CHAPITRE I
BdMirà 111 preié le litre de roi de France et ittiqoe Philippe-de-YiUit. — I! éfrit m eeuDDUBtés et m nobles de Giteogne. — Nans de ces seigneirs. — Lei comtes i'Anupae et de l'hk-Jonrdain , le sire d'Albret et l'areherèqne d'Anl. — Le ardinal d'Aure. — Mort de Gaston , tomte de Eoix. — Soi fils Gaston Phtbns Ini sneeede. — HenDafe des seifnenrs du Marsan. — Mort des contes de risIfr4oBrdain et de Gomminges. — Crimes de Goy de Conniiges. — Éfèpes de la proTince.
Cependant Edouard faisant revivre deis prétentions abandonnées, avait placé sur ses bannières nos lys à côté de ses léopards et pris solennellement le titre de roi de France que ses successeurs ne devaient abandonner que dans ce siècle. La guerre allait ainsi changer de caractère. Il ne s'agissait plus de la prise de quelques places ou de la conquête de quelques provinces; c^était ses états qu'Edouard venait réclamer, les armes à la main. La lutte grandissait, les rivalités nationales ne pouvaient que s'éveiller, et avec elles allait naître cette antipathie, qui en dépit des institiitions et des gouvernements , nous séparera bien longtemps encore de la fière Albion. La victoire se rangea d'abord du côté d'Edouard ; il triompha à TELcIuse (24 juin 1340) et détruisit la flotte française. Maître delà mer. il débarqua sur les côtes de Flandres et s'avança vers Tournay. Philippe, au bruit de son approche, se hâta
(le rappeler dans le nord la noblesse ei les communes dn royaume. Les comtes (1) de Foix et d'Armagnac accoururent des^ premiers et se firent remarquer parmi les plus puissants seigneurs qui se pressaient autour de la liannière royale; mais malgré la haine qui divisait les deux partis, aucun fait d'armes ne signala cette campagne. Edouard s'avança sans presque trouver d'obstacle jusque sous les murs de Tournay dont il ouvrit le si^[e en personne. Gaston de Foix se jeta dans la place à la tête de ses vassaux et les chroniques remarquent que Iç nombre en était assez considérable pour former una bataille ou escadron séparé. Jean d'Armagnac resta près du roi, mais le corps que commandait Aymeric vicomte de Narbonne son tuteur et où l'on remarquait Bertrand Jourdain de Monlaur , entra à Tournay et prit part à sa défense. Cette fois encore un armement aussi considérable, et qui pesait si lourdement sur le peuple, ne devait amener aucun résultat.
Pendant que le siège traînait en longueur, on parla de trêve. Jeanne de Valois sœur de Philippe et mère dn comte de Hainaut, un des principaux alliés du monarque anglais, s'employa de toutes ses forces à la faire accepter. A ses instances, on nomma de part et d'autre des commissaires qui s'abouchèrent dans une chapelle isolée au milieu des champs. Cétait du côté delà France le roi de Bohême , l'évéque de Liège , et les eomtes d'Alençon , de Flandre et d'Armagnac (2) ; et du câté de l'Angleterre Tévcque de Lincolm, les ducs de Gueldre,'de Brabant et de Juliers, et le comte de Hainaut Apres deux jours de conférences , les commis- Ci) Froissart, tom. I, ch. 54 cl »7. — (2) Froissart, lit. 1, ch. 6«.
saires signèrent une paix d'un an que Jeanne espérait convertir plus tard en paix durable sous la médiation du pape. Mais tous les efforts d^ père commun des fidèles échouèrent, contre Tintraitable rivalité dea deux monarques; il ne put que fairç proroger la trêve de deux ans.
En prenant le titre de roi de France, Edouard s'empressa d'écrire (1) aux populations d'Aquitaine que sou élévation au trône de St-Louis ne changerait en rien leur sort, qu'il conserverait religieusement leurs fran* idiises et leurs libertés, et qu'il était mémepr^ a \^ confirmer par de nouvelles lettres patentes. Il écrivit encore aux G)mmunautés et nobles, de la Gascogne ht lettre suivante :
Aux consuls de NN. suivre l'équké et éviter l'injustice.
