IT
Phœbus le reste des revenus qui appartenaient à son aïeule.
Jeanne fut alors conduite au château de Lourdes ; mais quoique sa détention fut moins rigoureuse, elle n^avait en réalité que changé de prison. Elléonore et les siens s'opposaient à son entier élargissement. Robert de Foix xevint à la charge. Le vicomte deCastelbon se joignit à son frère. Béranger de Montant archidiacre de Lavedan, conseiller du roi, s'associa à leurs efibrts par ordre de son maître. {Infinie 19 septembre 1347, il fut arrêté que Jea^e abandonnerait à son petit-^ls tout ce qu'elle pouvait réclamer pour sa dot et son douaire, et qu'à la place, Eléonore de Comminges assignerait à sa belle-mère le Nébousan, wSt-Gaudens, Dalmasan, St-Ybars elle Mas-d'Azil. AjDe prix Robert de Foix évéque de Lavaur et Roger-Bernard vicomte de Castelbon pardonnèrent à l'âme du feu comte de Foix leur frère tout le mal qu'il avait fait à leur mère. Jeanne ratifia ces conventions dans le château de Lourdes le 1*' janvier 1 348, après qu'on lui en eut fait lecture en langue vulgaire ou romane. Néanmoins quelques mois se passèrent encore avant qu'elle ne fut rendue à la liberté.
Bernard Jourdain IV (1) beau-frère de Gaston l'avait précédé dans la tombe. Il avait servi avec distinction ainsi que Bertrand son fils dans les guerres de Gascogne. Il fut retenu à quarante hommes d'armes et cent vingtcinq sergents depuis le i 4 août 1339 jusqu'au 21 octobre 1340, où il mourut. Il s'était remarié dix mois auparavant pour la troisième fois. Marguerite de Foix
(1) Grands Orficiers de la couronne, tom. 2, pagre 707.
sa première femme lui laissa cinq enfants, Bertrand le héros de la famille dont nous avons déjà parlé, Gaston mort sans alliance , Jean que nous verrons succéder à ses arrière-neveux, Mathe que son père oiaria au comte de Comminges, et qui fut le gage de la réconciliation entre deux maisons longtemps divisées, et enfin Marguerite qui épousa Arnaud d^Euse vicomte de Carmain^ neveu de Jean XXIL Marguerite de Foix mourut vers 1323, et son mari s'unit presqu aussitôt à Bérengère de Moncade, de Tillustre famille Catalane qui a donné des souverains au Béarn. Bérengère lui apporta quelques terres situées au delà des Pyrénées, mais Bernard Jourdain nen jugea pas le revenu suffisant pour une comtesse de Comminges, et y ajouta un rich|3 douaire qu il assigna sur ses domaines de Gasoo- ^e. Il n eut point d'enfants de cette alliance. Devenu veuf Une seconde fois , il épousa Sedille de Durfort c|u^il laissa enceinte et qui accoucha peu après d'une fille nommée Indie. La naissance d'Indie amena un long procès entre sa mère et les enfants de Marguerite. lie roi de France irrité contre la maison de Durfort c|ui avait embrassé le parti d'Edouard , fit très-mince la part de la jeune orpheline.
Bernard IX (1) comte de Comminges, qui avait «pousé en troisièmes noces Mathe de Tlsle- Jourdain «tait mort avant son beau-père (1 335), et, comme lui, il laissa sa dernière femme enceinte. Mathe ne tarda pas d'accoucher d'un fils qui fut nommé Jean et qui succéda à son père, mais il ne vécut que quatre ans. Jean avait une sœur, Jeanne, à peine un peu plus Agée que lui.
(1) Grands Officiers de la couronne, tom. 2, p. 63f. Art de vérifier In dates, tom. 2. p. 2ri6.
