‹ Histoire de la GascogneChapitre 7 sur 11 · ÉVÊQUES DE BAZAS · texte numérisé non relu

ÉVÊQUES DE BAZAS

L'église de Uazas fut gouvernée, vers la fm quinzième siècle, par deux prélats éminents. François de Balaguier, le premier de ces prélats, fit son entrée solennelle à Bazas le 29 août 1565. D'abord religieux bénédictin, puis prieur de La Raroièrc et ensuite abbé d'Essey, il avait vieilli dans l'exercice des vertus monastiques lorsqu'il Hit appelé sur le siège de Bazas par la renonciation de Jean son fïrère transféré à Cahors, sa patrie. L*Agc n'avait rien ôté à son zèle. Il poursuivit les hérétiques avec vigueur ; maïs il sut tempérer par sa charité les mesures de rigueur que les circonstances rendaient nécessaires. Il avait vécu entouré de l'estime et de Taffection de ses ouailles et de son clergé. Il mourut au milieu du deuil général (1571). Arnaud de Pontac ne tarda pas à dissiper ces regrets. Né au château de Jaubrrihe d'une famille ancienne qui avait donné plusieurs présidents

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au parlement de Bordeain » Arnaud se voua aui autels dès son enfance; et pour mieux servir la religion dont il allait être le ministre, il cultiva avec un soin particulier les lettres sacrées qu'il voulut connaître dans leur langue naturelle. Le grec et l'hébreu devinrent sjs études favorites, et c'est à cette source pure et profonde qu'il puisa ses vaflcs el solides connaissances qui le placèrent parmi les prélats les plus éminents de son siècle. Ses collègues lui donnèrent une preuve deleorestiraedurantles premiers États de Blois. Us le choisirent pour porierau pied du trône les remontrances du clergé et lui réitérèrent le même honneur à l'assemblée de Melun. Quoique la mission fût délicate » il la remplit dignement. Il venait d'être nommé lorsqu'il pirut auK États. L'assemblée terminée, il se dirigea vers Rome où il reçut Tonction sainte des mains du cardinal de Pellegruc, le 18 novembre 1IP72 , et fit son entrée à Bazas le jour de l'Ascension de ramée suivante. Les guerres et la famine désolèrent son troupeau; niaia sa charité était encore plus vaste que ses connaissances. Elle multiplia les ressources et acheva le triomphe qu'avaient commencé ses prédications, car s'il faut en croire un auteur de nos jours, il eut atant de mourir le bonheur de voir tous les sectaires de son diocèse rentrer dans le bercail. Les soins de son ministère , les conquêtes même de sa charité, ne lui firent pas oublier les lettres. Il composa durant son épiscopat un commentaire sur le prophète Abdias et des nofaa plus connues sur la chronique d'Eusèbe. Enfin , épuisé de trtraux bien plus que d'années, il mourut le 4 février 1605, dans le chélean où il avait reçu le jour. Dans son testament qui noas a été conservé, il chargeait sa famille de prendre douze mille écus sur sa succession pour les employer à la restauration de son église. Une inscription, gravée au-dessus du malire-autel, nous apprend que Godcfroy et Arnaud de Pontac, l'un et Tautre présidents au parlement de Bordeaux, exécutèrent religieusement les intentions du prélat.

Après la mort d'Arnaud de Pontac, le siège de Bazas vaqua quelque temps. Henri iV nomma à ce siège l'abbé de Solignac, Jean de Jaubert, fils d'Aimeric de Jaubert , comte de Barrault et baron de Blagnac , qal ftit plus tard ambassadeur de France à la cour d'Es pagne; mais les bulles furent retardées quelque temps. Le prélat fut sacré enfin è Rome par le cardinal de Larocbcfoucault. Il fit son entrée solennelle à Bazas le 28 février 1612, assista aux états tenus à Blois en 1614 et 1620, et ent l'honneur de haranguer le roi LoQis XIII à son retour de Béarn. Dix ans après, il passa au siège d'Arles. Presqu'aussi savant que son prédécesseur et iron moins zélé, il composa plusieurs traités contre les calvinistes et en particulier le Rûuelùrdê la Foi. 11 avait été désigné pour allcraccompagnerla reine

