‹ Histoire de la Gascogne (volume 2)Chapitre 12 sur 44 · MO HISTOIRE · texte numérisé non relu

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louse ainsi que St-Papoul, Rieux, Lavaur el Mircpoix. Pour jdédomtnager le prélat dont il déi])|embrait ainsi le siège, le pape érigea la cathédrale de Toulouse en métropole et y plaça Jean de Gonimingesqu il transféra de Maguelone. Jean était fils de Bernard YII-I comte de Comminges et de Laure de Moutfort. Deux autres de ses frères étaient entrés dans Téglise. Simon, Fun d'eux, fut nommé à Maguelone , mais il mourut avant son sacre. -Roger le troisième (1) était abbé de Lombez. Jean XXII Ten créa premier évéque ; et comme il n avait pas Tâge fixé paroles Canons pour être promu à Tépiscopat, il lui donna les dispenses nécessaires. Le souverain-pontifé mit sur le siège de Montaubaa Bertrand Dupuy son chapelain qui mourut trois mois après en allant prendre possession de son évéché, et lui substitua alors Guillaume de Cardaillac abbé de ï^essan. Enfin il appela à Lavaur Roger d'Ârmagnac (2) frère dé Bernard VI. Roger avait longtemps porté Iç titre de vicomte de Magnoac , non qu il eut reçu tout le Magnoac eu apanage ; la propriété de ce pays était alors et fut plusieurs siècles encore possédée par la famille de Labarthe; mais il avait eu la ville et le territoire de Maulépn que Ton qualifiait souvent de vicomte de Magnoac. En se vouant aux autels , il abandonna la baronnie à Bernard son frère qui la transmit à son fils. Elle s'accrut entre leurs mains et resta dans la maison d^ Armagnac jusqu'à la catastrophe de Lectoure sous Louis XI.

Amanieu archevêque d'Auch survécut à peine à la promotion de Roger son neveu (3); il mourut en < 3 48 ,

(1) GalUa Christiana. — (2) L'Art de Vérifier Içs dates, Grands Oniciers de la couronne. — (3) Uom Brugelles, M. d'Aignan, GaUia Christiana.

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mais le cartulaire d'Âuch et les nécrologes de La Case- Dieu et de St-Sever Yarient sur le jour et le mois. Il {laralt qu'avant sa mort il s'était, seloa la dévotion du temps, lait aggréger dans cette dernière abbaye en s'associant aux prières de la Communauté sans en adopter ni Tbabit, ni les observances. 11 }X)rtait d'argent au lion de Gueules qui est d'Armagnac. Après lui avoir rendu les honneurs funèbres, le chapitre élut pour lui succéder le nouvel évéque de Laveur. Le pape approuva la translation et lui expédia ses bulles. Roger prit possession canonique de la métropole à la fin de juin \ 319; majs son élection avait été attaquée. L'opposition grandit en peu de temps, et Rc^er ami de la paix céda à l'orage. Il abandonna Auch et retourna à Lavaur dont il mourut titulaire.

Nous ignorons l'époque de ce désistement ; mais il avait eu lieu en 1 32 1 , car nous trouvons que, cette année, le lundi après St-Luc, les vicaires-généraux auxquels le roi de France s'était adressé pendant la vacance du siège, convoquèrent un Concile provincial à Vic-Fezensac pour le lundi après la St-Martin-d'Hiver afin d'y entendre les propositions royales et d'y voter un subside dont l'Etat avait besoin. Les lettres des vicairesgénéraux sont adressées aux abbés de St-Orens, de St-Mont. de Berdoues, de Ste-Dode, de Peyrusse- Grande, aux prieurs d'Eauze et de Vopillon et au doyen de Ste-Ghristie. Nous ne savons autre chose du Concile. Le siège vaquait encore l'année suivante , car les officiers du pape se firent rendrvl^ttliipte des revenus de Tarchevéché. Des chartes de Oimont prouvent que la vacance se prolongea encore en <323.

