‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 134 sur 415 · Ici, p. 115, n · texte numérisé non relu

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fort rare : la route, le plus souvent, chemine et s'élève à flanc de coteau sur les saillies ou les encoches du rocher, et elle garde l'allure réj^ulière et uniforme de la piste muletière à laquelle elle a du succéder.

Dans les bas pays, les difficultés venaient des rivières à franchir et des marécages à traverser'.

Les Romains n'ont pas construit dans les Gaules autant de ponts qu'on est tenté de le croire. Sauf sur le Rhin, ils furent, chez nous, assez timides en ce genre d'entreprises-; et môme à la frontière, ils n'y ont recouru qu'en face des villes militaires, à Mayence, à Bonn, à Cologne, à Xanten, à Nimègue, aux points les plus utiles à leurs projets de conquête ^ Dans l'intérieur du pays, il n'y eut pas, à cet égard, un réel progrès sur l'époque de l'indépendance* : le pont en bois fut remplacé par un pont de pierre, et ce fut tout^ Sur aucun de nos quatre fleuves, on n'entreprit de beaux travaux d'art au croisement des grandes routes ^ Point de pont ni à Bordeaux sur la

1. Strabon (IV, 1, 12) signale les ennuis que, sur la roule du Genèvre au Pertus (p. 96, n. 1), on rencontrait; au printemps et en hiver à cause de la boue des marais voisins des rivières (à Cavaillon sur la Durance? à Tarascon sur le llhùne?), en été à cause des débordements des torrents.

2. Mêmes remarques chez Léger, Travaux publics, p. 251 et s.; Léger est justement très dur pour l'incurie de l'État romain en matière de ponts.

3. Sans doule surtout en bois et d'abord ponts de bateaux; t IV, p. 132, n. 9, p. 162, n. 2, p. 217, n. 7, p. 547, n. 3. CL les pilotis du pont de Mayence (Koepp, 2° éd., p. 140-2). 11 pouvait y avoir dans certains cas des piliers de pierre ou des pilotis de bois renforcés de pierre, sur lesquels on disposait un tablier de bois facile à rompre : ce fut sans doute le cas du pont de Cologne sous Constantin {Paneg., VII [VI], 13; cL Westd. Zeiischrift, V, 1886, p. 238 et s.; Rlinkenberg, p. 345 et s.).

4. Voyez ce que les Gaulois ont fait comme ponts, t. IL p. 230-2. Des constatations semblables, qui ne sont pas à l'honneur de l'Empire, ont été faites en Grèce et en Asie (Mommsen, /?. G., V, p. 269 et 330), et je ne crois pas qu'il faille en incriminer seulement le gouvernement du sénat.

5. Encore remarquons que, sous Julien, les deux ponts de Paris sont toujours en bois, ^-j/.'.vai vlcp-jpai (p. 340, Sp.) ; il est vrai que les ponts de pierre ont pu être détruits par précaution lors des invasions de 275-6 (t. IV, p. 600-1). Strabon mentionne des ponts en bois sur la grande route du Genèvre au Pertus (IV, I, 12). CL n. 1.

6. Les restes authentiques de ponts de pierre sont sur rivières secondaires : piliers du pont de Trêves sur la Moselle (190 m.; on a supposé qu'il ne date

TRACES ET ŒUVRES D AUT. il9

Garonne' ni à Tarascon sur le Rhône ^ Je doute fort que le grand pont celtique de Pont-Saint-Esprit ait pu être conservée A ces lieux de traversée, les plus importants delà France entière, il fallait s'arrêter, fréter bac ou barque. Même dans les villes aux fleuves moins larges, il n'y a, en fait de pont, que l'indispensable, ce qui existait déjà sous les Gaulois. Lyon, la métropôle des Gaules, n'a qu'un pont sur la Saône, entre Fourvières et les sanctuaires du Confluent \ et Paris se contente toujours

que de Constantin, ayant alors remplacé un pont en bois : c'est douteux); les restes du pont de Cob'ientz sur la Moselle {Westd. Zcitschrifl, XVII, 1898, p. 2.36); le pont des Esclapes près de Fréjus {via Aurélia, sur une dérivation de l'Argens?); à Vaison sur l'Ouvèze: à Anibrussum (Pont-Ambroix, via Domilia, C. I. /.., XII, 5648) sur le Vidourle; le pont dit de Battant sur le Doubs à Besancon (aujourd'hui enfermé dans l'oeuvre du pont moderne); le pont Flavien de Saint-Chamas (C. /. L.,X1I, 647) sur la Touloubre, passat^e d'une roule directe d'Arles à MarseiJle (p. 94, n. 3), avec un arc à chaque extrémité; le pont Julien, près d'Apt, sur le Calavon (roule du Genèvre) ; à Jaulnes, les massifs en maçonnerie du pont, sur la Seine, de la roule de Sens à Meaux; à Sommières sur le Vidourle (8 arches sur 17), direction de Nimcs à Lodévc; le pont de Monlipnies-Sainl-Cliristophe en Hainaut (roule de Trêves à Bavai). La presque totalité des « ponts romains . qu'on montre en France sont médiévaux ou royaux. Ajoutez, connus par les textes, le pont de Genève t. III. p. 194), le pont près d'Arles sur le Petit Rhône (p. 95, n. 4), les ponts de Paris (p. 118, n. 5), le pont de la Sarre à Konz (Âusone, Mos., 92), le pont sur l'Aude à Narbonne (p'. 135, n. 3-4), le pont de l'Argens (t. IV, p. 50), et tous ceux que révèlent les noms de lieux, Pons, Brive ou Brives, Briuudc, etc. — Ponts et routes sont souvent rapprochés dans les inscriptions qui rappellent des travaux de voirie (Xll, 5430-2, 5334, etc.); mais il ne s'agit encore dans ces inscriptions que de ponts secondaires.

1. Le passage avait lieu à Trégey, Trajectus {Rôles Gascons, n° 970, II, p. 289; n" 1032, 11, p. 312, Bémont). sur la rive droite, en face la gare du Midi, là où précisément le chemin de fer traverse aujourd'hui le fleuve : ce qui s'explique par la possibilité de gagner plus vite la ligfte des coteaux de la rive droite, en évitant le plus possible les marais de La Bastide. C'est bien la route romaine qui est décrite dans le premier document : magnum itcr quo ilur a porta de Trajet ad ncmus de Cipresso [le Cypressat] . — Pas de pont non plus sur la basse Dordogne vers Cubzac (cf. p. 121, n. 3).

2. Le passage devait se faire à peu près où est le pont actuel, à la hauteur de l'église Saintc-Marlhc. C'est à ce passage que fait allusion Slrabon, itof/6p.£lo'.; (IV, 1, 12).

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