‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 113 sur 415 · Ici, p. 110-117. Vers l'ampelune · texte numérisé non relu

Ici, p. 110-117. Vers l'ampelune

3. It., p. 455 et 452-3 : Dax. Denearnum (Lescar), vers Saragosse. — Les voyageurs de Lyon trouvaient sans doute dans le val d'Aran ou dans la vallée d'Aure d'autres passages des Pyrénées dans la même direction de Saragosse ou dans celle de Lérida et Tarragone (p. 98, n. 1) : ils gagnaient ces vallées par la voie directe (p. 92, n. 3) de Rodez et Toulouse.

G» Outre la voie d'Agrippa, les relations entre Lyon ou le Centre et le Midi étaient assurées par les routes ou sentiers suivants, très anciens et demeurés très populaires. 1" La voie du pays de Lozère décrite par Sidoine Apollinaire {Cann., 24) : Glermont, Brioude, la traversée de la Margeride, le passage de la Truyère, Javols (sublimem urbein in puteo), Trevidon (Sainl-Laurent-de-Trèves), et de là vers Nîmes, soit par Saint-Jean-du-Gard et Anduze (la voie normale au Moyen Age; cL valUs Francisca), soit par Alais où elle rejoint la voie suivante (cette dernière direction indiquée par Sidoine, si l'on place son Vorociiujus à l'ancien lieu de Brocen près d'Alais). 2" La voie Rejordafie, de Saint-Paulien à Nîmes par Alais (t. IV, p. 566); d'Alais et d'Anduze une route, au pied des Cévennes, s'en allait rejoindre par l'Hérault (Saint-Guilhem) la via Domilia à Béziers. 3" La roule du l'ai (t. 111, p. 430), de Glermont d'un côté et de l'autre de Feurs sur Saint-Paulien (t'est, dans ce dernier trajet, la fameuse voie Bolcna ou la Bolcnc [route des liornes?]; cf. XIII, 8871), età la fin aboutissant d'un côté à Aps et Viviers, de l'autre à Uzès et Nîmes (XII. 55T3-83); c'est cette route, aux « vieilles bornes des Césars », qu'indique Sidoine, Cann., 24. 5-7. 4° La route de la rive droite du liliùne, faite ou refaite par Antonin (XII, 55.o9 et s.; cf. t. IV, p. 473, n. 7). 5° La route ancienne des Marseillais, qui conlir.ue vers le sud la voie du Pal(n"3) par Pont-Saint-Esprit, Orange, Cavaillon, Salon et rejoint vers Rognac la route marseillaise d'Arles (p. 94, n. 3) sur la rive orientale de l'étang de Berre (cL t. Il, p. 220 et 232) : c'est, je crois, à cette voie qu'appartiennent les milliaires d'Orgon (Auguste et Antonin, XII, 5499, 5500, si du moins ils n'ont pas été dépla'cés); elle a dû en elTet attirer l'attention des empereurs, car, d'Orange à Salon, elle évitaitje détour par .\vignon, Tarascon, Arles. 0" La voie subalpestre de Munatius, de Grenoble à Fréjus, que nous allons retrouver (t. IV, p. 51; ici, p. 100).

7. De Lyon à Vienne la voie principale passait par la rive droite pour retrouver le pont à Vienne et passer ensuite sur la rive gauche : mais il y avait un conipend/um sur la rive gauche, i|ue l'on gagnait en traversant en bac le Rhône à Lyon.

8. Strabon, IV, 6, 1 1 : c'est la voie d'Agrippa, que le géographe fait arriver

de rilalie et ;iux provinces espagnoles. C'est à Tarascon ' qu'elle se bifurquait pour répondre à sa double destination. A l'est, sous le nom de « voie Aurélienne » -, elle traversait Arles et Aix ', plaines et montagnes de la Provence, pour atteindre enfin à Fréjus le rivage de la Méditerranée, dont elle ne s'éloignait plus jusqu'à Rome*. A l'ouest, sous le nom de « voie Domitienne » ^ elle parcourait les plaines poudreuses du Languedoc, les terroirs de Nîmes, de Béziers, de Narbonne, puis gravissait le Pertus pour descendre, de l'autre côté des Pyrénées, vers la grande métropole espagnole de Tarragone. — En haut de ce

âul Tf|V .MaT(ra>,ta)T:/.riv uapa/iav, ce qui peut signifier aussi bien jusqu'à Tarascon que jusqu'à Fréjus, et peut aussi viser une des routes directes de Marseille à Arles (p. 94, n. 3).

1. Un cliemin direct, évitant à la fois Tarascon et Arles, partait d'Avignon, passait à Saint-Gabriel (Ernaginiun), et de là allait rejoindre à Fonlvieille la route montant d'Arles.

2. Ce nom {via Aiu-clia... Arelatum usque, It. Ant., p. 2SD) s'explique parce qu'elle était le prolongement de la roule de ce nom, construite sous la République, de Rome vers la fronti,ére d'Italie par le littoral, mais il est évident que c"est par abus ou par erreur que l'on a étendu ce nom du Var à Arles, puisque la vraie via Aurélia s'arrêtait avant Pise et que la roule du littoral s'appelait ensuite via .■Emilia Scaura et, depuis Vada Sabatia jusqu'au Var, via Julia Augusta (celle-ci construite en 13-12 av. J.-C); mais l'extension graduelle du nom de via Aurélia vers le nord n'en est pas moins certaine dans l'Antiquité {per Aureliam usque ad Alpes Maritimas, V. Aureliani, 48, 2). Celte route de Provence a dû être construite par les Romains bien avant Agrippa; cf. t. III, p. 37, t. IV, p. 51 et s.

3. La roule directe est par Arles et Aix (Marseille est réunie à Aix par une très vieille route parliculière). Remarquez qu'aucun des itinéraires ne donue ce parcours, si facile à reconnaître par les vestiges et les milliaires: la Table fait même faire à la route le détour de Saint-Remy, par le nord des Alpines! Et que ce trajet direct d'Arles à Aix fût la vraie route postale, et non pas le trajet par Marseille, c'est ce que prouve bien l'abondance de milliaires sur cette route, alors que celles de Marseille à Arles en sont complètement dépourvues. Et c'est ce qui résulte aussi du texte de Strabon, IV, 1,3. — Mais de Marseille partaient aussi deux routes directes vers Arles : 1-° l'une à l'ouest de Fétang de Rerre, par Fos, qui devait être la voie antique des Marseillais (t. I, p. 469-470) et de Marius (t. III, p. 713); 2° l'autre à l'est de l'étang, par le pont Flavien (sur la Touloubre, à Saint- Chamas). — Les itinéraires écrits, d'ailleurs concordants (Table, Antonin, .\nonynie de Ravenne), ont complètement perturbé la route normale : de Marseille ils font aller à Calcaria (14 milles, vers Vitrolles), ad Vicensiiniun (20 milles, de Marseille [?], au passage de l'Arc), colonia Maritiina (le port de Miramas ou Saint-Chamas? cf. p. 133, n. 6), Fossse Marianx (Fos) et .\rles : on fait donc faire tout le tour de l'étang à la route, ce qui est d'impossibilité absolue, les voyageurs n'ayant aucune peine à trouver un bon chemin direct de Miramas à Arles par la Crau.

Page 1