prix de cette redevance on autorisa leur établissement et on leur permit même de bâtir une église et d'avoir un cimetière. Leur couvent s'éle-
(1) Gallia Chrùtiana. — (2) La même et Manuscrit d'Aire. — (3) La même et Manuscrit de Rayonne.
DK LA (;Asax;NE. iGi
Tait aux portes de la ville. En 1522, ou le jugea trop voisin des remparts. Le sei^çneur de Lautrcc lieutenant du roi dans la province et St-Bonnet gouverneur de la ville en ordonnèrent la démolition. François P% pour les rédimer et leur faciliter le moyen de construire une nouvelle maison dans rintérieur des murs, leur accorda, le 27 février 1527 , une somme de six mille huit cent trente-huit livres; mais n ayant pu eu toucher que UXRs mille, ils furent obligés de suspendre les travaux qui se traînèrent bien longtemps.
Pierre de Ville mourut peu après le Concile. Il fut remplacé par Pierre de Massas d'une ancienne fiiniille de la province. Céuit un Dominicain que Jean XXII iKMnma au siège de Bayoùne dans les Quatre-Temps de TA vent 1316. U^PÛt rempli la charge de définiteur dans le chapitre tenu à Perpignan. On remarqua à son sacre deux autres prélats de son Ordre, Arnaud Fradet et le suflragant de Tarchevâque d'Auch , pauvre évéque, dit la chronique, qui servait de vicaire au riche métropolitain. Il eut avec les Dominicains ses anciens confrères un procès qui fut porté devant Jean XXII son bienfaiteur. Le cardinal Godin (1), ancien Dominicain aussi , se plaisait à combler de ses libéralités la maison où avait été élevée son enfance et qui avait reçu ses premiers vœux. Sous ses auspioes les murs s'agrandirent; une chapelle voisine fut acquise, un cimetière plus vaste remplaça celui du couvent Le chapitre C) soutenu par son évéque s'opposa à cet agran-
(1) Haouscrjt de Bayonne.
(*) Le Chapitre se composait alors de Bernard daSauIt, chapelain najeiir, Nicolas de Orrane, maître ou écolâtrc , SéVus de IJifoMc, Jean de Ville^ Garsias- Arnaud de Damazan et Pierre de Laj^ardr. ///. Il
dissemeiit. La résistance fut vive , mais elle dut céder aux ordres du souverain pontife, ou plutôt à Texcommunication qui fut lancée en son nom. Le cardinal Godin, toujours généreux en faveur de TOrdre, fit élever peu après la magnifique église que les Jacobins montrèrent longtemps avec orgueil.
L'évéque de Gouserans que représentait Arthur de Goarrase était Arnaud Fradet {\), ce Dominicain dont nous avons déjà parlé à Toocasion du sacre . d^Arnaud de Ville. Né dans le diocèse de Bordeaux, il fui connu de Glément Y, qui le choisit pour son confesseur et son chapelain et le nomma enfin à Févéché de Gouserans. Le nouveau prélat combattit les exactions de Philippele-Bel et se rendit suspect à ses yeux. Ami de la discipline, il.fit pour son chapitre deilk^Iements que Jean XXII approuva la seconde année de son pontificat Fradet vécut encore plusieurs années. Une mort sainte couronna ses vertus la veille de FAscension i 329. Il fut inhumé chez les Dominicains do Rieux dont il avait bâti la mai^n. Dans son testament il légua une cucule à chaque Dominicain de la province et une gratification à tous les couvents de son Ordre. Avant lui plusieurs prélats s'étaient assis sur la chaire de St-Lizier depuis Nicolas mort en 1270. Nicolas eut pour successeur Pierre de Sauboles (2) frère de Hugues seigneur du Gauze et d'Ardisas d'une ancienne et opulente famille de la province. Deux de ses nièces étaient mariées, Tune à Bertrand de Tlsle-Jourdain seigneur ou plutôt co-seigneur de Terraube et Fautre à Bertrand de Faudouas. Pierre transigea en leur nom au sujet des droits
(1) Gallia Christiana, — (2) La même et Génénlogie de la maison Faudouas.