L'orage, qui l'avait amenée, naquit autour de la

tombe de Bernard comte d'Ârmagnac, frère de Roger. Bernard avait paru à la tête des seigneurs Cjisoons qui prêtèrent serment de fidélité à Philippe-Ie-Long frère et successeur de Louis-Hutin. Peu après son inauguration, le roi, ayant résolu de visiter en personne le Languedoc, écrivit à Bernard, au comte d'Âstarac et à quelques autres seigneurs de se trouver dans Foctave de Noèi à Toulouse où il votdait délibérer avec* eux sur diverses affaires importantes. Mais ce voyage n'eut pas lieu. Pottrsuivant la querelle de ses prédécesseurs, Philippe s'éuit hâté de porter à son tour la guerre dans la Flandre. Il appela sous sa bannière royale toute la noblesse du royaume. Le comte d'Armagnac ne put répondre à cet appel ; il fut prévenu par la mort au commencement de mai \3\9 (1). Il avait fait dès 1312 son testament qu'on garde aux archives de Pau. Il y établissait pour son unique héritier Jean son.fils, et comme celui-ci n avait alors que douze ou treize ans, il lai donnait pour tuteurs Roger alors vicomte de Magnoac et Aymeric de Narbonne. Le premier devait administrer TArmagnac et le Fezensac, et le second le Rouergue. Les deux filles furent apanagées. Mathe Tainée épousa d!epuis le sire d'Albret et eut vingt mille livres de dot. On ignore Falliance d'Isabeau la seconde; mais on sait que son frère lui donna la terre de Beres ou Bars. Leur père eut aussi un fils naturel nommé Jean qui embrassa la carrière des armes et que son courage fit surnommer la Guerre. Bernard fut enterré dans Téglise métft)(tolitaine à c6té de son père (*). A la nouvelle de sa mort, Jean XXII espéra pou-

(1) Grands Officiers, rArtdc vérifier les dates, M. d'Aignan. (*) Voir Note tf à la fin du volume.

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voir làîre proroger la trêve conclue sous ses auspices entre les maisons de Foix et d^Armagnac, ou peut-être même la faire changer en une paix définitive. Il ëcri- Tit(1) à Févêque de Lavaur et à Gaston de Fezensaguet et les j^^ssa d'engager Mathe leur mère i se réooDcilier avec son neveu. Il offrait sa médiation et promettait de suspendre les graves et importantes affaires qui assaillaient en foule le trône pontifical pour soocoper de ce différend. Sa voix fut enfin entendue et la querelle s'as5<lupit durant quelques années. Marguerite de Béam sceur de Mathe venait de mourir après aT(»r fait son testament le 20 mai 1319 (2). Elle mlitnait héritier Gaston comte de Foix , Tainé de ses petits-fils, donnait à Roger-Bernard frère de Gaston les terres de Moncade et de Castelviel , à condition qu'il abvidonnerait au comte de Foix tout ce qu'il prétendait SOT la vicomte de Castelbon, assignait à Robert de Poix, le troisième frère, les revenus de la vicomte de Cavardan jusqu^à ce qu'il eût dix mille livres de rente en bénéfices ecclésiastiques, et léguait six cents livres de renie à chacune de ses trois fiUes. ELlle fut enterrée dans le couvent de Bayries près des cendres de sa mère. Jeanne d'Artois s'empressa de prendre possession du Béam, du Marsan et de Gavardan au nom de son fils. L'état de la ville de Mont-de-Marsan venait de changer. Une mairie avait été établie , et à cette occasion il y avait été fait des règlements qtii nous ont été conservés et que nous avons jugés assez curieux pour les placer à la fin du volume (*). Jeanne les confirma le

(1) Dqb Vaisiette. — (2) InveoUire du cbâlcAu de Pio , dom VaoKUe, tom. 4.

'*^ Voir 11 Note 6 à la fin du volumf .

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i 3 décembre de ceirc même année (1319) et s'enga«çca à les faire ratifier par son fils dès qu'il aurait atteint Sii majorité.