Pierre Raymond 1" profila de sa jeunesse pour s'emparer du comté sous prétexte que c'était un fief masculin, doiit les femmes étaient exclues. Mathe et ta fille trouvèrent des partisans. Elles en appelèrent aux armes^ seule justice invoquée alors dans une pareille circonstance. Mais Philippe-de- Valois qui à Vei^emple de ses prédécesseurs ne négligeait aucune occasion d'étendre ou d'assurer sa domination sur les grands vassaux de la couronne , somma Pierre Raymond et Jeanne de se soumettre à son jugement et fit en attendant saisir le Comminges. La contestation, passée des arm^ devant les tribunaux , s^apaisa enfin par la médiation du cardinal qui ménagea le mariage du fils unique de Pierre Raymond avec Jeanne. Ce mariage confondait tous les droits et conservait le comté dans les deux familles. Le Père Anselme (1) en fait honneur à la {k)litique de Pierre Raymond qui , se voyant dangereusement malade, craignit pour son fils presqu'aussi jeune que Jeanne les chances de Tavenir, et l'unit à la fille deson frère. Dom Clément (2) au contraire rejette le mariage jusqu'après la mort de Pierre Raymond, arrivée en <342 suivant Oihenard ou peut-être en <344. On lui donne pour femme Françoise de Fezensac dont on ignore la famille , puisque la maison de ce nom était éteinte depuis longtemps et qu'on ne connaît pas de Françoise dans les deux branches d'Armagnac II en eut, outre son successeur, deux filles : Eléonôre mariée d'abord au vicomte de Paillas, et ensuite à Gaillard de Lamothe seigneur de Clermont dans le Condomois, et
(1) Grands OfOcicrs de la couronne, lom. 2, p. 634. — (2) L'Art de vérifier les dates» tom. % p. 266.
DF. Ui lïASCOGIiE. 26 f
leâtine renime de Gëraud d'Armagnac vicomte de Feicnsaguet.
AvanI sa mort Pierre Kaymond avait obtenu rémissiori de divers crimes dont il s't^taii rendu coupable depuî« 1 3i 6 jusqu'au mois d'août i 344- Son frère Guy ( 1 ) sujtout avait dans cet intervalle oonimis une în&nité de brigandages* L^Albigeoiâ ou U possédait divers domaines eir avait été le théâtre* Blesser, voler, piller, àétA>uss€r, rançonner tout ce qui lorobait fbus sa main, était un jeu de son âme atroce. Ce n'était même point assez, des larmes et de la douleur ^ il lui fallait le sang de ses victimes. Viu*^i hommes périrent sous ses coups dam U vicomte de Lautree^ plusieurs autres à Girousaeiti et à Ambrer. Les livrées de la religion n'étaient pas plus resp^tées que ta faiblesse de r%e ou le^ gravées de la jeunesse. Deux religieux furent massacrés par lut^ Tun près de Graulet, l'autre auK portes de Parisot. ïl semait de prëféreoce sur les églises et les monastère, L abbaye de Caudels eut surtout à soulïrir de sa rapadtét Peu content encore de cesejtcèSj il s'était ligué ivec les ennemis de TEtat , avait levé de sa propre au* arite des péages en divers lieux ei donné retraite m ! les malfaiteurs^ principalement durant la guerre rdesîi famille cou ire la comn^se de Vendôme, et depuis durant la lutte entre Jeanne et Pierre Raymond pour lequel il avait pris parti.
Malfnré tant de crimes, Jean duc de Normandie Gis de Philippe-de- Valois , pftrdouna à Guy attendu ta bonne volonté et lajaulé que ledit che^tiUer et *oiî lignage avaient toujours eue à son seigneur et à lm\
(1) (tfjads Officifff, tnni. % et |ilu» encore dota Vttismif, toiti. 2 p. nt et Wi.
