‹ Histoire de la Gascogne (volume 2)Chapitre 2 sur 44 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Plniem PrétoùiU uewté de Bi|im. — Philippe-Ie-Bel t'a laitit. — Plnkin seipein GaieaisM les Tilles 46 Coidoa» éa Leetone, 46 Dix et de Bajoue eaitiei- Mrt peir lepriiee de Silent. — Le rei é'Aifletem séjoine i Coiiei. — lert 46 Cntai vmHit k Béin. — KarfieriU u llle et le ente éeFeixlii lacciM. — Hatte d'Anapae et loi Ui dh{Niteit eet hériUce. — Giilleielte titiaièie lUe de Gaston. — Ibisoii de risIe^onrdaiD. — Marqiiese héritière de U vieoiité de Lou|ie la eède i Biie de Taiayru son père. — Bonafe des seifieurs de Loufie. — (Mesd'Astarae et de Goniifes.

La saisie du Bigorre n avait fait qu'enhardir et multiplier les prétentions à la possession du comté. G>nstance ne fut plus la seule à interjeter action devant le sénéchal de Gascogne. La vicomtesse de Turenne, Mathilde comtesse de Thiet , Guillaume Teysson et Mathe comtesse d'Armagnac intervinrent aussi (1). G)nstance s'appuyait toujours de la substitution et opposait en outre la nullité du mariage de son ayeule Pétronille avec Guy de Montfort. Laure invoquait le testament de son frère E^uivat. Guillaume réclamait le tiers des biens contestés comme fils unique de Pétronille de Montfort. Mathe s'étayait de la coutume de Gascogne qui à défaut de mâles appelait toutes les filles et à ce titre demandait le quart du Bigorre. Enfin Mathilde soutenait que la vieille Pétronille avait donné du consentement d'E^uivat la . moitié du Bigorre à Alix sa mère et à ses enfants, lorsqu'elle la maria

(1) Marca liv. 9 ch. 13.

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en secondes noces à Raoul de Courtenai. Ces diverses prêtée lions et les débats qu^elles amenèrent aidèrent à la l<?nietir des juges qui ne clierchaient qu'à laisser 1« plus longtemps possible le comté entre les mains de rAogleterre. Leurs lenteurs dégoûlèreot Constance. Se vojraut teuve et sans enfanta, die céda le Bigorre (I) k Marguerite de Foix sa sœur bien-aimée, en se r^rvant le pays de Rivière eL de Mai^an; et dans le cas où elle serait troublée dam la possession des dûtnâia^ qu'elle cboisissait ^ elle devait avoir la seigneurie de &t-Caudens et le Nébousan.

Hak le roi d'Angleterre ne devait pal jouir longtemps d'une séquestration peu loyale {*). Le parlement de Paris annula la cession faite à son père par Téglise du Puj, et atiéantit ainsi ses prétentions. Constance rentra alors en possession du comté et l'administra deux ans, La reine de France née sur le trône de Navarre, invoqUAtlt la cession faite à Tbihaut de Champagne son

fi) Mafc«, Ut. 9 chAp. 13. — Chartier du Sémloaire , iovcntaire I du tit. d« Pau.

{*) S*it faltâlten croire deux documeDis que Tou irou fait jadis au hJMiij de Pau , rareheTè^iiio d'Âucb et la mélropule élùvatit des [ prtentiouf que f îen ne justifie auraient alocs dispaié l'hommage du Bîpjffe à Vé^lm du Puj et au roi d'Angleterre. PhUippe-le-Bcl, à qui I le pfélal et bs chanoineB en auraient appelé, aurait jugé en faveur de I r^tbêd^Auch (mnî l2»l). EnÛn ceiagumeni aiiaqué à ma Lourau- I rdilété etinlirmé plus tard et Constunce, retenue à Mon i-de -Marsan Vfn usm maladie^ ourait chargé Boger- Bernard son beau-frère de r à tiolrc métropole l'homuiage onlouné par le roi de France. «liôQ Lloii^ tomes 11 et 12 à la liibtioihèquc royale de Paris. Nom douille cette cotlecLiou que ne us citerons déâortuais a&seï Dl, Dwîi U plupiirt des origfnaui ont été perdus et on ne peul \ TérlUer t'a ui lien tic Ué. Quelques-uns portent des tr.tcei évl idefuppositbnoud'iitLerpoUlîon. Le iv^^siècle iurtout compta f âc nombrcut faussaires. La procuralioo de Conslafiee ne aous parali , rien mûïm quAUtlicatiqur.

père par le dernier comte de Leycesler, se uiit aloi's ouvertement sur les rangs. Elle avait provoqué le premier arrêt. Elle en obtint un second quj ordonnait. la séquestration entre les mains de Philippe-le-Bel son mari. Jean de Long-Perrier lieutenant d'Eustache de Beaumarchès fut commis ^ur la faire exécuter. Le cliâteau de Lourdes avait toujours demeuré sous la domination de la maison de Navarre depuis que Leycester lavait livré. Tout le reste du Bigorre reconnaissait les lois de Ck)nstance. Long-Perrier le réclama au notn de son maître. En même temps il défendit aux états assemblés dans Téglise de Séméac d^obéir à d'autres qu au chapitre du Puy. L'assemblée n'accueillit qu'avec la plus grande froideur cet acte de prétendue suzeraineté. Arnaud-Guillaume de Benac abbé de St-Pé de Générés qui la présidait prit la parole (1) et représenta avec fermeté au conmiissaire que les états avaient reconnu G)nstance pour leur légitime comtesse et qu'ils lui avaient prêté serment de fidélité. En même temps il forma opposition à la procédure et en appela de vive voix à la cour de France. Les états applaudirent au discours et à la démarche de leur président. Constance qui était dans l'assemblée se joignit à l'abbé de St-Pé; mais toutes ces résistances furent inutiles. Le commissaire réitéra aux états l'ordre d'obéir au chapitre du Puy et défendit à Constance de s'y opposer.

Long-Perrier alla ensuite au château de Vie. Le comte de Foix qui avait accompagné sa belle-sœur s'y était rendu non pour en appeler aux armes, mais pour invoquer le droit. Dès que le commissaire l'aperçut, il

(1) Chartier du Séminaire d'Aucli. Inventaire des titres du Chapitre de Pau.