Mathe d'Armagnac ne Uirda pas à aller joindre sa sœur dans la paix du tombeau. Déjà depuis longtemps (10 juin 1310) elle avait disposé de toutes ses prétentions sur la succession de Gaston et de Mathe de Béarn ses parents en faveur du vicomte de Fezensaguet Celui-ci ne survécut pas longtemps (1320) à sa mère et à son frère aîué. Valpurge de Rhodez sa femme était morte assez jeune lui laissant deux enfants Géraud et Mascarose. Devenu veuf, Gaston se remaria (1) en 13 10 avec Indie fille et héritière de Guillaume de Caumont, qui lui porta quarante-quatre mille livres de rente assises sur la ville de Samatan et sur quelques lieux voisins. Il n eut de ce second mariage qu'une fille^qui épousa dans la suite Raymond Roger de G)mminges vicomte de G)userans. L'Art de vérifier les dates lui donne un second fils, AmaDieu,qui fut capitaine ou gouverneur de StJustin (Landes) et dont nous ignorons le sort et la postérité. Nous savons seulement que Jean comte de Poitiers, fils de Philippe-de- Valois lui alloua mille florins d'or pour ravitailler en 1359 la place dont il était gouverneur. Cet Amanieu était vraisemblablement yn enfant naturel. Sou père en laissa un second dans la personne d'Arnaud Bernard , bâtard d'Armagnac. Ce dernier s'attaqua à l'église et commit tant de méfaits contre rarchevéqued'Auch, que le prélat s'adressa à la cour de France et le fit condamner en 1329 et 1330. Mais le bâtard n'eut pas de peine à obtenir sa grâce. 11 tourna ses armes contre les ennemis

(1) Grands onicicrs de la couronne.

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de rÉtal, se distingua par sa valeur, et reçut entr autres gratiâcations cinq cents livres de rente que le roi établit sur les terres de Gimont et de O>logne. Arnaud Bernard en jouissait encore le 26 juin 4 346.

Gaston forma la seconde tige des vicomtes de Fezensagnet, tige qui devait finir si vite et si tristement. II administra cette vicomte pendant trente-sept ans , et d^une si longue administration, à part ses débats avec la maison de Foix-Béam, nous n^avonspu recueillir qu un fait et encore nous est-il transmis sous une date évidemment fautive (1).

Âuger de Miramont avait fait périr sous ses coups Gérand de Castelnavet. A la première nouvelle de ce meurtre, Gaston fit enquérir contre Auger et son frère, et les fit citer à comparaître devant lui à Aignan, mais les coupables déclinèrent la juridiction et ne parurent point Le vicomte les déclara alors ennemis publics, saisit leurs biens et se fit prêter serment de fidélité par leurs vassaux. Soit que cette procédure ne fût qu^un jeu pour soustraire Auger et son frère au juste châtiment qn^ils méritaient, soit que les coupables appartinssent k la domination anglaise, les Anglais, toujours ombrageux sur leurs droits , s'en prirent à Gaston lui-

(1) CoiL Doti. La charte dont nous d'atoiis qu'une copie, comine tout ce qui appartient à cette collection, porte pour date 1273, mais ' GattoD ne snceéda à son père qu'en 1284, et il n'y a que ce Gaston dans la maisoo d*Amiagnac Noua penserioni assez qu'il y a erreur dans le noin , et qu'à la place de Gasum il faudrait lire Géraud. Cdoi-d était en effet comte d'Armagnac en 1273. Aignan, Nogaro et les communes nommées lui appartenaient, tandis qu'on ne voit trop comment elles auront appartenu au Ticomte de Fezensaguet. Le nom n'était sans doute désigné dans l'original que par Tinitiale G, et à U place de Géraud , le copiste aura mis Gaston, donnant ainsi le fils pour le père.

même. Luc de Tanay séoéchal de Gascogoe le dUi h comparaître devant la cour de St-Sever. Gaston ayant fait défaut, il ordoona à Raymcmd de Mirail de saisir toutes les terres. Raymond se mettait à même d'exécuter la sentence devant la cour de Nogaro, mais Bertrand de Brugii eus sénéchal d'Ârmagnac protesta au nom du vicomte, et il ne fut point passé outre.