Jean fit aussi grâce à ses complices à la tête desquels se trouvaient Bernard XI et Pierre Raymond , Amalric comte de Lautrec, Raymond de Martres, Barthélemi de Beaumont, Aymeric de Simorre, Adhemar d'Olon, Arnaud de Galard, Bos de Laroche, Bernard et Bosde Larroque, Bernard de Pardaillan et Gallard son frère, Bertrand de Montesquiou, Géraud de G)urs, Bernier de Castillon, etc., etc. Le roi confirma à Paris ces*lettres de grâce au lliois de janvier suivant. *
Guy de Comminges n en devint pas plus sage, et Tannée suivante le sénéchal de Carcassonne se plaignit au duc de Normandie que Guy, après s'être rendu coupable de divers crimes, tranchait du souverain dans ses terres, empêchait qu'on n'y payât lés subsides au roi, y commettait mille violences. Nous voyons ailleurs qu'il se faisait appeler roi des Albigeois, et exerçait autour de lui une de ces tyrannies de Procuste et de Phalaris dont oti aimerait à croire que Içs maximes humanitaires du Sauveur avaient à jamais purgé la chrétienté. Ce monstre mourut sans enfants, quoiqu'il eût épousé successivement Marguerite de Montheil-Adbemar et Indie de Caumont.
Gaston de Foix avait choisi pour exécuteurs testamentaires les évêques de Lescar et d'Oleron. Le pi'emier était encore ce Raymond d'Andouins (1 ) qui , en i 329, confirma de sa présence et de son autorité le traité conclu sous les auspices du roi de Navarre entre les maisons de Foix et d'Armagnac. Les malheurs du temps avaient appauvri son Chapitre. Il s'adressa au saint-siége pour faire diminuer le nombre des chanoi-
(1) Voir pour tous ces évéques Gallia Christianay tom. 1. Dutemps, iom. 1*.
DE tA GASCÛGftE. 263
lies, Bernard évalue d'Oleron, nommé commissaire, les rédaiâit k quinze ( 1342 ). Nous ne connaissons de ce commissaire que le nom. Il avait en 1342 succède sur Je siège d'Oleron k Arnaud de Valensun aussi Ignoré que lui. Le temj)s o'esl plus où les vieux chroniqueurs ne savaient enregistrer que le5 venus des cloUres ou les aetes des prélats. Maintenant riiistoii'c a déserté Téglise pour les châteaux, A peine peut-elle suITire i raconter les luttes des seigneurs et des rois; nous ne pouvons que glaner dans les diverses cathédrales. Hâtons-nous de les parcourir avant que la guerre ne recommence entre la France et rAnî;leterre, Raytoond d'Ândouins survécut deux ans à Tacie qu il avait provoqué et fut remplacé par Arnaud-Guillaume d'Antlotjins vraisemblablement son neveu, mais certainement son parent.
Le siège de Dax était toujours occupé par Bernard de Liposcoa ou de Li passe » succe^eur de Garsias Arnaud 1", A la mort de celui-ci les chanoines avaient élu Cuillaume de Pouylevaul arcliidiacre de la cathédrale et neveu d'Arnaud de Caupenne. Son élection allait être confirmée pt- Varchevéquc d'Aueh, lorsqu arriva un rescrit du ppe Jean XXII qui défendait daller plus loin et namm§it Bernard de Lipostê^ chanoine de Bayunne et neveu du cardinal Godin, Le Chapitre ayant voulu résister, Bernard lui suscita un procès ruineux (jui réduisit les préhendesà un très-faible n?veiiu et fit même ahandonner quelque temps le service divin. (Je procès n'était pas de nature à lui ramener les cœurs. La froideur qu'il trouvait auprès de lui, rengagea a faire le pèlerinage de la Terre-Sainte,
Après avoir prié sur la tombe du Christ, il avait repassé la mer. Déjà il s'avançait à travers la France. Le Toyage avait été heureux , mais aux portes d'Aleth il tomba entre les mains de Jean de Berthier et de quelques autres brigands qui se jetèrent sur lui et sur ses compagnons, les dépouillèrent sans pitié et les jetèrent dans un noir cachot pour leur arracher une rançon* Clément. VI instruit de celte violence , en écrivit en 1347 au roi de France et aux évéques d'Agde, de Bé* zierset de Maguelone. Cette mésaventure ne guérit pas Bernard de son goût pour les pérégrinations lointaines. Il reprit le bourdon du pèlerin et s'achemina de nou- .veau vers la Palestine (1348) ; mais avant de s'embarquer il se démit, dit-on, en faveur de son compétiteur. Le manuscrit de Dax distingue deux Berhards entre lesquels il place Arnaud Guillaume de Pouylevant. II fait mourir le premier en 1 333 et prolonge longtemps la vie du second ; nous ignorons sur quels documents il s appuie, mais toujours Tun des deux eut quelques démêlés avec les Cordeliers de Dax dont le maire de la ville se plaignait. Bernard se déclara pour le maire et força les religieux à donner la satisfaction réclamée par le premier magistrat. Durant cette période, Dax(1) obtint plusieurs faveurs de TAngl^rre. Le maire et les jurais furent constitués juges des appellations de toute la Gascogne. On confia (1330) aux habitants la garde de la ville sous le commandement d'un gouverneur. On leur abandonna la prévôté avec la justice haute, moyenne et basse de la ville et de la banlieue (1335). Enfin dix ans après fut créée la cour noUe de
(1) Manuscrit de Dax.
