CHAPITRE I
La fHNile u réTiak ntreli uiMi^ Fiii et d*Any|iM. — Mirt de fiiillMUi. — DimitifAs aire GiiUi et la mite de FcMuipiet. — rf «^ «t Mrtalité. — Teaplien. — Cléieit V. —Fuite n teibe» de St-Bertrind. — Érè^ de Otnûigei, d*Ain et de Tirbet. — Gardiun Gneeu.— IHiimii âitn GiiM et u lire. — Mert de Cemtiiee. — Ceneile de Tmim. — Goidimtiei dei Teoplierk — Geitei de Gtnngei. — Coitei de riile4eudiii. — Neiiein cardiaauGisceBi.
Clément V apprit à Poitiers que le comte de Foix réveillant une querelle à peine assoupie, s'était j^té sur PÂrmagnac et y semait le ravage. Pris ffu dépourvu , Bernard n'avait pas eu le temps de rassembler toutes ses milices. Il s'adressa aux habitants d'Aucb qui consentirent à marcher sous ses drapeaux; mais avant de quitter leurs foyers ils obtinrent (i) des lettres par lesquelles le comte réitérait la déclaration de 1290 et reconnaissait que leur service était complètement volontaire. Fort de ce secours, le comte d'Armagnac s'avança au devant de Gaston , et déjà les deux ennemis étaient en présence prêts à en venir aux mains. Chef de la catholicité , Clément crut pouvoir arrêter Teffusion du sang en dictant des lois, et envoya l'évéque de Zamora en Espagne et l'abbé de Noailles pour ordonner aux deux compétiteurs de mettre bas les armes.
(1) Pièces de rhôtel-dc- ville.
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Les envoyés arrivés sur les lieux défendirent au œmte de Foiic de rien attenter contre le comte d'Armagnac sous peine d'excommunication contre lui et ocmtre tous les fauteurs et d'interdit sur toutes ses terres. Gaston , dont Tàme indomptable n'avait point fléchi devant le roi de France armé de la force , fut loin de se soumettre à la voix d'un vieillard sans autre puissance que le glaive spirituel. Il chassa (1) de sa présence les envoya du Saint-Père, qui en s'éloignant, lancèrent les foudres qu'on avait déposées dans leurs mains. Le comte de Foix était né avec un caractère vident et emporté. Les premiers moments appartenaient à la fougue de ses passions ; la réflexion et la prudence venaient ensuite. Quoiqu'il eût bravé l'autorité pontificale , il n'osa pas aller plus loin et retira ses troupes. Bientôt le repentir entra dans son coeur. Il passa la mer et obtint du roi d^ Angleterre qu'il écrivit (2) en sa fieiveur au souverain pontife et au cardiaal de Coth son neveu. Il s'achemina ensuite lui-même yen Poitiers , reconnut hautement sa faute , en demanda publiquement pardon et promit par serment d'obéir désormais aux ordres du Père commun des fidèles. Clément ne pouvait être insensible à ce retour , il accueillit avec joie ses nouveaux sentiments et fit amsitAt lever l'excommunication et l'interdit. Il nomma en même temps l'évêque de Lescar et les abbés de Bolbonne et de Lombez pour absoudre tous ceux qui étaient morts dans les sentiments de pénitence durant l'interdit et leur accorder la sépulture ecclésiastique.
(«) Oom Vaîiêctte, tom. 4. —(2) Rymer, tom. 1, part 4, p. HO.
i\2 HISTOIRE
Les comtes de Foix et d'Armagnac, forcés de renoncer à la voie des armes, allèrent continuer leurs différends à la cour du roi de France. Ils se transportèrent Tun et l'autre à Paris et, devant le Parlement réuni en présence de Philippe lui-même, ils exposèrent leurs griefs. Gaston ne se montra pas d'abord lui-même ; il se fit représenter par Raymond de Qirdonne son parent (1), qui jeta le gage de duel ^u comte d^ Armagnac, raccusant d'avoir violé la paix conclue à Toulouse et commis une foule d'hostilités contre le comte de Foix et ses alliés. Bernard d'Armagnac répondit que la cour ne devait pas recevoir le gage de duel de Rajrmond , ou qu'alors elle devait admettre aussi son gage de défense. Les griefs qu'il reprochait à son ennemi étaient nombreux. En quittant Toulouse où la paix avait été jurée, les gens du comte de Foix, par son ordre ou du m(An$ avec son approbation, s'étaient jetés sur le sénéchal d'Armagnac et sa suite, avaient blessé deux de ses écnyers et tué un de ses serjants. Plus tard , le comte lui-même avait dressé des embâches à Gaston, vicomte de Fezensaguet, frère de Bernard et à l'archevêque d'Audi son oncle. Il avait attaqué la terre de Rivière qui devait lui i^venir, y avait pillé deux villes et ravagé le pays : poussant plus loin ses excès, il avait a la tète d'une troupe nombreuse de dbevaliers et d'hommes de pied , pris , pillé , et livré aux flamtnes la ville de Sarraute (serra alto) vraisemblablement Lasserrade , dépendante du comté d'Armagnac ; et peu content de ces excès, il y avait égorgé quarante personnes , femmes , enfants, vieillards, et avait traité avec la même barbarie
(l)Doin Vaisselle, lom. 4. Preuves, p. 140 et suiv.