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llenrieltc en Angleterre en qualité de son grand aumônier; mais les hérétiques redoutèrent l'ascendant de sa science et le firent eiclure. Il eut pour successeur, à Bazas, Nicolas de Grillet ou Grillié, doyen de Provins , un des plus célèbres prédicateurs de son temps. Anne d'Autriche, qui se plaisait à l'entendre, lui obtint révéché deBazas, d'où il passa à Arles en 1634. Ce prélat avait, dit-on, une mémoire si prodigieuse, qu'à la première lecture il retenait un sermon quelque long qu'il fût. Henri Lislolfi-Maroni, abbé de St-Nicolas de Nemours et aumônier du roi, fut mis à sa place et reçut Tonction sainte dans l'église des Dominicains de Poitiers, le 8 juin 1634. Néanmoins, il ne fit son entrée solennelle à Bazas que le 12 février de l'année suivante. Pasteur plein de foi, de zèle et de piété, il acheva le séminaire dont Arnaud de Pontac avait jeté les fondements, et appela les Ursulines dons sa ville épiscop.iIe. 11 mourut à Toulouse, le 18 mai 1645 ; mais son corps fut rapporté à Bazas et enterré dans la cathédrale. Godeau, évéque de Vencc, prononça son oraison funèbre dans l'église des Auguslins de Paris en présence de rassemblée générale du clergé. Il nous apprend que Listolfi appartenait à une famille originaire de Mantoue. Il ajoute, avec la véracité d*un panégyriste sans doute , que le prélat devait le nom de Maroni au poète Virgile dont cette famille descendait.

Au prétendu descendant de Virgile succéda Samuel Martinau , tils d'un conseiller au parlement de Paris, qui fut sacré le 17 juin 1646 , dans l'église des religieux du Calvaire dont il était supérieur. Le nouvel évoque recouvra la seigneurie de Lerme, aliénée par Tévéque Balaguicr , introduisit les Capucins à Casteljaloui et reçut Louis XIV à Bazas. Il mourut au chÂteau de Gans et fut enterré dans la cathédrale à côté de son prédécesseur. Guillaume de Boissonnade, successeur do JMartinau, naquit d'Antoine de Boissonnade , seigneur d'Orty et de Madclainc de Beauroanoir. Il était précenteur dans réglise d'Agcn, lorsque le roi l'appela à l'épiscopat (1668). II signala son zèle contre les calvinistes et fit détruire le temple qu'ils avaient à Bazas en 1682. Il assista à la célèbre assemblée du clergé, où fut formulé ce qu'on a longtemps appelé les libertés de l'église Gallicane. Il tomba malade durant cette assemblée et mourut le 22 septembre âgé de soixante-dix ans. On l'enterra dans l'église de St-Sulpice. Jacques -Joseph de Gourgues , membre du second ordre de la même assemblée^ fut appelé aussitôt à monter sur le siège, que cette mort rendait vacant; mais les brouilleries d'Innocent XI et de Louis XIV retardèrent son sacre Jusqu'au 15 novembre 1693. Jacques était issu d'une famille qui a donné plusieurs présidents au parlement de Bordeaux. Il fit reparer le palais épiscopal qui était devenu la proie des

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flammes, peu après la mort de Martineau, termina le si^minaire qu'il coDlia aux Bariiabitcs, agrandit rbôpital et en augmenta les revenus. * Il établit les Bénédictins à Casteijaloux, les Capucins elles tlordeliers à la Réole et des religieuses à Monsegur. Sun i^piscopat, que tant do moDuments devaient rendre immortel, se prolonjrea jusqu'au 2 septembre 1724. C'est un des plus longs qu^eût vus l'église de Bazas.