Dax coroposced'un président et de do uxeuobles, savoir: les yimmtes de Dax , de Tarlas j d'Orthès el de Marenue, et les seî^ieurs de Balhade^ de Sort, dcBcsîiudues, de Labatut, de PouUhoDf de Montolieu, de Lugas tl de Fa bars.
L'épiseopat de Pierre de Si- Jean (i) évéque de Bajonae^ fui encore plus long que eelui de Bernard de Liposte; oomme Bernard, Pierredev^iitsâ promotiou au eardinal Godin qui, à sa mort, lui laissa (juelques mnnusçrits et le nomma son exécuteur testamentaire* Le roi d^Ângleterre connaissant ses talents et sa dextérité da os les affaires remploya dans plusieurs négociations' En ^34é il le cliargea d'apaiser quelques différends survenus entre des caboteurs anglais et biscayetis ou ciêtiUans. 11 l'envoya bientôt après négotier un traité d'alliance avec le roi de CasLîHe et le mariage du Gis due du prince espagnol avec Jeanne sa fille. La prudence de Pierre deSt-Jean avait récoticilié les caboteursJesdeux uationSf mais leur rivalité s'é tant rallumée trois ou quatre ans après ^ il reçut aussi mission de Vétei cidre. Il réussit encore cette fois; toutefois la réœncdiation dura peu* La cupidité était plus forte que la prudence du négociateur, et malgré les paroles de paiî^ on se disputa longtemps le commerce de la mer de Gâftcogne.
PîerredeSt-Jean siégea près de trente-six ans» Ce long poutific^t fut marqué par un de ces actes de violence dont les annales de cette époque ne nous olTrent que trop d'exemple. Lesciioyeiu de Bajonne étaient divi-
\ tvec 1^ seigneurs du Labour au sujet de l étendue
fl) Pmr tel éyhim et pour les ûéiAih quî suivetu. voif la manu»^ îH! dp HflfoTinr! H kç dent «utenr* fli^j-î f:î«*^f.
delà juridiction de leur ville. Ceux-ci prétendaient qu^elle n'atteignait pas un certain pont nommé de Pradines,et ceux-là soutenaient qu'elle allait plus loin. Les altercations s'envenimèrent, on en vint aux insultes, et des insultes on passa vite aux provocations. Pendant que les esprits étaient échauffés, Pej de Poyanne, maire de Bayonne, est secrètement averti que les Lampourdans sont réunis en grand nombre dans un château voisin. Poussé par les jurats et par la Communauté, il court les y surprendre , en tue quelques-uns , disperse les autres et amène prisonniers cinq seigneurs des plus considérables de la contrée. Deux appartenaient à la famille de Sault, le troisième à la maison de St-Pé , le quatrième à celle d'Urtubie et le dernier à celle de Lehet. Leur sort fut bientôt décidé. Le maire, sans aucune forme de procès, lesTaît attacher aux marches du pont objet du litige, afin qu'à la marée montante ils soient submergés, ce qui arriva en effet. Cette froide cruauté excita la rage Mes Lampourdans. Ils usèrent de représailles et immolèrent à la mémoire de leurs malheureux compatriotes tous les Bayonnais qui s'écartèrent dans la campagne. Ceux-ci furent vengés à leur tour. Le sang coula ainsi de part et dlautre; mais enfin les deux partis se lassèrent de ces violences. L'humanité , la religion et la patrie tout devait crier au fond des cœurs.