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eatra en foreur, et sans respect pour le noble sang qui coulait dans ses veines, il le saisit par les habits, le mit hors du château (1) et fit planter au haut de la tour les bannières du roi , et de Téglise du Puy. Ainsi fut traité près des états qui soutenaient sa famille le descendant des comtes de Foix , le gendre de ce Gaston qui aVait abaissé devant lui la majesté de la couronne d^ Angleterre. Nul bras ne se leva, nulle épée ne s'agita pour venger la dignité comtale si indignement outragée: tant la royauté avait grandi en peu de temps , ou plutôt , on vit alors ce qu^on remarque si souvent dans notre patrie ; le Français si fort , si mâle sur le champ de bataille, en face d^un ennemi avoué, oourbe sa tête devant les moindres apparences de légalité. Cette brutale énergie arrêta toute opposition. Long-Perrier put ensuite arborer à son gré ses bannières à Tarbes, à Bagnères, dans la vallée de Lavedan et au château de Mauvesin. Toutefois les états n'abandonnèrent point Constance. Ils se réunirent de nouveau à Séméac le 9 octobre 1 292. Jamais rassemblée n'avait été plus nombreuse : on y vit (2) Raymond- Arnaud de Coarrase évéque de Tarbes, Arnaud Guillaume de Benac abbé de St-Pé, Auger de Benac abbé de l'Escale-Dieu, Fortaner abbé de St-Sever de Lavedan, Pierre de Gavarret commandeur de Bordères, Raymond Garsie de Lavedan, Pierre d'Antin, Bos de Benac, Bernard de Coarrase, Thibaut des Angles, Arnaud-Guillaume de Barbazan, Arnaud-Raymond de Castelbajac, Americ: de Bazillac, Peregrin de Lavedan, Bernard d'Asté, Raymond Arnaud de Cuguron, barons; Raymond

(1 j Marca, liv. 9 chap. 15. — (2) Chartier du Séminaire.

d'Ossun, Pierre des Angles, Pierre de Gastelbajac, Auger de Loït, Garsias-Amaud de Ville-Pinte, Guillaume Garsie de Tusagnet, Pierre de Begolle, Raymond-Arnaud d'Ârsizans, Gaultier de Lacaasaigne, Bernard d'Artaignan, Pierre de Domec, Auger et Gaston d^EIsièle , Pierre de Bisquers , Guillaume Arnaud de Barbazan, Pelegrin deCoarrase, Auger de Balanbit, Amaud-Guillem de Roède , Bernard de St-Paul, chevaliers; Arnaud de Bëon, Bernard de Gistelnau, Auger de Domec, Foie d^Ozon, Arnaud de Beussens, damoiseaux, tous composant la cour du comté de Bigorre. Ils rédigèrent une supplique où ils constatèrent les droits de Constance, et conjurèrent Philippe-lé-Bel de lui rendre )ustice. Cette requête n^eut pas plus de succès que les précédentes; Philippe-le-Bel loin de Taccueillir fit enquérir en 1 300 sur la valeur des fiefs et arrièrefiefs du comté.

Le commissaire Jean Fronton procureur du rài en Agenais partagea (1) le Bigorre en six bailliages ou vigueries; en même temps il constata les revenus du comté ; ils s'élevaient à sept mille deux cent trente-neuf livres Tournois (*) : et si on y ajoutait pour le pays de Rivière trois cents livres Morlas ou neuf cents livres de France, on aurait huit mille cent trente-neuf livres pour le Bigorre entier aux premiers joiusduxiv^ siècle.

En 1301 quand renquête eut commencé, Philippe confirma les coutumes que Centule avait jadis accordées aux villes du Bigorre, et quatre ans après par de nouvelles lettres patentes adressées comme les premières au sénéchal de Bigorre , il lui enjoignit de faire jouir

(1) Marca, liv. 9 chap. 15. Manuscrit du;Séiiiinaire . (*) Voir la noie !'« à la Un du volume.

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les iiabiunt$ de tous les privilèges dotil ik jouissaient lorsque le comté fut placé sous sa maiti. Il voulait par ik faire oublier Cônstimce et les cxïmtes particulier»* En même temps il cherchait à légitimer cette possession eti acbetMTit les droits de rëvèqtie et du chapitre du Ptaj. Ceux-ci, voyant que le haut domaine dont les lYait investis les deux derniers arrêts n'étaient que de Tains honneurs assez précaires , cédèrent leurs prétentioiis au roi en échange dVne rente de trois cents livres. Philippe avait déployé dans cette affaire la rapace légalité qui le distinguait; et qujind il eut triomphé, il prit hautement le titre de comte de Bigorre qu'il transmit ensuite à Charles son second fils.

Gaston vicomte de Béam vit à peine le commenceeDent de cet interminable procès. Il s était ému avec toute l'Europe de la captivité du prince de Saleme tombé au pouvoir d^ Alphonse d'Aragon et devenu dans les fers roi de Sicile par la mort de Charles d'Anjou «m père. Le ppe et le roi d'Angleienrei beau-frère du ciptif , s'intéressèrent surtout à sa délivrance* Le moisaji|ae anglais (i) s'aboucha d'abord dans la ville d'Ole- Pôn avec Alphonse successeur de Pierre t ils curent une seconde entrevue à Campfranc dans les gorges des Pyrénèes^ Edouard obtint enfin la délivrance de soti beau-frère , mais à des conditions assez dures qu'il dut fatre jurer (2) par les communautés de Bordeaux ^ dû Bijumie^ de Dax^ de Lectoure, deCondom, de Bazas^ delbrmande et de L*i Réole; et comme si ve n'était pea mes de ces garautt^, il s'engagea k livrer comme otages m roi d'Aragon quarante notables bourgeois choisis

(l}llarai, liv. 7 ch»|j. 28. — (2) Ryoïcr, tom, l'^s pon rtrfia, I et mh.

dans ces villes et trente-six des principaux seigneurs de sa suite , parmi lesquels nous distinguons Gaston de Béara , Arnaud de Cironde , Arnaud de Marmande , Pierre de Castillon, Roger de Lamothe, Arnaud de Gavaston, Guillaume de Pins, Seguin de Mauboui^et, Guillaume de Savignac, Bernard de Bidanos, Amat de Gayrosse, Etienne frère du vicomte d'Orthe, Raymond Robert vicomte de Tartas , Amanieu d'Albret, Fortanier seigneur de Lescun, Pierre de Grailly, Arnaud d^Asté fils du vicomte d'Asté^ Guillaume de Seguin seigneur de Rioms et Gaston vicomte de Fezensaguet. Celui-ci ne fut pas livré, on.ne sait trop pourquoi, et un autre lui fut substitué.