Luc de Tanay essaya alors d'une autre voie. Il écrivit aux habitants de Violes , de Sabazan , de Maulichères (Mauri Serra), do Launc-Soubiran et de Lartigue pour les informer qu'il envoyait Raymond avec la mission de placer ces lieux sous la main du roi ; mais Bertrand de Brugnens s'y opposa encore, et l'Angleterre dut respecter les actes de Gaston.

Géraud son fils unique lui succéda dans la vicomte de Fezensaguet et la plupart de ses terres. Mascarose sa sœur s'unit le 24 mai 4324 à Guitard d'Albret vicomte de Tartas. Cette vicomte était entrée dans la maison d'Albret k la mort d'Arnaud Raymond, que nous ayons vu en 4295 épouser jCondorine de l'Isle-Jourdain sous les murs de Dax , et qui , devenu veuf , se remaria en 4308 h Mathe lille d'Amanieu d'Albret. Ces deux mariages furent stériles et Arnaud Raymond vendit (4) au père de sa seconde femme la double vicomte de .Tartis et de Dax dont il était le dernier héritier. 11 mourut en 4342, et sa veuve renonça en 4344 à tout ce qu'elle pouvait prétendre sur les biens de son mari et de son père moyennant quinze mille livres qui lui furent constituées en dot lorsqu'elle se remaria avec le sei{^neur de Bragerac. Mathe de Fezensaguet portait à

'I) L'An (le vrrilicr les dales.

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son mari les baronnies de Rudel , de Pons et de Gis. tdjaloax que son père avait achetées à Isabelle d'Albrei première femme du comte d'Armagnac»

Le père de Guitard, 'Amanieu, sire d'Albret, avait épouse Rose du Bourg qui lui apporu les terres de Verteuil et de Veyres, et lui donna onze enfants entre lesquels Bernard Esi, Guitard et Bernard sont les plus connus (i). Bernard était déjà marié avec Hélène de Giumont, Bernard Esi son frère aîné épousa Mathe d^ Armagnac sœur du comte Jean {*) le même jour que Guitard s'unit à Mascarose. Guitard et Bernard renoncèrent alors à tous les biens de leur père en faveur de leur aîné. Mais Bernard se repentit bientôt de sa générosité; il se ligua avec les ennemis de son père, prît les

(1) L'Art de TériBerles dates. Grands OfBciers de la couronne.

(*) Jean d'Armagnac donna à Matbe sa sœur Tingt-niflle livres de dot et mille francs de rente. Celle-ci fut cautionnée par un grand nombre de ses tassaux, et entr'autres par Bernard de Clajac, Sans de Perrabooe, Raymond de Bidanos de Barran, Bernard de Moline dit Boyer d'Eauze, Pierre de Meillon de Valence, Bernard de Baulac de Vic-Pezensac et Bernard de Salies. Les vingt mille livres furent garanties par Bernard d'Albret, Guillaume Arnaud de Barbazan , Begner de Magnaut, Bernard de Ravignan, Guillaume de Labarrère, Odop de Massas, Audebert de Mascaron^ Pierre de Vertus, Bernard de Lartigue, chevaliers; Bernard de Pardaillan, Hugues de Lagraiilet, Arnaud de Poudenas, Aymeric d'Averon, Odon de Billère, Jean d'Armagnac, Guillaume de Moncade, Auger de Barbazan, Auger de Baulac, Bernard de SéaîUes , Géraud de Verduzan, Guillaume Arnaud de Coussol, Bernard de Lanuse, Paparot de Labartbe, Bernard de Si-Pierre, Beziat de Jaulin, Odon de Gière, Pierre de Gontaud , Armand Desparbès, Odon de Latour et Pierre de Montbrun, damoiseaux.