(le k ville de Lévignac dont Renie de Moiitech leur mère avait la signeurie. Il fut remplace par Raymond son frère ou son neveu, si toutefois il n'est pas le même que celui que Ton place ordinairement après lui; car nous trouvons en 1269 Pierre-Raymond de Sauboles prieur de Nérac, exécuteur testamentaire de Hugues de Sanboles son frère et stipulant pour sa belle-sœur au uiarta<;e de sa nièce avec le seigneur de Faudouas. Ce Pierre-Raymond est évidemment Tévéque de Couserans. De ces deux noms on aura fait deux prélats différents; ce qui est d'autant plus vraisemblable que Raymond, le dernier des Sauboles, mourut le 1 5 septembre 1271. Ainsi- son prédécesseur et lui n'auraient siégé ({ue cinq ans.
Raymond de Restouil vint ensuite et mourut après deux ou trois ans de ponti6cat. Âuger de Montfaucon fut élu en 1279. Il était issu d'une ancienne famille de la province à laquelle apprtenait le père de Montfaucon, le rival des Mabillon, une des gloires de l'Ordre deSt-Benoit ou plutôt de la France entière. Auger fit des statuts qui réglaient les honoraires des curés dans lesenterrements. Le pasteur avait le meilleur des habits da défunt. Nous trouvons cet usage et quelques autres aussi étranges dans une transaction trèsK:urieuse passée entre les consuls de Montfort, canton de Mauvczin (Gers) e^ le curé de la paroisse. Nous la donnerons tonte entière dans notre 6^ volume.
Le prélat orna de peintures Téglise deSt-Lizier et fit construire à ce qu'on croit les stalles du chœur. Du moins on y remarque fréquemment un faucon pcrclié sur une montagne. Ce qui est certain c'est qu'il mourut en 1303 et fut enterré dans la cathédrale où on lit
encore son épiiaphe. A Auger succéda Bernard de Montegnt élu et confirmé au Concile de Nogaro, tenu après la mort de son prédécesseur. Bernard tint le siège six ans et mourut en 1 309. Cette même année, Arnaud d'Espagne vicomte de Couserans fonda un couvent de Dominicains à St-Girons, de concert avec sa femme Philippe sœur du comte de Foix. Au décès de Bernard de Montegut, le pape se réserva la nomination et choisit Arnaud Fradet.
L'évéque de Tarbes n'avait paru au Concile ni par lui-même ni par ses délégués. Nous le trouvons néanmoins présent lorsque le métropolitain confirma les statuts arrêtés par rassemblée. Il est vraisemblable que le siège vaquait encore quand le Concile s'assembla et que Ifi nomination suivit de près; peut-être même eutelle lieu durant rassemblée. Hunald de Lantal ou Lantar, appelé sur ce siège, était abbé de Lezat et venait de construire le cloître de ce monastère. Nous le retrouverons bientôt.
Le successeur de Clément V se faisait jcncore attendre. Enfin après une des plus longues et des plus déplorables vacances dont les annales de Féglise aient été affligées , la chaire de St-Pierre fut occupée le 7 août i316, par Jacques d'Eusè né à Cahors et qu'on dit fils d'un savetier ou d'un cabaretier. On ajoute communément que chargé par ses collègues de design^ le souverain-pontife, il se nomma lui-même ; mais deces deux assertions la première est peu vraisemblable et la seconde est fausse; nous la croyons même à peu près unanimement rejetée de nos jours. .
Le uouveau pontife prit le nom de Jean; il est le XXIP de ce nom. A peine assis sur la chaire de Si-
DE LA CASCOGI^K. 165
Pierre, il chercha à éteindre la querelle qui agitait le Midi. Le 21 mars 1 31 7, il adressa d'Avignon une bulle à 1 archevêque d'Anch et le chargea de rétablir la paix entre Mathe et Marguerite et entre leufs enfants. Il lui adjoignit Isuard de Montant gardien des G)rde- < liers d^Agen; mais celui-ci fut attaqué en traversant Valence d'^Agenais dont il avait irrité les habitants par uneexconununication imprudente, et sans Tintervention du vicomte de Lomagne et du sénéchal d'Agenais qui volèrent à son secours, il eût couru risque de la vie. Il ne fut guère plus heureux auprès des deux maisons rivales. Ses efforts et ceux de Tarchevèque ne purent amener qu'une trêve de six mois. L'archevêque avait lui-même un différend avec Hunald de Lantar au sojet de quelques dîmes qui semblaient naturellement appartenir au diocèse d'Auch. Hunald réclamait Lartigue, Gellenave, St-Gô, le Mi mort (de/iomine morUîo), Un compromis les donna à Amanieu. Quelques autres paitHSses plus voisines de Plaisance furent adjugées à Tétéquede Tarbes. Les deux prélats acceptèrent cette décision à la tête de leurs chapitres réunis en assemblée (<)(♦).
