‹ Histoire de la Gascogne (volume 2)Chapitre 4 sur 44 · DE UL GAS0Û6HE · texte numérisé non relu

DE UL GAS0Û6HE

Hugues de Bazas, Bertrand d^Âgen, Arnaud de Dax, Dominique de Bayonne, GaiUard d'Oleron, Pierre d'Aire, Raymond de Lescar, Géraud de Lectoure, Tabbé de Clairac et le prieur du Mas reçurent une lettre semblable. Celle qui fut ëcrite aux barons était conçue en ces termes (1) :

Lie roi, à Arnaud de Blanquefort son amë et féal. Vous avez assez appris et vous savez bien le différend élevé entre le roi de France et nous, et comment ce roi nous a malicieusement trompé et chassé de notre Casoc^e et privé de nos bons peuples. Cest pourquoi nous vous requérons aussi instamment que possible et nous vous conjurons de nous aider à recouvrer, maintenir et déGmdre notre terre susdite comme vous et vos ancêtres avez dans tous les temps passés fait et à nous et à nos prédiécesseurs. Nous espérons que vous vous conduirez dans celte occasion de manière que nous et les nôtres vous serons obligés, comme nous reconnaissons Tétre pour les bons services que vous nous avez rendus jusqu'à ce jour.

Parmi ceux à qui cette lettre fut adressée , nous trouvonsdans la cour de Bordeaux Aymeric de Bourg, Reindede Cbantemerle, Pierre de Lamotke, Arnaud d'E^Migne, Gaillard de Lalande, Bertrand de Noaillan, Amaud-Garsie de Goth, Pierre de Montpezat, Bertrand de Giumont, Pierre de Gavarret, Guillaume Sanche de Pomiers^ Arnaud de Gironde, Pierre de Pompejac. Dans la cour de St*Sever , les vicomtes de Béam et de Tartas , et après eux Auger de Mauléon, AfBn de Navailles, Bernard de Castelnau^ Sans-Aner de Poudenx, Arnaud de Marsan, Arnaud de Monneins, Gail-

(t) Ryaer, tam. l«r, fart ferffa^pag. 133 et suiv.

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lard du Thil , Renton de Sle-Croix , Sance-Loup de Gislandet, Fravet de Campeils, Ârnaud-Cuillaume de Mauvezin ou Malvin. Dans TAgenais^ Amanieu de Fossatj Reinfred de Montpezat , Odon de Lomagne, Bertrand de risle, Barthéleini de Pins, Auger de PuyBardac, Randulfe dé Galard, Reinfred de Durfort, le seigneur de Podenas, Viul et Gaston de Gontaut, Bedz de Gizenove, Arnaud Guillaume d'Andouins, Noit de Sariac , Randulfe de Gerderest , Assin de Castelpujo , Raymond Garsie de Coarrase. A la cour de La Réole, Guillaume de Piiis; à Lectoure Géraud de St-Gery, Bertrand de Calvet , Fort de Larroque , Rendulfe de Pleine-Saine. Ailleurs nous trouvons plusieurs Mauléons et enfin Vital de Luppé qualifie du titre de parent du roi.

Edouard ne pouvan t s'embarquer lui-même aussitôt qu'il Teùt désiré se fit précéder d'une flotte nombreuse qu'il plaça sous les ordres de Jean de Bretagne comte de Richemont son neveu. Il l'investit du titre de son lieutenant en Guyenne et de capitaine de la province, et le chargea de négocier un traité d'alliance avec le comte de Foix et les autres principaux seigneiurs du pays qu'il allait conquérir. Les Anglais débarquèrent à l'embouchure de la Garonne vers la fin de décembre et s'emparèrent presqu'aussitôt de Bourg, de La Réole et de quelques places situées sur les rives de ce- fleuve. Us soumirent le <" janvier i 295 la ville de Bayonne(*) où ils avaient des intelligences, et peu de jours après

(*) Un ipannscrit que nous ayons sous les yeux prétend que Bayonne ne fut point prise, et que pour reconnaître la bravoure et la loyauté qu'avaient déployées les habitants, Robert d'Artois leur accorda par lettres patentes du 16 novembre 1296 une exemption de tout droit et de toute imposition, non seulement dans la Guyenne mais dans tout le royaume.

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celle de Sordes et de St-Sever (i). La province entière se soulevait; ses intérêts la rendaient anglaise. En peu de temps c en eût été fait de la domination française, si le comte de Valois frère de Philippe ne fût accouru au secours du connétable. Ils assiégèrent ensemble Podensac ville assez voisine de La Réole et contraignirent en peu de jours le gouverneur Ciffard à accepter une capitulation favorable aux Anglais^ mais qui laissait les Gascons prisonniers à discrétion. Charles en fit pendre une cinquantaine comme rebelles. Cette sévérité jeta la terreur dans les esprits et acheva ce qu'avait commencé le lâche et impolitique abandon des partisans de TAngleterre. De Podensac, Charles marcha sur La Réole, où le comte de Richemont commandait en personne. Comme la place ne paraissait pas tenable, le général anglais retira ses troupes vers le rivage dans rintention de les embarquer avec la plus grande partie de Tarmée. Les Gascons furieux de se voir ainsi abandonnés, tombèrent sur son arrière-garde (2), et en même temps ils ouvrirent leurs portes aux Français qui firent lenr entrée dans la place le vendredi de Pâques.

Hugues de Vère fils du comte d'Oxford défendit St-Sever avec plus de courage. Le siège dura plus de trois mois et amena toutes les horreurs qui n'accompagnent que trop souvent la guerre. La peste et la famine désolèrent également les assiégeants et les assiégés et contraignirent enfin ceux-ci à accepter la médiation du comte de Foix.qui s'était joint à Charles de Valois. Sons ses auspices il fut conclu une trêve de quinze jours, après lesquels la place serait rendue si le gouverneur de Rayonne n'envoyait pas à son secours des

(1) Dom Vaissette. — (2) Naugis, ad annam 1291.

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