‹ Histoire de la Gascogne (volume 2)Chapitre 5 sur 44 · H HISTOIRE · texte numérisé non relu

H HISTOIRE

forces capables de la délivrer. Le secours n'ayant poiot paru, la capitulation s*exécuLa fidèlement et la garnison se retira avec armes et bagages.

Le comte de Foîx avait embrassé chaudement le parti des Français et avait grandement servi leurs intérêts dans toute cette expédition. Aussi le comte de Valois et le connétable récompensèrent-ils son lâe durant le siège de St-Sever. Le second lui dcMina le 29 avril main-levée de toutes les terres qu^avaient saisies les divers sénéchaux de Carcassonnç. Le comte de Valois plus généreux encore lui abandonna, le 30 juin, tant eu son nom qu'au mMn de Philippe4e-Bel son frère tous les droits que le roi de France en sa qualité de dnc d'Aquitaine avait sur les lieux et châteaux de Castdnan- Kivière-Basse , de Maubourguet , de Roquefort et de Viella (1). ne réser\'ant à la couronne que la soavenincté. Un mois plus tard et quand la ville eut été soumise, les deux généraux français se trouvant à M<Hit-de- ^larsan. ajoutèrent à ces libéralités le Mas d^Aire el la Bastide de Ste-Gemme, ou plutôt Geaunc, petite ville 1 ro\trémitéde la Chalosse. Enfin' voulant lui témoigner de plus en plus leur reconnaissance et la pleine confiance qu ils avaient en sa fidélité , ils le nommèrent recteur gotn'cmeur et commandant dans les. diocèses d'Auch, d'Aire, de Dax et de Kayonne, excepté danslèi terres du comte d'Armagnac et lui donnèrent le mandement particulier de cinquante hommes d\ et de mille sergents à pied aux gages du roi. Parmi les seigneurs qui signalèrent leur valeur sous les drapeaux de la France , l'histoire (2) signale Dieudit de Mootlaur, Raymond de Villeneuve , Sicard de Lordat et

1 Dom VAîfsettp, tom 4. — (2;^ Doia Vaisfelte.

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surtout Pierre-Raymond de Rabastens îe fondaieur de ville c|uî porte son nom dans le Bigorre, Les Français eussent poussé phis loin leurs avantages sï le comte de Valois n'eût été rappelé dans le Nord et n*eùt amené avec lui une partie de 1 armée. Ce départ ranima les espérances de leurs ennemis, Edouard s empressa de faire passer en Aquitaine le prince Edmond comte de Laucastre, négociateur principal du fatal traita* Il éc^i^^t {{} en même tempjï a plusieurs sei- ^eurs de îa Gascogne parmi laMfuels nous signalerons Anniuîeu d'Albret , Pons de Castillon ^ Pierre de Bordeaux:^ Raymond-Guillaume de Gensac^ Pierre de Gava rrt'l 1 Pierre de Mélignan , Bcilrand se i faneur de CaumonV Aniaud de Marmande, Hugues seigneur de PujolSf Amanieu de Fossat, Reinfred seigneur de Montpef*iL Raymond de Buglon, Garsias-Arnaud seigneur de \ a vailles. 11 n'oublia pas Bertrand de Tlsle, OlUon deLouiagne, Roger- Bernard comte de Foiic, Bernard comte d'Armagnac , ni les deuic sœurs Constance de Marsan et Matbe d^Armagnac qu'il appelle sescousines« li eitbortait toute celle noblesse à lui demeurer fidèle et k Taider à venger Tinsultc faite à sa couronne, €l leur ordonnait eu même temps d^ obéir au comte de

»Lincastre comme à lui-même. Le roi de France de son VAié fil marcher vers le théâtre de la guerre Robert d'AnoLS i:hargé de remplacer le comte de Valois frère du monarque* Pour subvenir aux frais de cette noa« vcfle e]ipëdition, le nouveau gétiéral fit divers emprmtU) sm% principales villes de la province el îis^signa leur remboursement sur les revenus du grenier à sel I àt Cnrcfissonne (2). Il imposa déplus un subside de six

B (l) Rimer , part tmia, pag. ÎM. — (3) Pom VaissetU;^ tom. à .

sols par feu, mais à la place de six sols le comte d'ÂrU>is exigea qu'on lui envoyât un homme armé. Le comte de Foix (i) protesta contre cette taxe à laquelle on voulut le soumettre. Les comtes d'Armagnac et d'Âstarac durent Timiter , car par une ordonnance du 2 août 1278 j Philippe-le-Bel défendit d'étendre la nouvelle taille aux possessions de ces trois seigneurs.