Edme Mongin, qui occupa après lui le siège, était digne de lui succéder. Né de parents obscurs à Raroville dans le diocèse de Langres, il releva Thumilité de sa naissance par ses talents et ses vertus. Il se livra de bonne heure à la chaire chrétienne et dut à ses succès orat'jirca l'emploi de précepteur du duc de Bourhuii et du comte de Charolais, et une place à l'académie française qui l'admit dans son seiD, le i" mars 1708. Louis XIV, dont il pn^cha plus tard l'oraison runèbre dans la chapelle de la cour, lui donna Tabbayc de St-Martin d'Autun, et Louis XV y ajouta, en 172i, l'évèché de Bazas. Il fut sacré le 11 mars 1725, et mourut dans son diocèse le ti mai 1746, âgé de quatre-vingts ans. C'était un homme d'esprit et de goût. Ces deux qualités brillent par-dessus les autres dans le recueil de ses œuvres, qui renferme ses sermons, ses panégyriques, ses oraisons funèbres et ses pièces académiques. La ville de Bazas lui doit le pont de St-Martin, son Église, des réparations assez considérables, que l'oeil reconnaît sans peine, et le diocèse la construction du château de (îand, que toutefois il ne put terminer et qu'acheva t^on successeur. Jeon-Baptiste-Amédée de Grégoire de St-Sauveur, ainsi se nommait le dernier évéque de Bazas, vit le jour au mois de juin ITIW» dans le diocèse de Mende, dont il était prévôt et vicaire-général, lorsqu'il fut appelé à l'épiscopat. Il joignait encore à ces titres celui d'aumônier du roi. Sa preconisation n'éprouva pas de retard, car il fut sacré le 16 octobre 1746. Député aux Ê(ats-généraux, il y apporta cet esprit de paix , de conciliation et de douceur qui lui avait gagné le coeur de ses ouailles; mais son âge ne pouvait s'accommoder longtemps du tumulte d'une grande assemblée. Rentré à Bazas avant que son mandat eût expiré, il n'y traîna plus qu'une vie languissante, el y mourut le lO janvier 1792, chargé d'années et de mérites. A ses derniers moments, il demanda qu'on l'inhumât au milieu des paif^res dans le petit cimetière de l'hospice : c'était avoir noblement compris comment doivent tomber les derniers successeurs des apôtres. Les vœux du mourant furent remplis, et Ton voit encore dans le cimetière sa modeste tombe.

K Le portail de l'église est magnifique ; l'église elle-même est assez belle : elle a pour iMtron St-Jean-Baptistc. Le chapitre était composé de trois archidiacres, d'un chantre, d'un saoriste, d*un ouvrier et de

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dix-huil chanoines. Les dignilés éloient ù In coUation de révèqae; les canoDicals à la noniinationa alternative de Tévéque cl des chanoines en corps. Huit grands prébenJiers, huit chapelains et huit musiciens formaient le bas-chœur. Les Barnubites avaient la direction duiémînaire. II y avait dans la ville des Cordeliers, des Capucins, desUrsulincs et des Sœurs de la charité. On comptait dans le diocèse deux cent vingt-une paroisses environ et quarante-cinq annexes. L*évèquc Ctail seigneur de la ville et avait plus de 30^000 livres de revenu. •>

ÉVÊQUES DE COUSERANS.

