‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 103 sur 415 · BATISSES ISOLEES DANS LES CAMPAGNES · texte numérisé non relu

BATISSES ISOLEES DANS LES CAMPAGNES

demeures isolées, sont encore pour les Gaules des formes aimées de la vie sociale'. De même façon, elles n'oublièrent aucun de leurs sanctuaires des champs, aucun de leurs dieux solitaires sur les bords des sources ou au sommet des montagnes.

Mais ces vies indépendantes, de grands seigneurs ou de vieilles divinités, ne se laissaient pas moins gagner par le besoin de se fixer sur le sol et par l'envie d'y bâtir. Les riches villas-, si loin qu'elles fussent des cités, finissaient toujours parleur ressembler ^ avec leurs fondations profondes et immuables, leurs salles innombrables, leurs portiques, leurs statues, leurs chapelles, leurs thermes et peut-être leurs théâtres même^ et les conduites de leurs fontaines ou les tuyaux de leurs calorifères rappelaient les canaux invisibles des grandes villes ^ En face de la demeure seigneuriale, au centre ou en bordure" du domaine, le maître du lieu se prépare son mausolée, aussi puissant que ceux des plus opulents citadins '. Tel grand château rural, comme celui de Chiragan sur la haute Garonne, étend aujourd'hui ses ruines sur plus de deux hectares, et dans ce seul espace nous a livré plus de cent bustes ou statues ^ plus que les plus beaux thermes des plus importantes cités ^ La pierre, là aussi, régnait en souveraine.

Les dieux des champs ne souffraient pas davantage de leur

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