Le douaire promis par Bernard Esi eut pour garants , Renaud du Pont^ Arnaud-Bernard de Preissac, Arnaud de Noaillan , Ebulus de Lîgnac, Pierre de Castellar et Bertrand de MelifOMo. CoU, Doat, toro. 16.

armes et s'empara à force ouverte des terres de Veyres et de Gironde. Son père, pour le punir , le déshérita (1 324), mais en 4 326 sur le point de mouriril révoqua cette disposition et lui laissa les deux terres dont ils^était emparé. Bernard, ayant perdu sa première femme, épousa Géraude 6Ile et héritière d'Arnaud de Gironde, et forma la branche des seigneurs de Verteuil.

Pendant que les deux fils s'alliaient avec les deux branches de la. maison d'Armagnac, le Midi vit reparaître les pastoureaux. Ce furent comme au temps de St-Louis quelques hommes des champs qui se crurent appelés à délivrer la Terre-Sainte , objet constent des regrets de toute la catholicité. Ils quittèrent leurs chau* mières et leurs troupeaux et s'en allèrent par les villes appelant à eux les gens de bonne volonté qui se disaient inspirés comme eux , et puis les malfaiteurs et les brigands qu'ils arrachaient des prisons et dont ils brisaient les fers. Ils se partagèrent en plusieurs bandes et marchèrent deux à deux comme dans une procession religieuse sous l'étendard delà croix. Ils ne voulurent a voir pour armes que leur houlette, pour marque de distinction que leur panetière, et pour trésor que leur piété. Ils vécurent d'abord d'aumônes; mais, quand la charité manqua ou se fit attendre, ils enlevèrent de force. Leur troupe se grossit d'une foule de gens simples et métne d'enfants qui fuyaient le toit paternel. Partis du Nord, ils traversèrent l'Ile de France et s'abattirent vers les Pyrénées. Le Languedoc et la Gascogne furent le principal théâtre de leurs excès. Sur leur passage, ils massacraient impitoyablement tous les Juifs qu'ils rencontraient, s'ils ne voulaient ps embrasser le christianisme. Cinq cents de ces malheureux , fuyant devant eux ,

«livrent detiiaiider un âsile nu gouverneur de Vert! un <;ur (îaronne* Celui-ci les etiferina dans une tour élexée; mais leurs féroces assassins parureni bientôt au pied dfî la tour et pressèrent le siège. Les Jnifs se defen* dirent longierups à pierre ef^ust , dit le chroniqueur» et c^uand ce leurjaitlit^ sy leur jectèreni lelirs enfatits (1); mais rien ne put assouvir la rage des assail- Unu ijui ajTint assemblé une grande quanti lé de Iwis, tntrrnt le feu à la tour. Ne voyant de tous côtés qu*uné mort certaine, les assiégés airaèreni mieux se tuer euxmêmes que de périr de la main des pastourednx. Ib thârgèrent le plus robuste d entr eux de leur couper h gori^c. Resté seul après sa sanglante exécution , le malheureux Juif se retira au c^mp ennemi et demanda qu on radmit au baptême avec quelques enfants qu il a^-aii réservés; mais les pastoureaux toujours altérés de lang lui répondirent (2) : tu as commis un aussi horrible attentat contre ta nation, et tu crois éviter la mort ? Ils fe fêtèrent aussitôt sur lui et ils le mirent en pièces. Les nfants seuls furent épargnés.

t\prés cet exploit, les pastoureaux entrèrent dans Touloiise et y égorgèrent dans un jour tous les Juifs que les consuls pussent s y opposer parce que le luple s'était prononcé en leur faveur et protégeait leurs excès. Le pape ^ plus hardi, prolesta le premier contre ces atrocités et arma contre leurs auteurs le sé-

:bâl dcBeaucaire; mais avant que celui-ci pût les ilteindre ^ la prudence et la fermeté de Tévéque de Curcassonue soutenu des ofïîciers du roi \es avait dissipes. On informa contr eux^et par ces iuformalious nous

(1) O itn Vaiiselte. Cominiiate^ir de MAnyriR. — f2) thidcm , d'A-

apprenons qu'ils avaient renouvelé (4) à Auch, a Gimont et à Carcassonne la scène de Verdun et de Toulouse.