La Communauté deCondom (1) se réunit sur la place publique le 25 novembre 1288 et désigna quatre de ses membres, Guillaume Mothe , Pierre d'Agen, Géraud d^ Argentan et Bernard-Guillaume de Cassaigne pour offrir leur garantie au prince espagnol et jurer sur leur âme qu'ils feraient tous leurs efforts afin d'amener Edouard et le prince de Salerne à remplir les clauses du traité. La délibération eut pour témoins Othon de Lomagne , Arnaud-Bernard de Preschat ou Preyssac, Géraud d'Escatalens, cbevaliers; Géraud de Cazaubon , Gaillard de Preschat , Pierre Baqué , Jean Rancé, clercs, et Géraud , avocat La Communauté de Lectoure (2) s'était assemblée quelques jours auparavant dans l'église du St-EIsprit et avait nommé Bertrand de Calvet, Arnaud de Romans , Pierre dit Palisse et Pierre de Car tous les quatre bourgeois. Les Communautés de Dax et de Bayonne se réunirent dans

(1) Marca, liv. 7, chap. 28. Rymer, lom. i. —(2) Idem.

le cloitre de leur cathédrale. A Dax le choix (4) tomba sur Gaillanme-Raymood de Francès, Jean de Labache, Bernard de Pouillon et Jean de Cabanet^; et à Bayonne (2) sur Auger deGavarret, Pierre de Ville, Arnaud de Salvagnac et Guillaume de Martre.

Le roi d^Angleterre fut si satisfait du zèle que le vicomte de -Bëam avait déployé dans cette affaire que dans le séjoiu* assez long qu'Edouard fit à Condom (3) avec toute sa cour, il lui rendit le 21 avril .1289 le château de Castillon dans le Vicbilh dont il s'était emparé. Le 1 1 juin suivant se trouvant à G)ndat près de Lectoure,il lui abandonna, sa vie durant, le château de Lados en Gascogne avec toutes ses dépendances (4). Edouard passa trois ans entiers sur le continent occupé à rétablir la paix entre le$ princes de la maison de France et la couronne d'Aragon. Pour reconnaître des soins si peu ordinaires chez les souverains de la Grande-Bretagne, Philippe-le-Bel paya enfin à Edouard la rente de mille livres qu'il lui avait promise par le dernier traité, et qu'il devait asseoir sur une terre du royaume. Il lui abandonna le comté de Gaure (5) dont il se réserva toutefois la suzeraineté. Jean de Lamothe châtelain du St-Puy, par ordre de Raoul de Nesle connétable de France, remit les defs du château du St-Puy et de la ville de Fleurance à Gausbert abbé de St-Maurin diocèse d^Agen et à deux autres commissaires délégués par le monarque anglais. Cet acte de tardive justice eut lieu le 29 avril 1287. Eldouard repassa enfin

(l)llarca, liv. 1, chap. 30. R^mer, tom. i. —(2) Froissart, tom. 3 , cbap. 7. Coll. Brequigni^ tom. 7. — (3) Idem: — (4) Idem. — (5) llôtel de ville de Lectoure.

la mer, mais avant de rentrer dans son il^ il parœurut r Aquitaine. Il arriva à Ciondom le plus tard le 2i février 4289.

Un de ses premiers soins fut de confirmer la fondation du couvent de Prouillan (1). Ce couvent venait d^étre doté par Diane de Contant (2) qui fit jeter en 1280 les fondements de Féglise et du monastère, Aiais elle mourut avant que les ouvrages fussent achevés. Sa mort n^interrompit point les constructions et vers la St^Michel 1283 on y introduisit treize religieuses sorties de Prouille ou Prouillan célèbre monastère bâti dans le Languedoc par St-Dominique durant la guerre des Albigeois. Cest sans doute à cette ciroonstanoe ((tt^est dû le nom qui fut substitué au nom primitif de Bontvert

Les seigneurs de Fimarcon disputaient à Othon de Lomagne la justice haute et basse dans leurs châteaux. Le rûi ordonna une enquête (3) où parurent Bernard de Fouroès, Arnaud de Pouy, Peregrin de Cazaux, Bernard de Berrac , Bertrand de Labat , seigneur de Lasbouzigues, Arnaud de Roquepine, Othon de Lisle- Bouzon, Arbert de Coyne et Céraud de St-Orens, qui txms déclarèrent qu^Othon avait jusque la joui des droits qu^on lui contestait sur Berrac , St-Mézard , Si-Martin de Cojme , Laroque , Pouycarregel^ird et Roquepine. Aprte une pareille déposition, la sentence ne pouvait être douteuse : mais le prince la prononça ailleurs. Il quitta Condom le 5 ou 6 mai, passa à Leetoure et s^y arrêta dans un château voisin nommé

(1) Rynier. Collection Brequigni, toro. 7.— (2) Monuscrft de M. Lagutère. ^ (3) Collection Brequigni, toro 7.

Goiklit (1)« n j nttiiui un accord passé entre ïeê habitants de Cûndotn ^t Bf rnar^l de Monles^un.

