CHAPITRE II
I^nnt akuliiM im pétntMU sur I* Anugue. — Gtoi nid houuie I l'Ai* fliUm.^ BHiinl iiita la eMtê rAnugue,— il bil eeisi« ée m cmU à 8iMi ée LeicttUr , — il ntn m enpnitiii tTee GtttM k Béan. — MoK te CMUée Fiii. — lirt ée rarekeTèqM d'Aieh.— Foiditioi di enTot des Ctràlifft de Negin et d*Arà. — lirt di ficeite de Loaifie. — Mert di eeite rAstine. ^ GiBtes de Pirdiae, — de risle-Jiirdaii. — Gierre d'Biqifit aiee 8iMi de Leiceiler. — fiiem de Gértid d'Anipae tTee Alphnie, c«te il Tnlmi»— liée leihakitaïUdeGeidMi.
La diversion occasionnée par la mort de PëtroniUe fut fayorable à Géraud d^ Armagnac. Arnaud , vicomte de Lomagne, forcé de plier, se plaignit au roi d'Angleterre qui , le 13 avril 1253, écrivit (i) en sa faveur à Tarchevéque d'Auch, aux barons, aux chevaliers, aux bourgeois d'Auch et de Nogaro, et aux cours de Fezensac et d^ Armagnac; mais Mascarose mourut elle-même Tannée suivante et non pas en 1 25 5 comme le soupçonnent Brequigni et dom Clément (2). Elle ne laissait point d'enfants ; ainsi Esquivât ne pouvait désormais rien prétendre sur le Fezensac et F Armagnac. Il fallut toutefois lui compter une somme d'argent , mais peut-être lui revenait-elle du chef de sa femme. Segnis avait de puis long-temps abandonné la partie; le vicomte de Lomagne n'avait jamais rien réclamé qu'au nom de sa fenune et de sa fille ; il se retira aussi. En se retirant, il consentit facilement à une trêve et déposa les armes.
(l)Rymer, Actes publics, tom. l.^(2)LArt de vérifier les dates.
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Toutes les prétentions ayant ainsi disparu, Géraud se vit enfin maître du riche héritage qu'il poursuivait depuis longtemps. A part sa liaison momentanée avec Henri III , il s'était jusque là montré le partisan des comtes de Toulouse. Sa nouvelle position lui imposait de nouveaux devoirs. L^ Armagnac et le Fezensac, jadis partie principale de FAquitaine primitive , avaient toujours conservé plus de rapport avec la Guyenne qu'avec le Languedoc. Aussi, lorsqu'il se vit délivré de ses compétiteurs, il se transporta à Bordeaux, où Henri III tenait alors sa cour , et il s'engagea d^abord à examiner sérieusement si Géraud IV , son oncle paternel r avait prêté foi et hommage au souverain d'Angleterre pour les comtés de Fezensac et d'Armagnac, et à suivre son exemple. Trois jours après (15 septembre 425 1) il déclara (1) qu'ayant constaté le fait, il rendait un hommage pareil et consentait à perdre ses domaines, si, trois mois après avoir forfait à sa parole, il n'était point rentré sous les lois du vasselage. Tous les chevaliers des deux comtés s'obligèrent pour eux et leurs descendants de renoncer à l'obéissance de Géraud , si le comte se montrait infidèle à Henri , ou ne lé reconnaissait pas dans le délai assigné. Les chevaliers donnèrent des lettres marquées de leur sceau et approuvées par le comte d'Armagnac. Ceux d'entr'eux qui n'avaient point de sceau, donnèrent une attestation notariée. La conununauté de Nogaro prêta aussi le serment et donna des lettres scellées du sceau commun. Les communautés d'Auch, d'Eauze, de Jegun, de Vie, d'Aignan, d'Aubiet et d'Espas imitèrent Nogaro ou fournirent une charte notariée.
(1) Rymcr, tom. 1, pngc 186. Manuscrit du Séminaire.
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Tant d'assarances ne suffirent pas à Henri. Il voulut garder entre ses mains durant cinq ans, le château et la ville de Lavardens , promettant de les rendre après ce temps, et s'engageant à ne rien réclamer pour les améliorations qu'il y aurait ajoutées. Pour prix de ce vasselage, il s'obligeait à défendre Géraud contre tout assail» lant, pourvu qu'on ne l'attaquât que dans les terres dépendantes de la couronae d'Angleterre. Il lui abandonnait encore les sommes qu'il avait payées pour lui a Esquivât, et qui avaient é\é stipulées dans la convention qui établit la paix entre les maisons d'Armagnac et de Bigorre.
Géraud avait déjà prêté un serment aussi explicite à Alphonse et à son beau-père. Placés sur les confins de la Guyenne et du Languedoc , nos comtes devaient nécessairement subir les chances de leur position et se prêter aux exigences souvent opposées des deux maisons rivales qui gouvernaient ces provinces. Il n'était pas d'ailleurs rare dans le moyen âge de voir des vassaux transporter leur fidélité d'un suzerain i un autre ; et comment même l'éviter quelquefois ? La féodalité simple dans son origine, s'était singulièrement compliquée ens'ëtendant. Assezsouvent on dépendait d'un seigneur pour une portion de son domaine, et de son ennemi pour une autre portion. De là l'obligation d'envoyer des soldats dans les deux camps. Cétait presque une guerre civile continuelle. Au reste, le changement de Géraud semble avoir été reconnu et accepté par la maison de France, car dans le traité de paix qui réunit la France et l'Angleterre , et où brilla avec tant d'éclat toute la loyauté de St-Louis , une clause porte expressément : Le rot d^jé ngleterve fera hommage de Bordectux^ de
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Bayonne et de Gascogne. Alors il sera tenu défaire les tels services, comme Userait trompé de tliommage de la comté de Bigorre^ d'Armagnac et de FezensaCy soit ce que de droit en sera (\ ).
Ekpiivat avait d'autant mieux consenti à se retirer de TArmagnac , que Gaston venait de se réconcilier avec TAngleterre. Fort par lui-même^ plus fort encore par ses alliances et par les sympathies des seigneurs Gascons, le vicomte de Béarn allait pousser la lutlé avec vigueur Elsquivat ne crut pas pouvoir résister seul t Forage qui se formait. Le haut rang que le comte de Leicester, son onde, occupait à la cour d^ Angleterre et le ressentiment que les révoltes et les longs combats de Gaston avaient du laisser dans le cœur du faîible et vindicatif Henri III lui firent tourner ses vues de ce cAté. Il implora Tappui de ce prince, et pour Tattacher à sa cause, il se fit son vassal. Ses prédécesseurs avaient successivement fait hommage au roi de Navarre et d^ Aragon, mais nul n^a vait donné sa foi aux ducs de Guyenne. Henri le sentit lui-même ; il s'empressa d'acheter les prétendus droits de l'église du Puy sur le Bigorre, et s'appuyant de cette illusoire cession , il fit expédier de St-Macaire, près Bordeaux, la charte suivante que noas empruntons à Marca.
Cl Henri (2), par la grâce de Dieu , roi d'Angleterre, seigneur d'Irlande, duc de Normandie et d'Aquitaine, comte d'Anjou , à tous ceux qui ces présentes lettres verront, saluL G>mme ainsi soit que notre cher et féal Esquivât de Chabannes, comte de Bigorre, ait reçu de nous le comté de Bigorre, avec ses appartenances, pour
(1) Rymcr, tom. 1, p. 45. — (2) Marca, liv. 3, cb. 12, p. 829.