‹ Histoire de la Gascogne (volume 4)Chapitre 7 sur 33 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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Ijsattte 1141| qui vit rebâtir Simorre , vit s'élever les murs de Mont-de-Marsan. Pierre, comte de Bigorre, mahre de la vicomte, s'adressa aux habitants de St-Geniez et deSt-PSerre, leur découvritle dessein où il était de bâtir un château et les engagear à venir le peupler les premiers, leur promettant des franchises et une amitié constante. Les habitants répondirent qu'ils avaient pour seigneur selon Dieu Tabbé de St-Sever, et qu'ils ne pouvaient pas se transporter ailleurs sans sa permission. Ainsi, le comte Pierre alla trouver l'abbé de St-Sever et le pria de permettre aux habitants de Si-6eniez de s'établir dans son château, situé hors de la paroisse de St-Pierre qui appartenait au monastère- Il s'engagea à lui donner dans les nouveaux murs > outre relise, une maison libre de tout cens, et autant de pouvoir qu'il en avait au dehors. L'abbé répondit d'abord qu'il perdrait encore beaucoup, parce qu'il prélevait à St-Geniez six deniers par feu, qu'il y avait droit de justice et plusieurs autres avantages. Mais à la fin il céda aux vœux des habitants et permit au comte d'attirer chez lui ses vassaux^ à condition qu'il garde-

iHi HISTOIRE

rail sur eux tous les diX)itsclont il jouissait à St-G^oiez* Pierre lui accorda toutes ses demandes et lui coafirina sa promesse par un serment prêté sur Tautel de St-Pierre, et confirmé par tous les futurs habitants du château.

Bonhomme, évêque d'Aire, et son chapitre ^^avaient pas été consultés. Le prélat se prétendit lésé par cet arrangement et soutint avec quelque raison que toute église paroissiale nouYclIement bâtie appartenait k Yé- Téque. Les esprits s^igrirent et on en vint bientôt à une inimitié déclarée, qui fut enfin suivie dVne guerre ouverte. L^abbé et Tévéque plaidèrent devant Tarchevéque d^Auch et les évéques de Casco^e à I^q;q[uie5et au concile de Nogaro. Des prêtres faux témoins se levèrent et accusèrent labbé de plusieurs délits; mais les Pères du concile ne crurent pas à leur déposition parce que leur témoignage se combattait. Longtemps après, les deux parties s'accordèrent. L abbé donna à Févéque (Bt à Téglise d'Aire cent trente sols Morlas, et l'évégue et son chapitre abandonnèrent à Tabbé et à son couvent tout ce qu'ils pouvaient r^lamer sur la nouvelle église. Vital de St-Germier, archidiacre de Marsan, Vital de la Bouhcïrc, archidiacre de Tursan, Garsias Dufour, sacristain et plusieurs autres signèrent avec Févéque la transaction dont la date est incertaine.

L'année suivante, Pierre et Béatrix, sa femme, aidèrent à transférer Tabbaye de TEscale-Dieu sur les bords de l'Arros. Celte abbaye, une des plus fécondes des filles de Ctcaux, puisqu'elle enfanta dans le diocèse d'Auch, Bouillas et Flaran, et au delà des Pyrénées une multitude de monastères, et que tous les grands Ordres de chevalerie d'Espagne la reconnaissent pour mère ? cette abbaye était née en H 36. Forton de Vie, sou fon-

dateur, rétablit à Gip-à-Dour; mais Bernard) son premier abbé, tronvant la situation trop pénible, s'employa auprès du oodlte et de la comtesse de Bigorre (1), et par eux il obtint de transporter sa maison dans la gorge pleine d'ombre , de fraîcheur et de verdure, où s'élè* vent encore ses murs. Pjierrc et Béatnx la prirent sous leur protection, lui firent des largesses et approuvèrent celles que firent à leur exemple divers seigneurs. Cette translation et plus encore sans doute cette protection et ces largesses portèrent TElscale-Dieu {scala Dei^ Vé" chelle de Dieu) à un degré de Sfdendeur que ne lais* saient guère présager ses commencements jusques là si précaires.

Pierre passa bientôt les Pyrénées. Nous le tixmvons en 1143 à la ooj^r du roi d'Aragon. Il signa avec, le comte de G)mminges les privilèges que ce prince donna aux Templiers. A son retour il eut à se défendre contre Raymond Garsie, vicomte de Lavcdan. Ce seigneur avait épousé Cornélie (2) , fille unique d'Arnaud de Barbasan, qui lui apporta en dot les garçons^ les filles et ensmte tous les hommes de son père ^ c'est-à-dire qu'elle fut établie son héritière universelle. Guillaume Arnaud de Barbasan, cousin germain de Cornélie, outré de voir cette riche succession lui échapper, fit assassiner le père, déclara la guerre à la fille et la dépouilla de tous ses biens à main armée. Cependant le comte Pierre s'étant mêlé à cette querelle, Guillaume Arnaud retint six casaux ou terres , la moitié de Yendomenja"

(1) GuUUa Christianay Manuscrit du Séminaire d*Auch. — ' (2) Pièce manuscrite du Séminaire. Larcber.

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