Ceini-ci s^^tant déclara pour Géraud comte d'Anna* gjtiac contre les Condomois avec lesquels Géraud ëtaii dom en guerre, les Coodoinoîs allèrent aitaquer le château de Montiistnic près de Fleurance appartenant à B^oard ; et après y avoir blessé et même tu4 quell|Qii-ltfls de cëïïx qui fôfajaient de le défendre^ ils j ntirenl le feu et le réduisirent en cendres. Bernard usa de représailles. La lulte fut longue ; mais après quinze ans de liolences on transigea et on plaça (2) la traunctloii sotis la garantie du roi d'Angleterre. Quatre lour& après, 24 mai 1289, Edouard donna la baylie de Mai|^a§ (3) Â Géraud de Lauibert el la baylie de fleurancè et de Pauîllae à Pierre de Gousene en chargeattt ces deux seigneurs de payer h Tévéque de Lec-

are, le premier vingt-cinq livres et le second cinq

il quatre-vingts livres. Quand il eut touché le sol de U (vrande-Brctagne, il n^oublia pas Fleurattee. Il ivrdotina à ses officiers de délivrer à ses habitants les Kimin^ qulls sollicitaient pour clore de murailles leur ville ouverte jusque là à roppre^on et au pillage (*).

Les glaces de 1 âge n'avaient pas éteint chez le vicomte

(l)€ci]kçlion firequi^i* loin. 7. R|mi!r , lom. 1. — (3) CoUecikm BrcqnJfui, loin. T. — (2) Idem.

(*) Par qiiciqucf antres acleft mcntioanés û»m Renier, tom. 1<^% ou éùi la eoUeclian Vrequîgnî, tom. G, T et 8, Edonari) nomma CNfoa de ^ ItolirîiCifd habStânl de Fleuroitci? goaverneur du St-Puy et de lotit jfi de Gnurc aui ga§{îs de quarante li vrei Tournoie noirs. Il écrn ai biibf uuu de Sl-Clar qu'El leur avait donné' pûur premier iMiilty àratlul-lefiutrd de PrcisMc âéjh i^riind bai II)- de LomngjK : celte imifillr clltrit fakii à Araaud Bernard ebquânte livres Dnrde- Uîtet.

de Béam Tamour des combats. II se joignit au roi d'Aragon et entra avec lui dans la Castille. Les deux confédérés y remportèrent une victoire éclatante dans le mois de juillet 1289; mais Philippe-le-Bel, étant accouru au secours du • phnce attaqué , empêcha les vainqueurs de profiter de leurs succès. Gaston rentra alors dans le Béam et se retira au cliâteau de Sauveterre où il ne tarda pas d'être atteint d'une maladie qui le conduisit bientôt au tombeaji. Il mourut le 26 avril 1290 et fut enseveli en V église des Frères prédicateurs moult solennellement à Orthès et là verriez conune il fut grand de corps et puissant de membres^ car en son viuant en beau leton il seJîtJbrTner et tailler (i). Sur sa tombe on fit élever une chapelle qui fut consacrée à la sépulture des vicomtes de Béam et enrichie de leurs bienfaits. Aujourd'hui ce St-Denis de nos souverains, ajoute un écrivain Béarnais, n'est plus qu'une masure exposée aux injures des passants, et les cendres de Gaston reposent sans honneur.

11 fut moult vaillant aux armes, dit Froissard; mais quoiqu^il ait passé presque toute sa vie dans les combats, néanmoins il se mêla de législation {*) plus quW ne l'attendrait d'un esprit aussi actif et aussi ami des combats.

Gaston avait prévu les divisions que sa mort allait porter dans sa famille. Déjà en <286, voyant que sa fille aînée s'était vouée à un veuvage éternel , il avait donné le Béarn (2) à Marguerite sa seconde fille, en retirant de ses mains le Bmillois, le Gavardan et les

(1) Froissart, tom. 3 chap. 7.

(*) Voir la note 2« à la fin du volume.

(2) Marca, liv. 7 chap. 30. Inventaire de Pau.

terres d'Espagne. Il était stipulé expressément que le B^m et le comté de Foix seraient désormais irrévocablement unis. Marguerite et Guillemette , émancipées a cette occasion, souscrivirent à ses dispositions aussi bien que G)nstancé. La comtesse d'Armagnac n'avait pas donné son assentiment, mais elle promit au moment où son père partait pour Tf^pagne, d'avoir poiur agréable tout ce qu'il statuerait touchant le partage de ses terres tant en deçà qu'en delà des Pyrénées. Guillemette se lia par les mêmes promesses que sa sœur. Malgré ces promesses, toutes les précautions précédentes ne rassurèrent pas Gaston. Sur son lit de mort (1), il rati6a les dispositions déjà faites en faveur de Marguerite , il légua à Mathe le Bruillois , le Gavardan et l'Ensan (Eauze et Manciet) et à Guillemette, Moncade, Gistel-Viel , et les terres de Catalogne. Constance conservait seulement la jouissance de quelques-unes des seigneuries assignées à ses sœurs.

Bernard d'Annagnac et Mathe sa mère espéraient une plus large part dans la succession. Aussi Arnaud évéque de Lescar, Gaillard évéque d'OIeron, Assius de Navailles, Arnaud de Jaces et Arnaud d'Anguis exécuteurs du testament de Gaston ayant, comme le portait une des clauses, sommé Mathe de jurer qu'elle l'observerait, la comtesse s'y refusa hautement en présence de Guillaume d'Andouins, d'Arnaud de Gerderest , de Raymond de Miossens et de Peregrin de Lambert (2). Bientôt elle prétendit que l'acte avait été falsifié par le comte et la comtesse de Foix. Quelques auteurs ont écrit que Mathe avait d'autant plus de

(i) M^rca , liv. 7, chap. 30. Invent, de Pau. — (2) Collection Doat, tom. 11.

raison de se plaindre, qu'elle était aînée de Marguerite, et qu'ainsi elle avait été déshéritée par son père. Froissard renseigne formellement (1), et en indique même la cause. Voici son récit que le bon chroniqueur prétend tenir du chevalier Espaing dit Lyon.

