‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 117 sur 415 · T. I, p. 23-4; t. VI, ch. VI · texte numérisé non relu

T. I, p. 23-4; t. VI, ch. VI

5. T. VI, ch. VI. De Paris à Bavai par Sentis la route manque dans les textes; mais il est facile de la retrouver sur le terrain, en particulier de Vermand (elle ne passe pas par Saint-Quentin; cf. p. 107, n. 2) à Bavai, où son tracé rectiiigne est peut-être le plus curieux qu'ait laissé en Gaule une route romaine ; tout indique d'ailleurs que ce tracé remonte aux temps celtiques (t. II, p. 472). De Bavai elle conduit à Cologne par Tongres, et là encore c'est une très vieille route fort connue de César (cf. t. III, p. 262, 269 et s., 376 et s., 406 et s.). Louis Guichardin [vers 1567] a très bien reconnu la direction et le tracé de la voie a Tungris reclo ilinere Luteliam usque {Onnium Belgii. éd. de 1613, p. 306). — Des embranchements menaient, au delà de Tongres, à Xanten (cf. t. 111, p. 326, n. 6), et sans doute de Tongres et de Bavai vers Bois-le-Duc et Ximègue (Table, 1, 4; t. IV, p. 216, n. 6; ici, p. 101, n. 2). — Sur la route parallèle de Bavai en Normandie, p. 90, n. 2. — Sur les voies transversales vers Boulogne, p. 90, n. 1. Le croisement de la route postale de Boulogne devait se faire aux abords de Roye (cf. t. VI, ch. VI).

6. Son principal rôle international est, sur le secteur Cologne-Bavai, continué

celles dû Nord ou celles du Sud, et c'est par cette route que Germains et Sarrasins chercheront la conquête de TOccident'. 3" Dans le Nord de la France, de faciles chemins sillonnaient le pays de part en part, unissant, de l'ouest à l'est, les bords de l'Océan à la frontière du Hhin. Les plus importants traversaient la Seine, venant de la Normandie et partant pour la Picardie ou la Champagne K — L'un d'eux, plus tard, dans les temps où Paris assumera la défense de la Gaule contre les invasions germaniques^, devait prendre le rôle essentiel : de Paris, il arrivait droit à Reims, puis, à travers les gorges des Argonnes et des Hauts-de-Meuse, descendait à Verdun *, où il passait la Meuse, à Metz, où il passait la Moselle, franchissait les Vosges au col de Saverne et, en Alsace, trouvait le Rhin à côté de Strasbourg ^ — De Reims, une autre voie conduisait à Trêves par le gué de la

par la route Bavai-Boalogne (p. 90, n. 1), d'assurer les relations entre la Germanie Inférieure et la Bretagne.

1. Cf. t. H, p. 472, t. f, p. 23-4, 53, 66. — Il devait y avoir, à gauche de cette voie, un chemin direct de Saintes à Nantes par la Vendée. — Alors comme aujourd'hui, cette route diagonale du Nord vers les Pyrénées (sur Roncevaux d'un côté et sur le Somport de l'autre) était doublée par d'autres voies parallèles : 1° en partant d'Orléans, vers Bourges (cf. 1. 111, p. 437), Limoges, Périgueux, Eysses (cf. t. IV, p. 289, n. I), Agen, Auch, et au delà vers Saint-Bertrand-de-Comminges (It., p. 462-3) : je crois qu'à Lannemezan un chemin montait vers la vallée d'Aure (très profondément romaine), pour franciiir les Pyrénées au col du Rioumajou (la direction est presque rectiligne depuis Orléans); mais de Saint-Bertrand la route devait continuer sur Ludion et peut-être l'Espagne par le val d'Aran (cf. p. 93, n. 3); 2° en partant de Limoges, par le pont de Brive vers Gahors (manque sur les itinéraires; cf. 111, p. 555) et Toulouse, et peut-être au delà dans la vallée de l'Ariège; 3° en partant de Brive, à Albi (où l'on devait croiser la route de Lyon à Toulouse par llodez, p. 92, n. 3), Castres, Carcassonne. — Les voyageurs de Clermont rejoignaient ces réseaux en passant par Mauriac (cf. p. 92, n. 3) et de là sur Rodez par Aurillac ou sur Cahors par Gramat (remarquez l'importance de Mauriac comme carrefour). — Les voyageurs venant de la France centrale à destination du Pertus (p. 94) devaient, à Carcassonne, prendre un compendiuin qui, par le Yal-de-Daigne [vallis Aquilanica) et Lagrasse, les menait à Roussillon.

2. Voyez les routes transversales citées p. 90, fin de la n. 2.

3. Dès les campagnes de Julien, par exemple en 357 (Ammien, XVI, 11. 11; XVIL i, 1-2).

4. Très facile à suivre de Reims à Verdun. De Paris à Reims, l'existence de la route est certaine, quoique non attestée par les itinéraires.

5. Au delà du Riiin, route de la Souabe, p. 99, lin de la n. 5. — Un autre chemin, doublant celui-ci vers le sud, menait de Reims à Toul, et sans aucun doute au delà à Colmar (Horbourg) par le col du Bonhomme.

Meuse à Mouzon^ et, plus loin que Trêves, jusqu'à Alayence sur la frontière-: vieille route maintes fois suivie, jadis, par les cavaliers de César ^, et qui maintenant reliait entre elles les trois grandes métropoles des terres de la Belgique devenue romaine *.

i° Une voie interminable suivait la rive gauche du Rhin et mettait en relation les camps, les redoutes et les colonies qui bordaient la frontière, depuis l'embouchure du fleuve jusqu'au lac de Constance % où elle rejoignait la route similaire des bords du

1. Très facile à suivre de Reims à Mouzon, Mosoinagus : « c'est l'un des plus beaux, des plus hauts et des plus entiers qui soit en toute la Gaule Belgique », Bergier, p. 524. Au delà, par Moyen et Arlon vers Trêves. — A Moyen (Meduantum) près de Mouzon,. une route directe partait vers Cologne, route qui devait rejoindre à Tolbiacum (Zulpich) le réseau rhénan (p. 88, n. 5) ; j'avais songé, comme d'autres, à un parcours direct par Mézières, Marche, Aix-la-Chapelle et Juliers {Jidiacuin), à cause d'Ammien {Remos pcr Agrippinam et Juiiacuni pclcns, XVII, 2, 1); mais il s'agit ici de la route de Cologne, Juliers, Tongres (p. 97, n. 5), et de là à Reims par Mouzou ou directement. — De Mouzon, en eiïet, un chemin devait partir sur Marche et Tongres par les Ardennes (XIII, 9158?; t. III, p. 379, n. 3, p. 382, 393, n. 3). — On peut songer, en outre, à une route directe de Tongres à Reims par Marche et Mézières, et de Tongres à Metz par Marche et Arlon. — L'importance de ces roules et de Mouzon comme carrefour a été jusqu'ici complètement méconnue, soit dans l'élude des campagnes de César, soit dans celle des itinéraires. — Marche est également un carrefour qui mériterait d'être mieux étudié.

2. Par Bingen, Bclginum et P.iol; cf. t. IV, p. 213-4, p. 134, n. 1.

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