CHAPITRE I
Gntii , licute le Béan. — Lipe desseipem du lié! c»Dlre St-lMiii. — Lm Mniiiii. — Hirt éi cinte é'Anufiic.— Plniein prêteiinti m éâinlait m Uritige. -^. La Tiemie d« Loii{im (ait u piii itm les kabiUiU é'Avck. — fiasUi Utit U ekiteaii d*Ortkès. — Il preid les tries coatre rABglelerre. — Testaiot ée PélroBilIe. — Le Tieonte de Lonipe i*itUcli« i rABfleterre , — il fiit prismier le emie d*Arai|iie.— Mert de Pétrnille.— Ei^fit et Giitoi M iiyilail le Bt|Qm.-^ Giitea le réceicille iTee TAiiletem.— Le tire d'Albrel.
Pendant que la mort moissonnait les amis et les ennemis de Raymond de Toulouse, le jeune Gaston de Bëam croissait sous la tutelle de Garsinde, sa mère. Durant sa tutelle , celle-ci , pour aclieter un appui nécessaire, donna la seigneurie de Garos à Arnaud-Guillaume de Marsan, vicomte de Louvigni (4). Ce seigneur abusa de cette libéralité contre Tabbé de La Réole. Gaston, quoique jeune , prit la défense de Tabbé et reprit la terre de Garos, que sa mère paraissait n'avoir aliénée que pour un temps. Le vicomte de Louvigni crut voir dans cet acte une insulte personnelle. Il arma contre Gaston, qui s'indigna de l'audace de son vassal. Ils appelèrent au secours de leur bainc le fer et Tincendie, et bientôt dans cette malheureuse contrée il ne resta debout que les châteaux bien fortifiés. Au spectacle de tant de désastres, des amis communs, Pierre et Amanieu de Lamothe, Guillaume-Raymond de Pins ,
(i; Marca, liv. 7, ch. 1.
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Âmaud-Guillaume de Labarthe et Arnaud-Loup de Bilhères, s'interposèrent; et grâce à leurs soins les deux \icomtes assemblèrent leurs cours , et dans cette conférence on essaya d'abord de vider les différends du vicomte de Louvigni avec Bernard de La Réole.
Il fut artété devant Tévéque de Lescar et les barons du pays que le procès serait jugé par dix prud'hommes de la terre choisis par les deux partis. L'abbé nooima de son c6té Donnât et Arnaud de Crabos, Raymond de Sansoupoy, Fortaner de Salas et Bertrand de Mazeroles. Le vicomte choisit Anesance de Sevin, Bonel de Milos, Duran de Pons, Raymond d'Abadie(*) et Arnaud de Claverie. Ces dix arbitres s'adjoignirent Sauce, évéque de Lescar et Arnaud de Coarase, et tous ensemble déclarèrent que le monastère de La Réole étant une communauté religieuse, n'était point obligé par nécessité à payer à l'ordination de l'abbé cent sols Morlas à la maison deLouvigni, suivant la prétention du vicomte; mais que pour établir la paix elle pourrait le faire à condition que le vicomte venant au monastère , jurera sur l'autel de St-Pierre de protéger les religieux contre tous, excepté le comte de Poitiers, de confirmer les donations faites par ses prédécesseurs; enfin de ne nuire en rien par lui ni par les siens au monastère. Cette sentence fut approuvée, et le vicomte pour témoigner et U joie qu'il en ressentait et ses sentiments envers l'abbaye, lui fit donation de quatre mille arpents de terre qu'il possédait aux lieux d'Usan et de Mazeroles avec la seigneurie de ces lieux (l*' septembre 1233). L'année
(1) La famille royale de Suède descend ÎDcoDtestablemem de ces d'Abadîe. La mère de Charles-Jean XIV (Bcmadote) était one d'Abadic.
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suivante (t234), Thibant, comte de Champagfle, étant m0bté sur le trône de NaTarre laissé vacant par la mort de Sanche-rEnfermé , son onde , Gaston renouvela Falliance (4) que Guillaume de Moncade, son père, avait conclu avec lui dix ans auparavant. Il voulut même que Fortaner de Lescun , un de ses principaux vassaux, dont la baronie était située sur le point culminant des Pyrénées , s'obligeât particulièrement au service de Thibaut , et reçut de lui en fief perpétuel le diâteau et la villede Sardolas. Fortaner en fit hommage en 1234. Garsinde et son fils signèrent Tacte et cautionnèrent sa fidélité. Suivant Garibaj, Gaston accompagna même en 4238 le roi de Navarre dans son voyage d^outre-mer, mais aucun historien, à part Tauteur espagnol, ne parle de ce pèlerinage, et aucun document du pays ne l'indique.