Gaston seigneur du Béam avait deux filles dont il donna par mariage Talnée au comte d'Armagnac qui pour le temps estait et la maisnée, la seconde^ au comte de Foix qui neveu étoit au roi d'Aragon ; et encore en porte le comte de Foix les armes, car il descend d'Aragon et sont paillées d'or et guelles, pallées d'or et de gueules. Si advint que ce seigneur de Béam eut une dure guerre et forte au roi d'EIspagne qui pour ce temps estoit, lequel vint parmi le pays de Bisquaye, ii grand gent, entrer au pays de Béam. Messire Gaston de Béam, qui fut informé de sa venue, assembla les gens de tous les costés là où il les pouvait avoir et écrivit à ses deux fils le comte d'Armagnac et le comte de Foix qu'ils vinsent à toute leur puissance servir et aider à défendre sa terre et son héritage. Ces lettres veues, le comte de Foix au plustôt qu'il peut assembla ses gens : et pria tous ses amis, et fit tant qu'il eut cinq cents chevaliers et écuyers , tous à heaumes , et deux mille ^arlets à lances, et à dards et pavois, tous de pié, et vint au pays de Béam ainsi accompaigné pour servir son seigneur de père, lequel en eut grande joie , et passèrent toutes ses gens, au pont d'Ortais, la rivière Gave et se logèrent entre Sauveterre etl'hospital, et le roi d'Espaigne, qui avait bien vingt mille hommes , estoit logé assez près de là. Messire Gaston de Béam et le comte de Foix

(1) Froîssard, tom. 3 chap. 7.

151 LA CiJiiCDCHE. 49

"■Sondaient le eûQite d'Arasaigna^ï ci niidôic^nt qifîl deusi venir et rattendirenl iroi^s joui^. Au qualnènir jour, le oorntç d'Armaignac envoya ses leltri?^, par un héraut à Messire Gaston de Béarn : et lui miindait qu'il n y pou voit venir et qu'il ne lui <^on%'eiimt pafi eiicorr M rmer pour le pays de BéaniT et quil n'y avait riem, QuauMi tnofiire Gaston ouyt ces nouvelles dexcnsanci* et vil fpi'il ne seroil point aide ni ronlbrlé du rosti^ d'Armaignac , sy fut tout ebahy . et demanda roii?^eil au comte de Foiie, et auK barunFï de Béarn commenl il

, 10 fûftîftli endroit. Mon seigneur (rlit le comte de Foix) ! nous sommes cy assemldi'^, nous irons conrdïaltre vos eunetnis. Ce conseil fut tenu. Tantosi s armèrent et ordonnèrent leurs ^ens : leiwjuels eitoient environ douse œnts hommes à lie.au nies, et six mille liommei» de piu. Le comte de Fot% prit la première bataille, et S*€ft vint courir sur le roy d'Espaignc, et ses gens, en letirs logis : et ïh eut jurande I lataille et félonne, et morts plus de diK mille Ë«>pai^nols : et pni le comte de Foik le lîls et le Irère du iw d'Espaigne , et les envoya devers son seigneur, mcssire Gaston de Bekirn tpii estoit «!ii arrière-garde, et furent là les Espaignols si dtkxjnfils^ que le comte de Foix les chassa juMjues nux pcirtes tleSt-Adrien en Biscaye^ et se bouta le roy d'Kspni^ne imlabbaye, et vesiit Thabit dan moine, autrement il eut esté pris et se sauvèrent par leurs vaissaux ceux qui sauver se pureuL A donc le comte de Foix retourna devers monseigneur Gaston de lï<>am quy lui tit grande chère et bonne, et ce fut bien raison, c^ir d loy avoit sauve son honneur, et garde le pysde Béarn. qui eut esté perdu. Pour cette bataille et cette déconfiture que le comte de Foi\ fit eu ce temps sur les Espai-

gnols, et pour la prise quHl eut du fils et dû frère du rgy d'Espaigne, le roy vint à paix envers le sire de Bëarn ainsi comâie il la voulut avoir, et quand messire Gaston de Béarn fut retourné à Ortais, prësens tous les barons de Foix et de Bëarn qui là estoient, il prit son fils le comte de Foix et dit ainsi : beau fils, vous estes mon fils bon, certain, et loyal , et avez gardé à tousjours mon honneur, et Thonneur du pays. Le comte d^Armaignac, qui a lliisnée fflle des miennes s'est excusé 4 mon grand besoing et n'est pas venu défendre ni garder mon héritage, où il avait part. Pourquoy je dy que telle part qu'il y attendoit il la forfaite et perdue, et vous hérité de toute la terre de Béarn , et prie, vueil et commande à tous mes habitants et sujets, qu'ils scellent et accordent avec moy cette hérédité, beau fils de Foix que je vous donne. Tous respondirent : Monseigneur, nous le ferons volontiers. Ainsi ont esté, et par telle vertu que je vous compte, anciennement les comtes de Foix qui ont esté comtes et seigneurs du pays de Béarn et en portent le cry , les armes et le profit. •

Mais ELspaing se trompait ou il trompait Froissard en faisant naître Mathe avant Marguerite , et ce n'est pas' la seule erreur que renferme le récit du chroniqueur.. Marca ne laisse aucun doute sur l'ordre de la naissance de Mathe. Un arrêt de Philippe-le-Bel l'appelle expressément la troisième née du vicomte de Béarn, tertio genitam {i). Le comte d'Armagnac ne se contenta pas d'exhaler son dépit en vaines protestations. Il plaça ses droits sous la sauve-garde de son épée; il en appela au jugement de Dieu et provoqua son ennemi

(1) Marca. liv. 8,chap. 29.

DE LA GASOOGNEt 51

en champ clos* Maigre la disproportion d^àge et les liens du ^îig, l^i provocation fut acceptée et déjà les denx champions sVtaient élances rnii sur Tautre; Bernard m^'Oie, s'il fallait en croire un manus* rit {i) dont fi partialité n est pas douteuse^ aurait été déjà renversé, lorsque le roi de France, qui présidait à la lice jeta, k la prière du comte d'Artois, s^i bagxiette dans Ta rêne et mil fin au combat, se réservant le jujojement de cette affaire. Le ooïute de Foix sfiUicita peu de jours après I et oblitit (2) de lui une déclaration par laquelle Phi- I lippe attestait que sa démarche n'avait pas eu pour l but d'infirmer les droits d'aucun des deux concurrqpts. I Celle déclaration eût été complètement inutile, si le comte de Voîn eut remporté stir soa neveu Favantage que lui prête le manuscrit,