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la Tille de Meymes ( de Mille Modiis ) apparteuani à rarche^éqoe. Il n avait pas même épargné les villes royales de Beaumarchez et de Marciac où quatre hommes avaient péri.
Bernard de G)mminges, vicomte de Turenne, fils aiué du comte de G)mminges, ajoutait que les gens du com^ de ^oix , de Faveu ou peut-être pr ordre de leur maître, étaient entrés sur les terres de son père, y avjûent pris, pillé ^t brûlé quatre villes , et y avaient massacré cinq personnes. Il offrait le gage de duel pour prouver son accusation.
Le Parlement fit procéder à une enquête sur les lieux afin de s'assurer de la vérité de tous ces faits, et prononça ensuite, le 26 avril 1309, en présence des parues un arrêt (1)*qui resta célèbre dans les fastes judiciaires. Par cet arrêt daté de Gichant près Paris, le roi ordonne que les articles de la paix jurée à Toulouse seront inviolablement observés , et que les deux comtes et leurs alliés donneront des assurances pour cette observation à laquelle de\ait spécialement veiller le sénéchal de Toulouse. Il annuUe le gage de dpel que Raymond avait jelé devant lui au comte d'Armagnac et il le condamne à une amende qu'il fixera plus urdà son gré pour avoir donné ce gage sans motif, inconsidérément et contre son ordonnance royale. Il annuUe aussi le gage de duel que le comte d'Armagnac a donné à Gaston , soit devant le sénéchal de Toulouse , soit même en sa présence , parce que Tenquète fournissait des preuves suffisantes, et que d'après les dispositions établies sous son règne on ne doit pas recn*oir de duel •
;f ; Dom Vai^sette, tom. 4, p. 118.
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quand les prem^s abortdent ou que ton peut emplnjrer les voies de droit. II rend au fils du comte de Cominm- . ges son gage de duel pour plusieurs motifs qui ne sont point spëcifiés. Enfin il condamne le comte de Foix à douze mille livres Tournois pour les dommages causés à Marciac et k Beaumarthez avec ordre d^indemniser les parents des quatre hommes qu'il y a massacrés et son bailli qui y a été blessé ; et pour ce dernier méfait, la cour le condamne à payer au fiso cent livres Tournois, outre quatre mille livres pour bâtir dans les deux villes une chapelle où Ton priât à jamais pour le repos des quatre victimes, et quarante livres de rente pour Tentretieh de deux chapelains.
Le roi le condamne encore à indemniser intégralement, selon une évaluation qui sera* faite, les habitants, de La Sarraute et de M eymes , et à paye/* mille trois cents livres Tournois pour ériger à Sarraute une chapelle en .commémoraison des quarante personnes qui y avaient été égorgées et la doter de quatre-vingts livres de rente pdur Tentrelien de quatre chapelains; et comme tout délit portait amende, le comte paiera encore trente mille livres Tournois dont la moitié sera employée en œuvres pies selon le bon plaisir du roi, et Tautre moitié rentrera à l'épargne. Après toutes ces amendes, le comte de Foix est encore condamné à payer à son rival six mille livres Tournois pour le rédimer de toutes les pertes qu'il lui a fait essuyer. Enfin, la cour enjoint aux deux comtes et a leurs alliés de se donner mutuellement des assurances raisonnables ht ■ légitimes.
Ëernard d'Armagnac, Gaston de Fezensagbet et le. vicomte de Turenne obéirent sur-le-champ. Le comte
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de Foix offrit de donner lassarance imposée, mais il exceptait sa mère, sa tante G)nstance et les terres qu il possédait en Catalogne. Le roi voulut un engagement sans réserve > ou du moins il exigea que si le comte exceptait sa mère et sa tante , il jurât de ne point leur prêter de secours. Gaston s'y refusa , ce qui obligea Philipp^le-Bel à le faire renfermer au Chàtelft. La captivité triompha de son obstination. Ayant obtenu son élargissement , il alla trouver le roi à Senlis et lui donna rassuremçnt qui avait tant coûté à son cœur • ulcéré (1).
Pendant que le procès s'instruisait, Bernard et Cécile sa femme, logés dans un h6tel à St-Marcel près de Paris, firent hommage au roi pour le comté de Rhodez et à Tévéque de M ende pour les terres qu'ils possédaient dans le Gevaudàn, et nommèrent pour leur sénéchal de Rouergue Jean de Morlhon (2) dont Tayeul comptait déjà parmi les premières familles du comté. Après cette nomination ils ne tardèrent pas à retourner dans la Gascogne; mais ils ny trouvèrent pas la paix qui leur semblait promise. Le Gavardan ne leur -avait pas clé remis. Cette vicomte avait été engagée (*) pour cinq mille livres Tournois au roi d'Angleterre Edouard II fils et sticcesseur d'Eklouard P' mort le 7 juillet <307. Le jeune prince, également prodigue et dissipateur, se trouvant dépourvu d'argent, lu transmit presqu'aussi tôt
(1) DoiQ Yaissette. —(2) Boic, Histoire du Rouergue, toro. %
(*) Avec le Gavardan ^qui donnait UÙO livres de rente, Philippe avait délivré à Edouard le château de Roquefort en Marsan qtff «ippartenait à Arnaud do Gavaston, et donnait 170 livres et le guidage des vaches étrangères à travers les Landes, qui donnait 180 livres. Coll Doat, lom. ii.