ToutleMidi était alors sous les armes. L'orgueil delà célèbre Isabelle, comtesse de La Marche, qui ne pouvait supporter Tidée d'être descendue du trôiie d'Angleterre pour devenir la vassale du frère du roi de France, avait provoqué ce soulèvement. Ses intrigues gagnèrent le faible Henri, son fils , et l'inconstant Raymond. Le comte de Toulouse entraîna (2) à son tour Bernard, comte d'Armagnac, Bernard, comte de G)mminges, Arnaud Othon, vicomte de Lo magne, Jourdain de Tlsle et une foiile d'antres seigneurs. Henri III accourait de son Ile ; il avait convoqué autour de lui les seigneurs de la Gascogne et les gens de Bordeaux, Bayonne, St-Emilien, La Réole, Langon, St-Macairc et Bazas. Il avait demandé au sénéchal de Gascogne tous les arba-
(l)Marca, lit. 7, ch. 1. — (2) Giiillauroc de Puylaurens. Dom Tsitielte, lom. 3.
létriers^uHl pourrait lever. Mais le jeune Louis^ ansd brave que pieux , ne lui donna pas le temps de rallier toutes ses forces ; il s'avance en toute hâte vers La Marche, atteint les Anglais sur les bords de la Charente, les bat , les disperse à la journée de Tailleboui^, qui révéla à la France un héros, et force Henri III i aller cacher sa honte dans Bordeaux, et Taltière Isabelle à venir avec Hugues, son mari, s'humilier à ses pieds.
Pendant que Louis signalait ainsi ses premières armes, Raymond, à la tête de ses confédérés s'était avanoé vers le Carcassez et y obtenait quelques légers suocés^ Mais à la nouvelle de la défaite d^Henri III^ il suspendit son expédition et alla le rejoindre à Bordeaux. En présence du nouveau danger, les deux princes se lièrent par un nouveau traité plus explicite et plus sdennd que le premier (1). Henri en fit jurer les clauses par son ordre et sur son âme à Jean de Plessat et à ses barons du Bordelais et du Baa^dois, au nombre desquels nous trouvons Chérudel de Bergerac , Kinguillun de Lesparre, Arnaud de Blanquefort, Pierre de Castillon, Bernard de Lecussan, Gaillard de Lamothe. Âmanieu de Noaillan, Guillaume des Farges. Bozon, comte de Bigorre et Gaston de Béarnse rendirent ensuite garants pour lui. Raymond les jura lui-même et les fit jurer aprt» lui par Amanieu d'Albret , Arnaud de Blanquefort, Raymond de Caumont, Gaston de Gontaud, Arnaud de Monpezat, Arnaud de Marmande, E^uirs de Fumel, Vital de Cazeneuve, Bertrand de Cardaillac, Guillaume-Raymond de Pins, Gaston de Montant, Nompar de Caumont et la communauté d'Agen. Enfin,
(1) Ryraer Acl. Pub., tom. i, page iM. Dom Vaissette, tom. 3.
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il donna pour caution le comte de G)mminges« Malgré cette solennité, ce traité fut presqu^aussitût rompu.
Louis, quoiqu'affaibli par ses victoires et surtout par une épidémie qui ravageait Tarmée, s'avançait vers les états de Raymond. En même temps il faisait faire des propositions au comte de Foix (1). Roger fut charmé de conclure la paix avec le roi de France, et promit même de le servir contre le comte de Toulouse. Cette défection et Tapproche des armes françaises jetèrent répouvante dans Tâme des confédéilfs. Ils députèrent à Louis Tévéque de Toulouse pour tacher de Tapaiser. Le monarque exigea une entière et complète soumission; y souscrire, c'était crier grâce etmerci. La condition était dore, néanmoins nul n'osa la refuser. Louis, du reste, honora son triomphe par sa modération et sa clémence.
Bernard , comte d'Armagnac ne survécut pas longtemps à un acte qui accuse sa prudence ou son courage. Il ne laissa point d'enfants (2) d'Agnésie dont nous ne connaissons point la famille; aussi son héritage fut vive* ment disputé. Mascarose, peut-être son unique sœur, ou du moins sa sœur ainée, en réclamait la plus grande parL Elle avait épousé (3) Arnaud Othon , vicomte de Lomagne, que nous venons de voir ligué avec le comte d'Armagnac contre le roi de France. Les deux époux s'empressèrent de prendre possession du Fezensac et de l'Armagnac, et en firent hommage au roi d'Angleterre. L'aïeul de Mascarose avait été au contraire forcé de se reconnaître vassal du comte de Toulouse, et avant lui
(1) Guillaume de Puylaurons, Sfarca, Dom Vaisselle. — (2) L'An de vérifier les dates. Grands Officiers de la couronne. — (3) Les mémefl. Dom VaissoUc.