Guillcmeite, la demièreûllede Gaston^ neprit aucune I prt aux dirrérendsqui divisa ient ses deux sceurs. Elle l'îtiitlissaît déjà de la terre de Rivière qui lui avait été î avec quelques autres domaines pour sa part de rita^e maternel; mais elle eut besoin de vingt mille soU Morlas, Elle, les emprunta au roi d* Angleterre, et • en nantissement de cette sr»mme elle lui enj^agea sa ^ terre Dès que cet arrangement eut été conclu (3) le liéaéchiil d'Aquitaine convoqua k Caste) nau la cour de [Biricre el jura le premier au nom de son maître d'ob- I server les fors et les coutnmes du pays» Après avoir m reçu le serment de leur uouvea u seigneur, Arnaud [de Peyrusse, prieur de Maubourguei, Arnaud de Ca- [ifucitufi, sous-prieur de Madirau, Centule de Trou-

Biluie cilé par D. Vatt^ctle. ^ (2) Mnrca , chap. crié pnr !»* ^ p, m.— f 3) Collfclioii 0«<il loin. 2.

cens , Bernard vicomte de Rivière , Carsie - Arnaud d'Antin, Jourdain de Canet, Garsie-Arnàud d^Antîn, Garsie- Arnaud de Pujols, Pierre de St-Lary, Fortaner de "Baulat, Jourdain de Lafitole et Bernard de Mont lui rendirent hommage pour tout le temps que rengagement durerait. Ce temps fut assez court. Peu de mois après la mort de son père, le 28 août, GuiUemette épousa (1) Finfant don Pierre d^ Aragon, frère du roi Jacques II et trouva dans cette riche alliaace la somme que lui avait prêtée le roi Edouard. Elle demanda alors à rentrer dans la possession du domaine qu^elle avaiC aliéné , mais pendant qu elle était tout entière au bonheur de recouvrcTr ses anciens vassaux, la mort lui ravit son épOux avec lequel elle avait k peine vécu deux ans. Ce malheur la dégoûta deThymen, et à l'exemple de Constance sa sœur ainée, elle se voua à un étemel veuvage.

La maison de Foix, jusque là assez retirée dans les montagnes ou occupée à s'agrandir vers les Pyrénées EIspagnoles, se plaçait maintenant à la tète des familles com taies de la Gascogne. On s'cnipre^a de rechercher son alliance. Jourdain V, seigneur de Tlsle-Jourdain, demanda la main de la fillç de Roger Bernard pour son fils à peine âgé de huit ans, et en vue de ce mariage il Vémancipaet lui donna tous ses biens. Ce Jourdain élait le neveu de Bertrand de Lisle un des plus grands et des plus riches prélats qui se soit assis sur le si^[e de Toulouse ; car il bâtît le choeur de la cathédrale avec les quatre chapelles qui Tentourcnt. Cette dispendieuse construclion ne Tempêcha pas de faire à ses

(1) Marca, liv. 8, chap. 29.

i* moment Jo^ lib^rnlitiis dïcpiipâ plutAi irini F]llitaftl)ue d'un *^\tk[uc (*).

Jouriliiju IV, (l'ère de ce Bertnuid, lui stirvilnrut plus

iliTiriiisituaées^ tjuoic|ue le Pcit Atiselme le fasse inoLirii

*i%;iiit 1 chèque de Toulouse, Il appela les Frauciseaiti^

.1 risle-Jourdain et leur donna un emplaceaaent [M^ury

I Ltiïiâiruire un niariasit're. Il avait épouse d'abord Faj-

I dide de Cu Afin bon dont il eut ou ire sou sucx:esseiir\,

Iridié qui epcmsa UerLrand seigneur de Ca uni ont el

iM^rgiMisrite mariée à Gay de Cunimi tiges* Aprèts la

linort de Faydide, Jourdain épousa Vaquesje de Mon-

/*) BifLraind Ugu^ um mtiUituiIt; d'oriKûnentEt saccrJotaut el milk' tuiHcei di.* V(?rmt«il du pids li'tm nuire duteuii aui églises de la prg- ] vince dr! iVarLHjmie^ à lâqut^ltc app^irii^nait lu uiCtrupolu dctuellt* dt; ^ iliir» simple Buffra^nte^ et aux abbayes de ftrandselve, de l«i df^ MéUqMïrcbe. Il Jts^îgXLâ une somme d'argent pour eur sit ctifvalîcr^ servir dan& ta Terre^SniuLi' pendaiil un an, et dei^ ] hwh pour babiller mîtl» pauvres et m^mf plusîeurs fdles. il fit j éiifen dtitref legs pour cent vinKi mïUe li vfe!> Toiirnnts el iaslitua pour Lh» bé^tlier§ les é^li^«, 1e& oiootiltèreâ el les pauvres de ^ort diocèse I et di? ia province de Xarbunue^ H numma [mm cxéculeurg leslamcD- I lairei soti frère et wn neveu, et voulut être enterré dans le elueur d»? I b ejiibédfaN' où sa familie lui fil doer un lombeau de cuhrc porté l|iif fjtialre lions de mi^me métal, n^ais te mausoU^ fut cunsunié dans I feinbra semé rit que subk celte église en 1607. Avant Bertrand de \ les évoque» de Toulouse avaient leur sépulture dans la basilique ^StTutn. Bertrand mourut à la Gn de jaAvter 1285. iraprèf son neni qui nous a été e^ïûservé, on vuit i|tie sa maison était compor é& d^u^ tiereiou djapelaînt^ de quatre damoiseaui ou ^entllâ- «« duuie écujers, irob coureurs, divers fourriers el cuisiniers. Ih d^n gr«nd nombre de bas ofïïeîers. 11 a y ail trois médecins et tm ||coêataeitr ^s-lois k ses gages. 11 possédait trois bibliothèques, la prede droit civil, laseooodede droit canon et la iroiâième de gw. Son argenterie vendue après sa mort monta à plus de milb? Id'ifgént, Au sein de lani d'opulence cl sous tant de monceaui % le* vcrluîi dcà grands diÉ^nitaîres de 1 église loin de hrflîer d'un , |dii» vif écUt. s celipsent prévue loujours.