On choisit ppur arbitre Bernard Esi sire d'Albret Celui-ci condamna la cité à payer quatre mille écus d'or avec lesquels on établirait des prébendes destinées à assurer des prières aux âmes des cinq victimes. Il la condamna encore à verser mille cinq cents écus d'amende dans les maius des gentilhommes. A ce prix la
paix devait renatt're. Les enfants du maire étaient seuls exceptés de la réconciliation. Les Lampourdans pouvaient les poursuivre, s'ils les rencontraient hors de la ville et les citoyens devaient les abandonner sans secours à leur juste vengeance. Cette sentence parut trop rigoureuse aux habitants de Bayonne. Ils en appelèrent au roi d'Angleterre qui renvoya le jugement de cette affaire au prince de Galles alorâ son lieutenant dans la Gascogne. Le prince modérant les prescriptions du sire d'Albret, exigea seulement la fondation de cinq prébendes et réduisit Tamende à cinq cents écus (1337). On se soumit à cette décision et la concorde s'établit.
Les évéques s'arfétèrent moins sur le siège de Bazas quesur lessiéges précédents. A Thibaut deCastillon avait succédé, en 1319, Guillaume V. Le Bazadois était alors le principal théâtre de la lutte entre la France et l'Angleterre. Les armes de la France ayant triomphé, Bazas et les pays voisins s'étaient soumis à Philippe-le-Bel. Edouard , irrité de cette soumission , fit confisquer les biens de la cathédrale, mais Guillaume en obtint la restitution ; néanmoins il n'osa pas se commettre aux hasards des combats toujours renaissants. II fit gouverner son diocèse par un vicaire-général et se tint constamment éloigné. Son nom n'est plus mentionné dans les archives après 1324. Pictavin de Montesquiou le remplaça. Il était fils de Raymond ^imeric IV, baron de Montesquiou , et d'Alpais d'Ossun. Quoique élu dans les premiers jours d'avril 4325 , il ne prêta serment au Chapitre qu'en 1 332. Lés troubles de la province l'empêchèrent sans doute de prendre plutôt possession de son siège. II s y ^ssit à peine, car il fut transféré l'année suivante à Maguelone, d'où il passa à Albi.
Edouard fit alors nommer Jean de W06C, dWigine anglaise , mais sa nomination ne fut point maint^iue , ou Jean mourut presque aussitôt ; du moins quelques mois après (1334), Gaillard de Farges était incontestablement évéque de Bazas. Il appartenait à cette famille de Farges dans laquelle était entrée la çceur de Clément V , et qui avait donné un cardinal et plusieurs prélats à TÉglise. C'est le même qu'un Géraud que quelques écrivains placent sur le siège de Bazas, en 1340, lorsqu'ils font passer Gaillard à Toulouse; mais celui-ci si^eait encore à Bazas en 1346. Il eut pour successeur Raymond Bernard de Lamothe , un 'de ses {>arents, fils d'Arnaud de Lamothe , seigneur de Roquetaillade et de Langon , et d'Elpide de Goth, petite nièce de Clément Y. Son sacre eut lieu dans la cathédrale de Bazas. Mais il fut retardé par la peste qui sévissait dans le Bazadois , et la guerre que se faisaient Bertrand ^e Lamothe son frère et le seigneur de Caumont. Raymond se distinguait par son savoir. Il composa une chronique qui n'est que la continuation de celle de.Garsias, et n'embrasse que 56 ans, de 1299 à 1355. Baluze l'a employée dans ses notes des papes d'Avignon. L'évéque de Bazas avait un troisième frère revêtu de la pourpre qui mourut à Boulogne en 1 346, et auquel il ne survécut qu'un an.