Pendant que Robert d'Artois réunissait ces nouvelles milices, les Anglais étaient entrés en campagne. Leurs débuts furent heureux , ils firent quelques progrès sur le connétable et allèrent assiéger la ville de Dax commandée par Aimeric de Narbonne. Les habitants soutenus par Roger-Bernard et par Guy de Qermont maréchal de France, opposèrent une si vfgoureuse résistance (2) , qu'ils forcèrent les ennemis à lever le siège et à se retirer à Bayonne. Jourdain de l'Isle, Othon de Montant et Izarn de Lagraulet prirent part à cette défense, et sous les feux des combats, Jourdain de l'Isle promit (i) sa fille Condors à Arnaud-Raymond vicomte de Tartas damoiseau, avec trois mille sols Tournois noirs de dot. Le comte d'Artois n'arriva à Dax que le 15 août. Il voulut récompenser les braves citoyens et les exem'pta de tout péage dans toute l'étendue du duché d^ Aquitaine. Après cet acte de politique presqu'autant que de justice, il profita de l'ardeur de ses troupes et les conduisit contre le château de Bellegarde.

Le duc de Làncastre l'ayant appris fit sortir son armée de Bayonne et l'envoya au secours de la place sous les ordres du sénéchal de St-John et d'Henri comte de

(1) Coll. I>oat, tom. 13.— (2)Don[i Vaisselle, lom. 4. MarcaJiT.8, chap. 28. — (3) Cartulairc de Tlsle- Jourdain.

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a* Qiielques*uns veulent qu'il en aii pris luiae le commâti dément. Quoiqu'il en soit^ Robert Averti de la marche et du dessein de larmée anglaise, nê&dltil de se porter à sa rencontre. Laissant seulement quelques cOQipagnies devant le clKiieau assiège, il part secn*temenl^ s'avance avec rapidité, tombe à T improviste sur les ennemis au moment où ils débouchaiecit , Çutie foret et remporte sur eux une victoire asseï^ eonlérablc (1) pour la faire avouer des auteurs auglats. n est vrai que selon leur coutume, ils l 'a ffaibl lisent Jititani tju'ils peuvent et ratlribuent à une terreur pa* nique qui saisit d'abord le comte de Lincolm et lui fit prendre la ttiite. Le sénéchal ^ le comte de Mort! mer et quelques autres Anglais de distinction restèrent entre le* mains des Français. L'histoire ne nomme parmi les piîieiiniers aucun seigneur Gascon. Ce qui nous porte À croire qu^ils avaient presque tous abandonné le parti de r Angleterre. Quelques-uns néanmoins se montré* rent plus constants et payèrent leur fidélité de la perle de leurs biens. *

Le comte de La ncastre survécut peu à cette défaite. Déjà atteint depuis longtemps d'une maladie qui avait retardé son départ d'Angleterre , i\ mourut à Bayonne lai^ant le commandement de la province à Henri de Lascif Ce nouveau gouverneur reçut une lettre de son donverâin qui lui recommandait de pourvoir k la sublisCance de Raymond de Campagne, de sa femme, de M» eiiCihts dont la iidéUté a f Angleterre avait causé li mine, Edouard , Irtns jours auparavant, 3 mai 1297, €ciivii(2) k quelques autres seigneurs Gascons victimes

f t)Ije P. d'Orléans, Rdvoltitîoas â'Angîcterre, tom. 1— (2) Rfnift . 1 , part ttrtia

comme Raymond de leur attachement à une cause mak heureuse. Il leur disait : qu'ayant appris tout ce qu^ils avaient souflert pour sies intérêts, il les reinerciail vivement et que sa reconnaissance s^empresserait de leur faire passer tout ce qui serait en son pouvoir pour les indemniser. Sa cause s^afTaiblissait tous les jours. La présence du comte d'Artois n'était plus nécessaire. H fut rappelé comme son prédécesseur et quitta l'Aquitaine à la fin de juin 1297. S'il fallait en croire une ancienne chronique de Toulouse /"l ) , le roi serait venu vers cette époque assiéger en personne la ville d'Auch; mais ce voyage de Philippe-le-Bel et ce siège n'ont laissé de trace nulle part : ce qui les fait généralement ranger parmi les fables.

Au départ du comte d'Artois, Guichard de Marciac ou de Massac sénéchal de Toulouse fut nommé gouverneur et capitaine de l'Aquitaine et de la terre de Gascogne. Guichard était originaire du Lyonnais, et avant de devenir sénéchal il avait rempli les fonctions de bailli à Montpellier^ Il continua la guerre comr menc^ée par ses prédécesseurs, mais il n'eut pas le temps de signaler son commandement par aucune action d^édat. Une trêve entre les deux couronnes conclue cette année même sous les auspices du pape Boniface VIII vint suspendre les hostilités.

Roger-Bernard comte de Foix jugeant alors que le champ était désormais ouvert aux querelles particulières , chercha à se fortifier contre le comte d'Armagnac. Dans cette vue il s'unit, étroitement (2) ainsi que son fils Gaston avec Jourdain seigneur de l'Isle^Jourdain et Bernard Jourdain fils de ce dernier. Par leur traité,

(1) Gallia Chriitiana, D. BrugeUes, D. Vaissette. —(2) Cartuluire de risle- Jourdain, D. Vaissctte.

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