54 fllSTOlIlE

teil-Adhemar veuve de Pierre 1*^, vicomte de jjautrec^ De ce second mariage naquit Bertrand qui eut pour sa part huit cents livres Tournois de rente, s'unit à Assalide de Bordeaux et mourut avant Fàge de vingt-cinq ans sans postérité. Sa succession se partageait en 1304 et sa veuve se remariait en 1307. Après Bertrand vinrent Jeanne épouse d'Amalric, vicomte de Narboupe, Tiburgedame de Pybrac, mariée d'abord à Gauthier du Fossat seigneur de Bram chaque et ensuite à Bernard troisième comte d'Astarac, mais elle neut point d'enfants de ces deux époux et laissa Pybrac à Bernard de Lisle-Jourdain son neveu : enfin Gosseraude, mariée par procureur en novembre 1285 et solennellement dans le mois de février suivant avec Etienne G)lonne chef de Tillustre famille de ce nom dans la Romagne; celle-ci eut pour dot les Inens que son père possédait dans la Calabre et trois mille sols Tournois noirs.

Jourdain V fils aîné et héritier de Jourdain IV était en Italie à l'époque de la moif de son père (1 ). Il chargea Jacques de Bologne d'administrer son comté en son absence. Jacques députa Bertrand de Faudoas, Guillaume-Garsias de Pins, Adhemar et Roger de Mauleon, et Bernard d'Azet, tous chevaliers, et les chargea d'<aller recevoir le serment de fidélité des nombi*eux vassaux relevant de la seigneurie de ITsle^Jourdain. Il possédait déjà du chef de sa mère la vicomte de Castillon et la seigneurie de Cazaubon que le comte d'Armagnac essaya de lui disputer.- Il fit à ce titre en 1280 hommage au roi d'Angleterre des terres de Dunes, de Puyniirol et d'une partie de Fumel dans l'Agenais (2). Dans

(1) Dom Vaissettc, tom. 4. — (2) Rymer, tom. 1, pari secunda.

son bas âge il avait été poussé par ses parents à prendre rhabi t de chanoine régulier dans le cloître de St-£tienne de Toulouse. Il y passa quelques années, sans néanmoins prononcer des vœux. Mais il s'ennuya de cette vie paisible , dépouilla Thabit religieux et épousa le 1 5 dé* oembre 1270 Guillemette de Durfort, dame de Clermont-Soubiran. Le souvenir de son ancien état le poursuivit dans le monde. Il craignit d'être encore lié par son premier engagement qui n'avait pourtant pas reçu la consécration religieuse , et pour calmer les scrupules de sa conscience, il s'adressa à l'évéque de Toulouse son oncle. Le prélat fit examiner laffaire en .1278. L'abbé de St-Sernin, chargé de ce soin déclara/ après un long et mur examen que Jourdain était parfaitement libre et qu'ainsi ses scrupules n'étaient point fondés (1).

Jourdain se repentit aussi d'avoir promis son (ils à la fille de Roger-Bernard , et cherclifa à nouer un autre mariage plus près de lui^ Philippe vicomtesse de Lomagne n avait eu que deux filles d'Elie Talayran VII comte de Périgord, Marquèse ou Marquesie et Heremburge. Celle-ci mourût au berceau et sa mère la suivit de près dans la tombe. A son lit de mort elle donna (4 avril 1286) à son mari (2) la vicomte d'Auvillars et quelques terres dans le G>mminges, et reconnut lui devoir, vingt mille marcs d'argent qu'Elie Talayran avait comptés le jour de leur mariage et qui devaient demeurer à elle et à ses héritiers si elle survivait au comte de Périgord. Malgré cette donation assez contestable, la fille de Philippe n'en éuit pas moins une des

• (i)Cartulaire de TIslc- Jourdain.— (2) L'Art de vérifier les Dates , Inventaire de Pau.

5 G IIISTOIUE

plus riches héritières de la Gascogue. Jourdain recher* cha sa main pour son fils ; mais le comté de Foix ne voulut pas lui cendre sa parole; et plutôt que d'encourir le reproche de foi mentie et de promesses violées, le comte de Lisle renonça à Talliance de Marquèse. Marquèse , de son coté, était entraînée vers le cloître. En 'l 294 elle fut conduite à Toulouse et émancipée en pré* sence de Pierre de Ferrières et de Guillaume de Villele. Eliede Talayran préparait Tacte qui ne tarda pas il s'accomplir. Le 1 mai de Tannée suivante, la jeune vicomtesse confirma juridiquement sous raulorité de Bernard de Lamothe son curateur devant le sénéchal de Toulouse et Tévéque de Basas , la donation faite . par I^hilippe à EUe son père et reconnut que la vicomte de Lomagne lui était engagée pour vingt mille nurcs d argent. Ne pouvant la retirer en payant cette somme, elle abandonnait à jamais à son père tous les droits qu'elle y pouvait prétendre et ne gardait pour elle que Lachapelle et Pouf^. Ainsi dégagée , elle prit Thâbit de Ste-CIaire dans un des couvents de Périgueux et y mourut jeune.

Cependant la noblesse de Lomagne s'assemblait dans Téglise de Castéfa-Lectourois (mai 1294). On y vit accourir Othon de Montant seigneur de Gramont, terre donnée à son père par Simon de Montfort, Sans-Garsie de Manas, seigneur d'Avensac, Arnaud de Pressac, Elie de Léaumond, Gautier du Bosq, Montarsin de Cocumont, Bernard de Serillac, Othon de Bonnefond, Pierre de Lomagne , Boson de Vicmon , Bernard de Vives, Gauthier d'Artiguelongue , Arnaud Guillaume de Mauroux, Barrau du Bouzet, Pons de Loubens ,

DK LA V.kSGOtin'E. ^7

Vital lie Muiii|;aiibfd, Raymond de Seguenville, Bernard de Lamolhe, Gcraud de G» lard el Vital du Broitil. VÊÊÊUsmblêe recontiùt ht cession de Marquèseet prêta Immmage à Elie.