(1) Pièce! jiuliBcatives de H. d'Aignan.
(*) L'archevêque (13jmllet 1318) était entouré de Guillaume - Arnaud de Francs, abbé de Faget, Pierre de Baulat , archidiacre de Stvinès, Bemird de Manciet, archidiacre de Sl-Puy , Arnaud de Laadoiieji, prévôt de St-Justin , Vital de Mombcl, archidiacre de Stvanèfy Amanieu du Lau(de Lauro), archidiacre de Magnoac, Pierre de LaCvgue (Fabri), prieur de Salegrand , Bernard de Lamaguère, ibbé d'IdrK, Fortanier de Baulat, archidiacre d'Astarac, Arnaud de Molère» archidiacre d'Eauze, Uaurin de Biran , cet ancien curé de Barraa devenu chanoine, Bernard deSos, Guillaume Otbon de Villefranche qui, avec trois autres membres , composaient alors le Chapitre de la métropole. Autour de l'évéque de Tarb.^s (lO^pùl) se
\66 fJlSTt>IRE
Jean XXII, après avoir essaye de rétablir la paix dans le Midi, y multiplia lesévêchés. Seize nouveaux sièges y furent créés (i ) Mirepoix, Moutauban, Lavaur, Rieux, Lombez, St-Papoul, Alet, St-Pons de Thomières, Castres, Condom, Tulle, Sarlat, St-Flour, Vabres , Mailleraye et Luçon. Deux seiJs sont situés dans la Gascogne, quoiqu'ils n'aient jamais appartenu à la province ecclésiastique d'Auch.
Nous avons les' bulles qui regardent Condom (2). Par une première, datée du 13 août 1317 , le pontife érigeait Tabbaye en évêché, et par une seconde du même jour il séparait le nouveau diocèse de celui d'Agen dont il avhit fait partie jusqu'alors. Il laissait à celui-ci la rive droite de la Garonne et assignait à l'autre la rive gauche avec les revenus qu'y percevait le prélat. Les moines de l'abbaye allaient former le chapitre sans néanmoins renoncer a leur habit ni à leurs observances. Eux seuls devaient nommer l'évéque. Leur choix s'arrêta aussitôt sur Raymond de Galard leur abbé. Raymond appartenait à la noble famille dont il portait le nom et qui eut désormais (*) le privilège de conduire la haquenée du prélat dans son entrée solennelle au jour de sa prise de possession et de le servir à. table. Il avait succédé à Arnaud Othon de Caseneuve en 1306.
pressaient Arnaud de Lavedan , archidiacre de Bagncres , Benoit Dupuy, archidiacre de Montanerès, Navarre de N. , archi-
diacre de Lavedan^ Odon de Marsac, arcliidiacrc de Baseillac, Garsie Arnaud d'Inlrans, archidiacre do Rive-Adour, Augcr de Bi«e, sa- (!ristain , Géraud d'Artès, infirmier, Guillaume d^Arlous et Arnaad- (fuiilaumc de Doucet, tous chanoines de la cathédrale de Tarbes.
(1) CoUect. Concil. lom. 11. — • (2) Manuscrit de M. de La'gulèrc.
(*) m. de Goas ayant dans la suite acheté la terre de Galard, prclcrtdit conduire TévOquc , mais il fut débouté de ses prétentions.
DE LA GASCOGNE. i61
Peu de mois après avoir pris eu main ladministration du monastère, il autorisa le prieur de Nérac à abandonnera Amanieusire d'Albretla justicee( le droit de péa^ que le prieuré possédait dans la ville, ainsi que douze deniers de fief que lui payait annuellement la maison d^Albret: c'était donner la seigneurie de Nérac à Amanieu. Aussi le sire d'Albret assurait au prieuré les boucheries et le moulin de la ville avec Texemption du péage dans toutes les possessions de la maison d'Albret et la permission pour les serviteurs du couvent de porter les armes dans toute la baronnie de Nérac. Il s'obligeait en outre eu signe de vassalité de donner une cucule et une aumusse à cliaque mutation d'abbé et de prieur.