A Pierre d'Ossun avait succédé (vers 1581) sur le siège de Couserans, François Bonnau, religieux Franciscain et prédicateur célèbre, né à Montréal dans le Piémont. Il gouverna le diocèse près de quinze ans et fut remplacé en 1595, par Jérôme de Lingua, fil» de sa sœur, né comme lui k Montréal, et comme lui enfant de Si-François , mais de la congrégation de la grande observance. Jérôme attira en France Bernardin, un de ses frères, et le maria à une riche héritière du pays. C'est ainsi que la famille de Lingua de St-BIancat fut transportée du pied des Alpes au pied dei Pyrénées. L^évèque de Conserans mourut en 1612 , et fut enterré dans Téglise cathédrale de Ste-Marie, près des cendres de son oncle. Octave de Bellegarde s'assit alors sur ce siège. 11 était né posthume (février 1587) de Coesar de St-Lary, flis du premier maréchal de Bellegarde et de Jeanne da Lyon. Quoiqu'il n'y eût qu'une promesse de mariage entre tei auteurs de ses jours, il fut déclaré légitime par arrêt du parlement de Bordeaux ; mais Roger de Bellegarde, cousin de son père» 8*empara de tous les biens de sa maison, et voua son jeune parent à Téglise. Henri IV protégea le malheureux orphelin, et le pourvut de plusieurs riches bénélices, cl entr'autres des abbayes de St-Ge nnain-d*Autun cl de St* Michel -de-Tonnerre, et de la domerie d'Aubrae dans le Rouergue. L'année même de la mort de son protecteur, Octave obtînt l'évècUé de Couserans, qu'il échangea, en 1621, contre. l'arche vècbé de Sens. C'était un prélat savant, ferme et zélé, qui se mèla^ui querelles religieuses de son époque. Sur la fin de ses jours, il inclina vers le Jansénisme; il approuva le livre de la fréquente couimunion de l'abbé Arnaud, et écrivit en sa faveur au pape Alexandre VIIL Néanmoins, on l'avait vu hautement proléger les Jésuites et condamner U Traité des Droits et des Libertés de l'église Gallicane, mais si ses opinions ne furent pas bien établies, sa charité ne fut jamais douteuse. A sa mort, il partagea ses biens entre les pauvres et l'église de Sens. Durant son passage sur 1c siège de Couserans, les Capucins

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se fîièreol dans la ville épiscopale. Octave de nellrgardc cul pour successeur dans sa première église, un i'hartreux, Bruno Ruade, qu'il sacra de ses mains le 10 mors 1624.

Ruade n'avait quitté sa solitude que malgré lui, à la sollicitation de Louis Xlllet surlecommandement formel du général dcson ordre, llalbeureusement pour son repos, il porta dans le monde l'austère rigidité du cloître. Les bénéficiers de son chapitre ne voulurent pas se plier aui lois de la discipline ecclésiastique à laquelle il s'efforçait de les ramener, et lui suscitèrent de longs et de graves embarras. L'évéque aima mieux fuir le champ de bataille; il se relira à la commune de Tillouse dont il était seigneur et où il (il bâtir un palais. Là, il retrouva enfin le calme et la solitude qu'il avait laissés dans sa cellule, et qui semblent avoir été le premier besoin de son coeur. On ignore l'année de sa mort ; on sait seulement qu'il légua ses joyaux aux Chartreux de Toulouse , chez lesquels il fut enierré dans une chapelle qu'il avait fait construire. A un ancien religieux allait succéder un ancien magistrat, le célèbre Pierre de Marca, le savant auteur de l'histoire de Béarn , dont nous avons si souvent invoqué le témoignage

Pierre naquit à (ian , près de Pau, le 15 janvier 159i , d'une famille ancienne, originaire d'Espagne. Son père^ catholique fervent et intrépide, voulut que le nouveau -né fût baptisé dans une église catholique; et comme l'exercice du catholicisme était interdit en Béarn, il fit porter son fils h l'abbaye de St-Pé-de-Generez. On prétend que le prêtre, en lui imposant le nom de Pierre, ajouta les paroles de rÈv^Dgile, lu es pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église. Qiioiqn*il en soit de cette anecdote, assez suspecte, le jeune Marca puiM dans sa famille l'amour de l'orthodoxie et le courage de la professer. Il fit éclater de bonne heure ses sentiments et montra en même temps une grande application à l'étude, et une rare aptitude pour les lettres. Ces qualités le rendirent singulièrement propre à travailler an rétablissement de l'ancien culte. Il s'y employa avec ardeur et eut le bonheur de voir ses efforts couronnés de succès. Pour le récompenser, le roi I^uis XIII lui confia la charge de président au parlement de Pau, en 1621 , et celle de conseiller d'état en 1639. Pierre ayant à cette époque perdu son épouse , entra dans les ordres sacrés et fut nommé, en 1642, à l'évèché de Couserans. Mais la cour de Rome , justement offensée des principes renfermé d^s le livre de la Concorde du Sacerdoce et de l'Empire, lui refusa long temps ses bulles. Il ne les obtint qu'en 1647, après avoir expliqué sp» sentiments et promis les corrections nécessaires. Il fut sacré