Une atroce rumeur propagée par la crédulité publique si facile à surprendre soulevait tous les esprits contre les Juifs. On les accusait dWoir soudoyé les lépreux pour faire empoisonner toutes< les sources. Écoutons Bernard deLamothe, neveu deClément Vqui, dans sa chronique Bazadoise, a précisé les accusations. « Les pastoureaux, nous traduisons ses paroles Hi étant entrés dans la ville du MasTd'Agenais trouvèrent dans la maison des lépreux qu'ils avaient deux tQnneaux remplis de pain avarié sur lequel ils faisaient promener des serpents et des crapauds pour le gâter et le pénétrer de leur venin. Ils se proposaient d'en faire une poudre qu'ils destinaient à empoisonner les fontaines et les fleuves afin que toutes les personnes saines mourussent ou fussent hideusement couvertes de lèpre. Us en avaient disposé de même dans tout le royaume de France. A la fin ils furent en très-grande partie pris» emprisonnés et brûlés. »

Tel fut l'énorme crime dont la renommée épouvanta soudainement le royaume. La justice du temps, comme l'indique la chronique Bazadoise, se leva contre les

(1) Dom Vaisgetie.

(*) Qui fKisrore^i invenerunt in villa Mansi-Agenum in domo leprosorani qualiter dicti leprosi babebant duo plena dolit panis pulrefacti, super quem serpentes et grapallos mîtlebant, ut corrumperent et inficerent panem illum. De quo pane proponebant facere pulverem ad empotionandum fontes et flumina ad finem ut omneg sani morerentur ver efficerentur turpissimi leprosi et sic ordinaverant per totum regnum Franciie. Finaliter in majori parte capli fuenmt et incarcerati et combusti.

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malheufeux accusés. Les bûchers se dressèrent de toutes parts (*). Les lépreux qui échappèrent au supplice furent tenus en maladreries sans jamais issir, et les Juifs après d'tfirenx exemples de punition sanglante, furent encore une ibis chassés du royaume (1). Philippe-le- Long m0anii*(3 janvier 1322) au milieu de ces scènes lugubres, et le n^ot de poison murmuré autour de la tombe de son frère fut prononcé encore près de sa couche fnnâxe. U ne laissait que trois filles : Charles VI son firère loi succéda. La famille de Philippe-le-Bel si florissante et si belle s'éteignait tristement sous les malédictîoiis de Boniface.

(*} Les chnmiqiies de cette époque ne sont presque remplies que de MiMS tragiques. Le manuscrit de Pabbaye de Montebourg au dkwéiedeGoQtanGes raconte que le cardinal Jacques de La vie neveu ^ *•" MU, avait été ensorcelé par Hugues Gérand , évêque de Cahon, qid ajani aussi attenté à U vie du pape fut déposé de son évécké, tt peu de jours après éeorché et brûlé vif dans la ville tfAvigMn^fOtverain pontife fit faire une recherche eiacte de tous *** ***'î^**"**"'l»«* commit (i317) Gaillard Saumada, évéque ^ ^jy!"'" * ** ^'*"* Desprès , chantre de l'Eglise de Clermonl, •*• •'■P*!*»?*» les découvrir. Le roi de France contribua luiatee bcioeoop i leur extirpation. Leur chef était un lépreux et se BoaHBiH Etienne de Mortefais. Un d'eux, né dans le diocèse de Périgoeox et appelé de St-Amand ayant été arrêté, confessa que par ses sortllègct et ses enchantements il avait rendu ladres 57 personnes de run el riatre sexe. Nous n'avons fait que traduire en abrégeant le récit du ^roniquenr.

(1) Lanmtie, Histoire de France, tom. 3. Nous Idi avons emprunté ce récit.

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