Le roi d'Angleterre vit avec peine cette transaction; et oubliant tout ce qu'il devait aux services que le sire d'Albret avait rendus à sa couronne, il ordonna à Jean de ' Ferrières sénéchal d'Agenais de se saisir de Nérac sous prétexte du paréage passé avec l'abbé de Condom. Amanieu essaya de se défendre et fut soutenu par le vicomte d'Orthe et de Marennes, et par Fortaner de Bats. En même temps il en appela à la France et se pla^ sous sa sauve-garde ; mais au mépris de cet appel le sénéchal (1) suivi d'Odon de Ladoux, d'Arnaud de Castelnau et de Guillaume Arnaud de Gelas entra à la tête de plus de quatre mille soldats sur les domaines d' Amanieu et de ses auxiliaires, et y promena longtemps le fer et la' flamme. Le sire se sentant trop faible pour soutenir la lutte en appela de nouveau à la France. 11 se plaignait surtout de Raymond de Laclaverie, de
(1) Coll. Doal, tom. I»ell0.
Guillaume de Goyoïi, bayle de Lembege, de G»illard de Bernede, d'Aramon de Beaoles, de Pierre de Belin, de Bertrand de Lalanne et d'Amerigot de Gavaston. Pierre de Ca5tan envoyé par le vicomte d'Orthe se joi- ^it'à lui. Leur voix fut écoutée. Philippe secrètement prévenu contre Edouard par Isabelle sa fille, qui n'avait pu voir qu'avec un profond dépit la place de Tépouse dans le coeur du roi occupée par un vil favori , ordonna de cesser sur-le^^hamp toute hostilité et con^ damna le monarque anglais à payer une indemnité de vingt mille livres Tournois. Il se montra eneore plus sévère à Tégard des seigneurs Gascons. Il les bannît presque tous du royaume.
Edouard n'avait pas attendu cette sentence; il craignit que la querelle ne s'étendit et se hâta de nommer des commissaires pour vider les différends. Peu de jours après, il espéra mieux ramener par lui-même les esprits, et écrivit à Amanieu une lettre pleine d'af* fection dans laquelle il déclarait vouloir juger en personne. Le pape se mêla au monarque pour prêcher la réconciliation ; ce qui semblerait faire entendre que la Gascogne n'était guère plus paisible que l'Angleterre. Rien ne pousse aux troubles et aux désordres comme un gouvernement faible et imprévoyant. Edouard s'en prit à Raymond de Galard qu'il accusa d'avoir lait naître ce différend, et il ne tarda pas à lui eu témoigner son mécontentement.
La vieille querelle entre les abbés et la Ville s'élaot réveillée au sacre du nouvel évéque, le sénéchal d^ Gascogne, par ordre de son màitre, se déclara pour les bourgeois. L'évéque en appela au roi de France, res-
source ordinaire de tous ceux qui avaient à se plaindre de l'Ângletenre. En attendant il lança un interdit sur la vîUe et s^acfaemina vers la cour d'Avignon où il se joignit aux archevêques de Narbonne et de Toulouse, et aux ëvéques de Lectoure et d'Âgen ponr accorder à tons les p^ecins, qui traverseraient Condom, le droit d'être reçus et nourris dans Thdpitfll que venait de fonder le cardinal Teste. Edouard fut vivement pique de tette double mesure. Il en Ànrivit à la fois au roi de France, au pape et aux cardinaux (12 décembre 1322). Il exposait à Philippe-le-Bel la nullité de Tappd. Il allait plus loin auprte du pape: il lui demandait d^éloigner le prélat d'un siège on son ministère serait désormais infructueux, et le conjurait de lever l'interdit encore observé dans toute sa rigueur après plus d'un au et demi. Enfin il priait les cardinaux d'appuyer sa demande et d'obtenir du saint-Père la translation de Pierre de Galard à un autre siège. Bertrand de Galard parent du prélat fut enveloppé dans sa disgrâce^ Edouard Taccusait d'avoir usurpé quelques droits dans la commune dont il portait le nom au détriment de la ville de Francescas. Mais le monarque anglais était alors occupé à lutter i la fois contre le comte et contre les grands de son royaume qu'avait soulevés l'orgueil et le crédit des Spenser plus puissants et plus absolus que n'avait été Gaveston. Il renouvela quelques mois après ses instances auprès du souverain pontife et du sacré-col lége; mais ses démarches n'ayant point obtenu de sucées , il abandonna cette affaire ; du moins nous en ignorons l'issue, et Pierre de Galard resta sur le siège de G>ndom.
L'évéché de Lombcz fut distrait du diocèse de Tou-