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à Narbonne, duiis le nioii d'octobre de TaiiDée suivanle, par Tarclicvêquc do cette ville, assisté des évoques de Beziers et d'Aleth. La cour de France l'envoya aussitôt en Catalogne. A son retour , il repassa à Sl-Lizier où les habitants le reçurent arec toutes les démonstrations de la joie la plus vive (3 août 16M); mais ces fêtes se changèrent presqu'aussitôt en deuil. Pierre fut transféré qaelques mois après à Tarcbevôcbé de Toulouse, d'où il fut appelé ensuite sur le siège de Paris. Il est vrai qu'il n'en prit pas possession; car il mourut le jour même que ses bulles arrivèrent (1). Ce prélat réunissait plusieurs talents qui se trouvent rarement ensemble , Térudition, la critique et l'art d'écrire ; sa pensée se développe sans affectation et sans embarras: son style est presque toujours pur et ferme. Persuadé qu'il importe à la religion d'étouffer dans son berceau les sectes naissantes, il s'appliqua à arrêter les progrès du jansénisme; aussi a-t-il été maltraité par les écrivains du parti. Outre l'histoire du Béjirn et le livre du Sacerdoce et de l'Empire, nous devons à Pierre deMarea, le Marca hispanica, description savante et curieuse de la Catalogne, du Rousillon et des pays adjacents, et un grand nombre d'opuscoles qui roulent presque tous sur des sujets religieux."'

Marca fut remplacé à Couserans par Bernard de M armiesse , cha noine de Toulouse et agent général du clergé. Bernard appartenait à une ancienne famille de la province et avait pour frère, Jacques, baron de Lussan, président à mortier au parlement de Toulouse. Nommé en 1653, il fut sacré à Ponloise en 1655, durant l'Assemblée du clergé, et mourut le 22 janvier 1680. H avait ainsi siégé vingt-sept ans. Durant ce long épiscopat, il remplit tous les devoirs d'uo .pasteur pieui et vigilant, mais il s'occupa surtout des pauvres. Afin de leur procurer d'abord du travail et plus tard un asile plus vaste que celai qu'ils possédaient, il fit agrandir l'hôpital, fondé par Hector d'Otsun. Cet amour pour les pauvres raccompagna jusqu'au tombeau. A ses derniers moments il les établit ses héritiers, et afin de ne pas les quitter après sa mort, il élut sa sépulture dans le cimetière de l'hospice d'où son avant-dernier successeur retira ses cendres, qu'il plaça derrière l'autel de la chapelle. Gabriel de St-Estève , d'une famille noble de la Navarre, successivement abbé de Plain-pied et de Combelongue, futappelé à lui succéder, et siégea vingt-sept ans comme loi. Isaac Jacques de Vertamont, qui vint ensuite, occupa le siège de

(I ) CoUetet loi fll l'épitaphe siuTantc : ^

Cy-gtt l'illustre de Marca , que le plu* grand des rois marqua poiur ilre te prélat

deêon église; mais la mort qui le remarqua et qui se platt à la Mrprîae, tout

aussitôt le démarca.

