‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 13 sur 415 · L IMMIGRATION LIBRE · texte numérisé non relu

L IMMIGRATION LIBRE

m. — L'IMMIC.RATION LIBRE

Mais partout, dans le Midi, aux frontières, dans les Trois Gaules, l'immigration libre doubla ou compléta la colonisation officielle.

La France a toujours été le pays cher à ceux qui veulent une patrie de leur choix. Tout y appelle les hommes : une terre plus riche, la variété des produits, des routes plus faciles, plus de douceur dans le climat et d'harmonie dans le paysage, de plus hospitalières habitudes ^ A ces causes, qui sont éternelles, s'ajoutèrent, au lendemain de la conquête, la réclame faite par le vainqueur à la richesse des Gaules - et la misère réelle des plus vieilles régions de l'Empire ^ L'or, le bétail et le blé y abondaient; les fleuves y invitaient au commerce et les routes au voyage; bâtisses à construire, boutiques à ouvrir, marchandises à placer, exigeaient des ouvriers et des débitants sans nombre; et chez cette nation neuve, sur ces terres peuplées, en face d'indigènes intelligents et curieux, l'émigrant qui voulait faire fortune ne se sentait point gêné, comme en Afrique, en Italie ou en Orient, par l'immensité des grands domaines^ ou les traditions d'un long passé.

Aucune loi ne semble avoir défendu les immigrations de ce genre ^ L'Italien qui s'établissait en Gaule ne s'expatriait qu'à moitié : il ne quittait pas le sol de l'Empire; en sa qualité de citoyen romain, il ne faisait à vrai dire que changer de domicile". Le séjour en Gaule avait pour lui ce charme qui manque

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