La couronne de France nous a été par droit héréditaire notoirement dévolue par la mort de monseir gneur Charles de glorieuse mémoire, dernier roi de France et frère germain de madame notre mère. Le sei^eur Philippe<le-Valois, fils de l'onde dudit Charles, s'est emparé de force de cette couronne pendant notre minorité. Non seulement il la retient eneore injustement, mais nous déclarant une guerre inique, il tâche de nous abaisser afin que par un crime que réprouvent Dieu et le droit, il puisse dominer dans le siècle au mépris de la justice. En conséquence, nous vous prions qu'après avoir mûrement pesé ce qui précède, il vous plaise de nous favoriser en justice contre ledit Philippe et nous aider activement nous et les nôtres à recouvrer
(1) Rymer, tom. 2, pars quarto, page 77.
r)E LA QÂSCfHinfi. 2IS
droits. Nous es|M?rons que le roi d^en-Iiaui tjui bumilie les injustes k eause de leur:^ iiijasUees, mais qui aime et exalte les justes , nous traitera d.im sa bon te « afin cjuc nous puissions dignement vous récompçoser, eomme nous désirons le faire, et reixjm penser HMsi tous eeux qui nous auront prêté aide,
0 ecrÎTit ainsi à IFugues de Ravi^nann, a Rudel seipieiir de Seisses^ k Arnaud de Lithoulbenne, ii Géraud deLabarthe, k Gallard de Fossat, h Ixarn de Bayien^ «ligueur de Montpezat ^ à Bernard de Pardaillan sejjnetu' de Juillnc^ à Amsans de Caumont^ à Amsans de ^Pms^ aux seigneurs de Mauleche, d'Aiguillon, de Monoindi de Fourcès et de TonneiuSf à Arnaud de Montut, à Pierre de Galhird ^ k Vezian de Loma^ue agncur d' Aslafort , k Gaillard de Sl-Symphorien sei* gil€isr de Landirau , à Bernard de Rearn, a Jean de Grjiilly captai de Buch, à Gaston de Tlsle, à Elie d'Andii^rt, à Arnaud de Ptmvhaut, à Jean de Lalande iît^- ^eu r d e Labrède, aux sei gneu rs de Cauiia , de Poyan ne, dn Thilj de Poudeits et de St-Paul» à Senebrun seigneur de Lesparre,a Jean de Mauleon, à Raymond-Guillaume ségneur deCaupenne, an vicomte d'Ortlie, a Guitard iseigïicur d'Arzac, à Pierre seigneur de Pouj^à Arnaud fie Montferran, à Bertrand de Durfort, a Fortanier d«r [jc$cmi, à Aruaud-Garsie seigneur de Puy-Guilhem , aux consuls et auic communautés de Penne, Mi ranionl, Mdnflauqnin , Puy-C^uilhem , Tonneius, Fleurauce, Réjaumont^ le St-PuVi Marraande, Ste-Foî, Puymirol, (iisteljaloux^ Valence, Montréal, Moniclar, IJellegnrdCi Libournc, Montft>rt, St-Emilioa, St-Matiuire, St-Sever, I*oaillon, Mimiy-an, Toujouse, St-Maurice ei Franc es- •^iis, et aux cités de Dax, d'Agen et de (i>ndôiii.
246 HlSlt>IRE
Edouard s'adressa en parliculier au comte d'Arma* gnac. Ce comte, pour se soustraire aux rédamatious toujours renaissantes des parents de Régine, avait cédé (1) à la France les vicomtes de Loinagne et d'Auvillars pour une rente de deux mille livres qu on avait assise sur le comté de Gaure Mais ce pays ayqnt été cédé à l'Angleterre, Jean dut à son grand regret accepter d autres terres. Aussi quoiqu'il eût paru sous les .bannières de Philippe-de-Yalois dans la dernière campagne, il prêta facilement l'oreille aux propositions de son ennemi. Il promit (2) de se rendre homme lige du monarque anglais et même de lui remettre pour garantie de sa fidélité le comté de Rbodez qui donnait un revenu de quinze cents livres sterling ou trente-sept mille cinq cents livres Tournois. Edouard s'engagea à son tour à lui faire restituer les deux vicomtes et à lui assurer ailleurs les revenus dont il se dépouillait. Il les asseoierait un jour sur G)ndom, Mezin et Montréal; mais comme ces villes étaient alors au pouvoir de la ' f rance, il allait temporairement les lui faire compter sur son épargne. Enfin il s'obligeait à lui donner quatre mille livres pour l'aider à mettre ses nombreux domaines en état de défense et à lui rendre le comté de Rhodez , dès que Jean lui remettrait G>ndom et les deux autres villes. En signant ce traité le comte d'Ar^ magnac n'avait peut-être en vue que de se faire mieux rechercher par Philippe. Rien du moins ne prouve qne ce traité ait été mis à exécution; ce qui est certain, c'est que deux ans après (18 août 4-343), la Lomagne lui
ri} Col. Doal, lom. 13. 7- (2; Idcin.