1708 h 1723. U entra jeune dans la congrc^gaiion de rOraioire » cl s'appliqua à l'étude des lettres et surtout des saintes écritures. Un de let oncles, évêque de Paroiers, l'appela ensuite auprès de lui et l'établit son vicaire-général. C'est lui qui le sacra, assisté des évèques de Lecloure et d'Aire. Jean-François de Machccode Premcaux succéda à Yertamont. La famille de Machcco, une des plus considérables do Ljon, compta à la fois trois de ses membres dans les dignités ecclésiastiques, Tévèquc de Couserans, l'évêque de Périgueux, frère puîné de celui-ci, et l'archevêque de Narbonne leur oncle. Jean-François avait été agent général du clergé. Il possédait l'abbaye de St-Paul de Narbonoe, lorsqu'il fut promu à l'épiscopat. Son frère vint présider à ses funérailles, le 1''^ mai 1751.

. Joseph de St-Àndré-Marnays de Versel, que le roi nomma ensuite, était né à Paris, en 1703, d'une famille originaire du Dauphiné, également connue dans la robe et dans l'épée. Il se sentit d'abord incliné vers le cloître^ et commença son noviciat chez les Chartreux ; mais la faiblesse de sa santé trahit sa dévotion et força ses parents à l'arracher de la solitude. L'évêque d'Angers ayant connu son mérite, se l'attacha en qualité de vicaire* général et d'official diocésain. Le roi lui donna d'abord l'abbaye de St-Romain de Blayc, et ensuite l'éfèché de Couserans. Sacré le 22 octobre 1752, il se rendit aussitôt dans son diocèse, dont il ne s'éloigna que deux fois, l'une pour aller partager les travaux de l'Assemblée du clergé, à laquelle sa provint; l'avait député, et l'autre pour aller terminer quelques affaires de fafkmille. Pieux et charitable, il fonda une maison d'éducation à St-Girons et la plaça sous la discipline des Dames de Nevers. Il bâtit en même temps sur les ruines de l'ancien cloître des chanoines un vaste et bel hôpital, auquel il légua plus tard tous ses biens. Prévoyant, comme par inspiration, que son dernier moment n'était pas éloigné, il s'y prépara par une retraite de huit jours qu'il alla faire cbet les Capucins, et mourut presque subitement Ie2i septembre 1779. U fut enseveli dans le tombeau qu'il s'y était fait construire, à la cha pelle de TbApital, près des cendres de Bernard de Marmiesse. Dominique de Laslic termina la série des prélats de Couserans. Il nAquit à Senchellé, dans le Gevaudan, et fut prieur du Pont-St-Espril, archidiacre du Grand-Co et vicaire général de Pontoise, avant de parvenir à répîscopat. Son clergé le députa à la Constituante; il s'échappa di> Paris pour se soustraire aux massacres, et se retira en Allemagne où il mourut vers l'an 1798.

» Il y a eu autrefois dans iv diocèse deux cglist^s concatbédrales . Tune sous l'invocation de St-Lizier, dont la ville porte le nom; et Vautre sous celle do Notre-Dame. Toutes deux étaient desservies par

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un pareil nombre de chanoines. Bernard de Marmiesse les réunit en un seul chapitre dans Téglise de Notre-Dame-du-Siége^ située sur le terrain le plus élevé de la ville, où était aussi le palais épiscopal. Ce chapitre était composé d'un archidiacre, de deux préconteurs, deux sacrisles et deux ouvriers, d'un aumônier et de douzechanoines : deux .vicaires perpétuels et vingt-quatre prébendes formaient le bas-chœar. Depuis la réunion, trois dignités étaient doubles. La date de la réception des titulaires lixait la préséance de Tune sur l'autre : Tévèque était seul coUateur des dignités et des canonicats. Les chanoines aTaient chacun le patronage de deux prébendes. L'église collégiale de Massât était composée d'un curé et de huit canonicats h la collation alleroative del'évèque et du chapitre. Le diocèse renfermait soixante>trois paroisses environ, plusieurs communautés religieuses et une abbaje. L'évéché valait 30,000 livres. »

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