Tmidisque la jeune vicomtesse de Lomagne, cédatii mn& doute aux obsessions dont on a¥nîl entouré sa jeu aemt^ se dépouillait de %m riches domaines, le comte tle Foix unissait Mntlie sa quatrième fille avec Bernard ûh aln^ de Ccnlule comte d^Aslarac. Ces deux derniers s'étaient transportés au château d'Orihès. Là en pfésimc^ de Raymond évéque de Lescar , de Gaillard rvéqtie d Ole l'on» d'Artiaud de N a vailles^ de Boemond [crAstarac, de Roger de Comminges et de Jourdain de |t, CcnUiIe émanci[)a Bernard, lui abandonna son kté et ne se rt^serva que les terres de Miramoiit, de I^bejau , de Castillon et de St-Jean avec vingt mille j Toiimois noirs de rente (dimanche avant la Toussaint \ i294k* Roger Bernard ne donna à sa fille que six mille hjvuss Tournois, Le mariage se célébra aussitôt et le [ lendemain de la Toussaint, Bernard déclarait avoir reçu L d*>t de sa jeune é[x>uj^ et lui assignait le château de Moiitcas?sin jiour'son douaire,

Cetitule ne tarda pas à se repentir d avoir renoncé à rrAslarac; il se plaif^it de s'être laissé égarer par sa I tendresse et cliercha à recouvrer son comté les armes à i la main; mais des amis s* interposèrent entre le père et lie fib. Celui-ci ajouta aux terres déjà |K>ssédé€S par FCentnlc les châteaux de Caslelnau-liarbarens, de Dur» I bin et de Pavie et une nouvelle rente de deux auires tnille livres de petits Tournois. Cet accord fut passe (ai>al i299) danslecbaleau de Caste1n;iu-Bnrbarensct l tnU pour icnjoius^ Otlion de Loimiguv seigneur de

Fimaroou, Arnaud Othon de Lomagne abbé de G>iidom, Pierre. d'Orbessan, Pierre de Montagut, Guillaume-Arnaud de Bas^ordan, Berftard de Respaillès, Adhemar de St- Victor, Bernard de Trencaléon et Foulcaud de Latour.

Avant de marier son 61s aîné, Jourdain V comte de risle, arrêta en 1 287 le mariage de Jourdain son second 61s avec Catherine de Grailly 611e de Pierre de Grailly vicomte de Benanges. Ce n'étaient guère que deux enfants. Aussi les noces furent différées. Elles se célébrèrent à Agen vers la 6n dé 1 299. Catherine apportait à son époux tous les biens que Thalésie sa mère possédait dans la basse Guyenne.

Bernard VII comte de Conuninges avait toujours vécu en bonne intelligence avec la maison de Tlsle- Jourdain. L'évéque Bernard l'avait choisi pour un de ses exécuteurs testamentaires conjointement avec les. deux Jourdains son frère et son neveu. Cette marque de conâance n'empêcha pas Bernard d'entrer en lutte sous cet épiscopat avec le chapitre de Toulouse. Il lui disputait la ville de Lombez. Après quelques débats on s'arrêta à des arbitres. Le chapitre représenté par Sicard de Labarthe abbé de Lombez , un de ses membres, nomma Hugues de Mascaron prieur de Muret , et le comte choisit Fort de Monts. Hugues et Fort décidèrent (1) que le haut domaine et la justice de la ville appartenaient exclusivement au chapitre; que les ha1>itants étaient exempts de tous cens à l'égard du comte ; que celui-ci ne pourrait rien acheter dans Lombez. et que s'il avait à soutenir une guerre personnelle , il ne pourrait y entrer en armes, ni les citoyens se joindre à

(1) Chariier du Séminaire.

lui pour Taider qu'avec rauiorisation de Tabbé; qu'il y aurait échange réciproque entre les gens de la ville et les habitants de Samatan pour les procédures, les dépositions en justice et la mouture aux moulins; que seulement on- pourrait en appeler des sentences de Tabbé ou de ses officiers devant le comte, mais qu'alors celui-ci devrait tenir les assises à Samatan et non à Lombez : la sentence fut portée vei*s la fin de février 1 283 en présence d'Adoa de Saillas et de quelques autres seigneurs. Bernard s'obligeait à la faire ratifier par son fils, et Sicard par le chapitre sous peine de cinq cents marcs -d'argent. Le chapitre donna sa ratification peu de jours apr.ès. Le jeune comte de G>mminges^fit un peu plus attendre la sienne. Il ne la signa* que le <0 avril en présence d'Arnaud de Molière, de Guillaume Carsie de Blanquefort et de Jean de Labarthe, chevaliers. Bernard contestait aussi à Arnaud d'Ornezan quelques droits dont celui-ci prétendait jouir dans sa terre deSt-Blanquat II les lui délaissa enfin et ne réserva que le haut domaine (1277).

Averti par son âge et ses infirmités, le comte songeait dépuis longtemps à abandonner le comté à son fils nommé Bernard comme lui. Quelques obstacles retardèrent Texécution de ce dessein. Il l'accomplit enfin le 2 1 mars 1 295 et écrivit au roi de France pour qu'il l'admit à prêter son serment de fidélité (1). On ignore Tépoque de sa mort. Elle suivit degrés sa <:ession quoique quelques auteurs (2) trompés par le nom de Bernard que portait aussi le fils, la reculent de 17 ans. Cette identité de nom fait confondre les enfants de ces

(1) Dom Vaissette.— (2) L'Art de vérifier les Dates. Grands Officiers de la Couronne.

deux géaératioiis. On a donné au père ceux qui paraissent appartenir au fils. Celui-ci communément désigné sous le nom de Bernard VIII, était depuis longtemps marié lorsqu'il prit en main Tadministration du Comminges. Il avait épousé Laure de Montfort, fille de Philippe de Montfort et de Jeanne de Lévis. Laure hérita bientôt de son père et de sa mère et parugea leurs biens avec Jean et Eléonore de Montfort son frère et sa soeur. Cette.suocession augmenta la puissance de Bernard VIII. E^e devait s'augmenter encore. Jean attaché aux rois de Sicile mourut en Italie sans postérité, mais Laure Tavait précédé dans la tombe et le parlement de Paris jugeant selon la coutume de France adjugea* tous ses domaines à Eléonore la seule sœur alors vivante.

DE LA GASCOOME. G\

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