On varie sur les évéques qui occupaient vers cette époque le siège de Lectoure. A Guillaume de Bordes, que les uns font mourir en 1325 et dont les autres prolongent la vie jusque vers 1330, certains donnent pour successeur un Jean dont l'existence est plus que problématique, et quelques .autres Roger d'Armagnac, depuis longtemps évéque de Lavaur, mais qui ne pa-
raU pas s^â(|i|j plus assis que Jean sur la chaire qu on lui assigne. Peut-être qu'à la mort de Guillaume, Roger, oncle et ancien tuteur c^u souverain de la Lomagne, eut-il quelques voix , et la flatterie aura depuis consacré , dans quelques monuments de Tépoque , Tacte d^une minorité sans efîet. L'existence d'Ârnaud-Guil- ' laume est plus ceftaine. Il appartenait à la famille de Labarthe. Cêst le même Guillaume dont parle un arrangement conclu entre Beraut, seigneur de Faudouas et Bertrand de Faudouas, seigneur d'Avensac son ooch sin. Une transaction passée entre le vicomte de Fezensaguet et les consuls de Monfort sur Texercice de la justice de cette ville, fait aussi mention de lui le 4 août 1346. Suivant Oihenard, il vivait encore en 4349.
Lesévêquesde Tarbes sont mieux connus (1). Ce siège fut longtemps occupé par Guillaume Hunald de Lantal, prélat pieux et charitable qui, sur la fin de ses jours, fut transféré à Âgde et remplacé , en 1340, par Pierre Raymond de Montbrun, issu des seigneurs de Dunes, dans le diq^èse de Dax. Celui-K;i apaisa tme jquerelle élevée entre Arnaud de Tusaguet, abbé de La Réoule , près de Maulxyirguet, et ses moines. Il abandonna plus tard à Tabbaye de St-Savin quelques dîmes qui lui appartenaient personnellement ; mais Tacte le plus important de son épiscopat fut le partage qu'il fit de son diocèse en 26 archiprêtrés; nous le donnerons à la fin du volume (*),
Nous ne connaissons guère que les noms des évêques de G)userans et de Comminges. Après Arnaud Fredct, mort le 31 mai 1329 , le siège de St^Lizier fut occupé
(1) Voir outre les deux autorités. Manuscrit Duco et Larcher. (*) Voir la note 10 à la fin du volume.
270 HisTaiRE
successivement par Antoine de Montégu^t par Antoine d'Aspet qu'on dit arrière-neveu d^^Clément V. Cette parenté lui facilita sans doute Tentrée des dignités ecclésiastiques. On le fait mourir en 1340 et on lui donne communément pour successeur Pierre de Nar- * bonne, qui siégeait vers 1345; mais Claude Robert omet ce prélat et lui substitue un Guillaume dont rien ne révèle l'existence. Celle de Duran , placé ensuite dans les dyptiques de St-Lizier, est plus certaine. Jean, comte d^ Armagnac, qui commandait alors dans le Languedoc, le dispensa (16 octobre 1346), de prêter d'un an et demi Thommage qu'il devait au sénéchal de Toulouse pour le temporel de son évéché. Cette dispense se basait sur ce que le prélat ne pouvait pas quitter le souverain -pontife dont il était proche parent. C'est tout ce que nous savons de son épiscopat dont la fin est aussi ignorée que le commencement.
Les évéques de Comminges se présentent dans Tordre suivant : Scot de Luineç, d'abord chanoine de Toulouse et porté en 1318 sur le si^e de St-Bertrand; Guillaume, qu'Oihenard fait entrer en 1336 dans les conseils du roi de France , et qui fut remplacé cette même année par Hugues de Castillon. Celui-ci acheva la caihédralecommencée sous le pontificat de Clément V. Il mourut le 4 octobre 1 352, et fut enfermé dans une magnifique tombe de marbre blanc qu'on déposa d'abord dans le cloitre, mais qui fut portée depuis à l'entrée d'une des chapelles latérales. Les religionnaires qui dégradèrent l'église respectèrent cette tombe, ou du moins elle fut soustraite à leurs profanations. C'est le plus beau monument funèbre que le moyen âge ait légué à la Gascogne.
UE LA GASCOCNK.