‹ Histoire de la Gascogne (volume 3)Chapitre 13 sur 32 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

St-Oren, TMorie 11. — Borie. — Si haine contre le Catbolieiiine. — Alirie II. — Cneile rAfie. — St-Viseeit é» Du , St-Jostin ée Tartxs , Ste-Limde , Si^pii, Sl-FMrie. SUpiir, Sfr^rat, St^alaeUire, St-Jolia.

A la mort tragique de ces hommes de sang , qu^il me soit permis d^opposer la fin douce et paisible, d'un des plus illustres prélats qui se soit assis sur notre siège métropolitain : nous Tavions déjà entrevu , mais entraîné par la rapidité des événements, nous n'avons pu encore raconter sa vie.

St-Orens, le chef de Tambassade envoyée à Lictorius, avait depuis longtemps succédé à St-Ursinien (1), dont les vertus ne sont point parvenues jusqu'à nous, mais qui brillèrent néanmoins assez pour lui mériter une place sur nos autels. A sa mort, on songea à donner à l'église d'Auch un pasteur qui fît revivre celui qu'elle pleurait. Dans ces temps de foi, les hommes se sentant impiyssants, tournaient ordinairement vers le ciel leurs vœux et leurs espérances. On ordonna un jeûne public et des prières solennelles. Dieu se plut , dit-on , à les exaucer d'une manière sensible. Quand le clergé et le peuple furent réunis pour l'élection , une voix d'en haut prononça le nom d'Orens (2).

Il était né à Huesca, sur la frontière d'Aragon, d'un

i) Chronique d'Auch. Manuscrit de M. d'Ai?ii..n. (iallia chrisliana. — {"1) Vie de Sl-Oren«, composée sur les mémoires tirés des iiociennes légendes et des plus fidèles historiens.

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père que les légendaires font comte ou gouverneur d^Urgel , ce qui a porte quelques biographes à lui donner cette ville pour patrie. Son éducation répondit à la noblesse et à la piété des auteurs dé ses jours qui sont honorés Tun et Tautre d^un culte public, sous le nom de St-Orens et de Ste^Patience (1). Il fit dans peu de temps de grands progrès dans les lettres et encore plus dans les voies du salut. Le Seigneur qui le destinait à être un des ornements de son sacerdoce, rarracha du sein de sa famille, alors que tous les biens et tous les honneurs de la maison passaient sur sa tête par k mort de son frère aîné. Un ange Tavertit et le conduisit comme par la main dans la vallée de Lavedan à quelques lieues de Ta^bes. Tandis que le pieux jeune homme mettait tous ses soins à se cacher au monde, Dieu sembla se plaire à le glorifier. La réputation de sa sainteté se répandit bientôt de toutes pa^ts^ on vit les peuples accourir en foule vers le lieu de sa retraite; ils ne venaient y chercher qu'un remède à leurs infirmités, et ils trouvaient dans les prières et les avis charitables du serviteur de Dieu la santé de leur âme avec celle du corps.

Cependant le vertueux solitaire s'alarma de ce concours ; il craignit les séductions d'un amour propre que tout éveillait , et afin de se dérober à tant d'empressement, il quitta la vallée de Lavedan et gravit le sonunet d'une roche escarpée qui, à son approche, se partageant en deux , sembla ouvrir son sein pour lui prêter un asile. Dans cette grotte profonde , caché aux regards des hommes, mais sous l'œil de la divinité , il se livra

(1) Vie de Sl-Orens. Chronique d'Auch. Les Bollandistes.

à toutes les rigueurs de la plus austère pénitence. Là ,* peut-être aussi, il composa ce poème (1) remarquable pour Tépocpie et dont on a voulu faire honneur à des Orens qui n'existèrent jamais, mais qui appartient incontestablement à notre èvéque. Partagé en deux livres et composé de vers élégiaques , il a pour titre : Commonitoire ou jéuertissement. C'est , dit un professeur moderne (2), une sorte de guide vers le ciel écrit aven une douce et sainte mélancolie. Les ravages que les Barbares exerçaient dans les Gaules arrachent à Fauteur des paroles d'une douleur profonde. Pourquoi faut-il que la décadence où était tombée la langue latine s'y fasse trop souvent sentir (3) ?

Ainsi s'écoulaient ses jours, lorsque les députés de l'église d'Auch viennent lui apprendre les ordres du ciel et le conjurer de ne- point se refuser aux vœux empressés d'un peuple qui l'attendait. L'humilité est le sceau de la sainteté ou plutôt de tout vrai mérite. Orens se croyant complètement indigne de la haute dignité qu'on lui déférait, prit aussitôt le bâton du voyage, et déjà il se préparait à la fuite. Mais craignant bientôt de résister à Dieu , il le pria de lui faire connaître plus spécialement sa volonté. A l'instant , le bâton qu'il tenait dans sa main, prend racine, étend ses rameaux et se couvre d'un vert feuillage (4). A la vue de ce miracle, Orens courbe la tête et se dirige vers Auch. Quand il fut près d'entrer dans ses murs , tous les malades qu'ils renfermaient se trouvèrent , dit-on , subitement

(1) Vie de St-Orens. Chroniques d'Aucb. — (2) Duquesnd, hist. des leUres. — (3) Nous en donnerons un extrait à la fin du 2« volume. — [\) Vie de St-Orens. Manuscrit de M. d'Aignan.

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