‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 159 sur 415 · T. m, p. 300; t. VI, ch. VI · texte numérisé non relu

T. m, p. 300; t. VI, ch. VI

2. DarioritLim, sans doute moins important comme port que comme métropole des Vénètes.

3. C'est certainement un des endroits du rivage armoricain où on a trouvé le plus de ruines intéressantes, notamment un des très rares théâtres de l'Armorique. On peut donc placer là le porlus Vidana de Ptolémée (II, 8, 1), plutôt qu'à Port- Navalo et surtout qu'à Audierne.

4. Ou plutôt son fauboug de Locmaria, l'ancienne civitas Aquilonia.

5. On y place d'ordinaire Gesocribale, point terminal de la grande route de Nantes, Vannes, Carhaix. Mais l'importance et l'antiquilé de la roule de Carhaix à Castel Ac'h (p. 91, n. 3) me ferait pencher vers cette dernière localité, qui du reste paraît avoir livré moins de ruines romaines que Brest. — On est convenu de placer le porlus Saliocanus de Ptolémée (11, 8, 2) à la baie de Pors-Liogan entre le cap Saint-Mathieu et Le Conquet (mais cette identification ne va pas sans réserves, J. Loth). On y aurait trouvé trace de quais [?J. — Ce sont les ports connus des Osismiens.

6. Le Beginca de la Table de Peutinger, très important alors, et peut-être le port principal des Coriosolites (Gorseul).

7. C'est la partie, nord de Saint-Servan (Aletum, Not. dign., Occ, 37); Aleth devait servir de port au.\ Hcdons (Rennes). — Il résulte de tout cela que l'Armorique élait le pays de l'Atlantique le plus riche en ports, ce que confirme l'éventail de routes partant de Carhaix pour desservir les rivages (p. 91, n. 5). Tous ces rivages d'ailleurs sont extrêmement riches en raines romaines; cf. de La Borderie, flist. de Bretagne, I, 1S9G, p. 78 et s.

8. Le principal port de la Normandie, en dehors de Rouen, parait avoir été la mystérieuse Grannona {Not., Occ, 37), qu'on a placée à Portmail ou près de Guérande (p. 136, n. S), ou encore, très loin de là, à Étaples. J'hésite à croire, vu l'importance de la situation et le nom, qu'il ne faille pas accepter l'hypothèse de Granville.

9. Coriallum {]). 91, n. 4), chez les Unelles. — Ptolémée (II, 8. 2) et la Table mentionnent Crouciatonmim, (jui parait être Carentan. — Il semble que la Normandie eut alors une importance maritime inférieure aux autres régions du Nord, Armorique ou Flandre.

velles et les modes de Rome '. JMuis en ag^issant ainsi, on les traitait moins en ports de mer qu'en étapes de chemins, on les regardait trop du côté de la terre, et pas assez du côté de la mer, où étaient leurs véritables destinées. L'Empire avait beau s'être formé autour d'une mer, la Méditerranée : il céda toujours à l'obsession des routes continentales.

Aux abords du Pas de Calais-, et là seulement ^ se manifeste la volonté de bâtir pour les gens de la mer : et cela se fait à Boulogne, où l'estuaire de la Liane fut adapté à la vie d'un très grand port, où il y eut des bassins, des quais, des arsenaux' et le plus beau phare de tout l'Occident". Mais remarquons

1. Cf. p. 91, n. :j. 4, o. Mais il est probable (jue les tracés de ces routes sont antérieurs à Rome (cf. p. iOO et ici, n. 2).

2. 11 semble même qu'il y ait eu un peu plus, sinon d'activité maritime, du moins d'inlcrvention publique dans les petits ports au nord de la Seine, si du moins la siluation, au iv° siècle, se rattache à un état antérieur; Notitia. Occ, 38 : Classis Sambrica [la Somme et non la Sambrc] in loco Qiiartensi sive Ilornensi [vers Saint-Vnlery, le cap llornu et le Groloy, c'est le port des kmhicn?,]; porlii Epaliaci [Étaples?, qui a dû êlre d'ailleurs une station navale: on a sonpé aussi au Tréport]. — De la même manière, à l'est de Roulopne, il est visible qu'il y a nombre de ports assez importants, soit à cause des pcclicrics(C. /. L., XUI, 8830), soit à cause des passiges en Angleterre: Ambieteuse (t. III, p. 337, n. 8); Sangatto, qu'un vieux chemin Crunehaul réunit à Arras (p. 102, n. 2); Wissant (plus douteux); Mardyck, qui doit être le Marcis [ablatif pluriel?] porlus où la Notilia dignitalum place une garnison {Occ, 38), et qu'une très vieille route réunit directement à Ca-sel, le chef-lieu des Ménapes, dontMardyck a dû être le port. — Nous continuons donc à constater, sur toute la ligne de l'Océan, que chaque civilas a son port, réuni à son chef-lieu par une route directe et militaire. Et cette situation comme ces routes doivent remonter plus haut que la conquête : d'aulnnt [dus qu'aucun de ces petits ports n'a livré de ruines monumentales ou épigrapbiques de l'époque romaine. — Au contraire, plus à Test, dans la Germanie Inférieure, nous sommes en présence de ports qui doivent être en partie l'œuvre de Rome, et qui ont livré bon nombre de texles lapidaires : Domburg dans l'île de Walchcrcn (XIII, 8793), qui est d'ailleurs un relais de mer ou un pèlerinage maritime (sanctuaire de Néhalennia) plutôt qu'un port d'embarquement; et surtout l'ectio (Wiltenburg près de Vechten) sur le Rhin, le lieu de passage pour la Bretagne le plus important après Boulogne (8811, 8813; cf. p. 339, n. 1).

3. Les archéologues belges parlent de pilotis à Zeebrugge et de conslruclions en pierre à Oudenbourg près de Bruges (route de Tournai et Bavai?, p. 101, n. 2); je ne sais s'il s'agit de travaux romains et de travaux spécifiquement maritimes.

4. Les autres phares do l'Atlantique étaient beaucoup moins importants : le phare de Cépion à l'entrée du Guadalquivir (Strabon, lU, 1, 9; Mêla, III, 1, 4), la « tour d'Hercule » à La Gorogne, haute de 120 pieds (G. /. L., 11. 2359); les deux phares de Douvres.

5. Encore devons-nous ajouter que, si l'existence de ces travaux résulte de tout ce que nous savons de l'hisloire de Boulogne, il n'en a pas été constaté de traces

qu'à Boulogne, ainsi qu'à Fréjus, stationnait une flotte de guerre, et que c'était le lieu de passage de Gaule eu Bretagne pour les armées, les courriers, les fonctionnaires et les empereurs. Boulogne formait le lieu d'attache de la province insulaire avec le reste de l'Empire, de la grande route des Gaules avec toutes les routes de l'île ; l'importance de son port lui venait, non pas des chemins maritimes qui longeaient ses rivages ou qui traversaient son canal, mais des chaussées militaires qui arrivaient derrière lui ou qui se présentaient en face de lui de l'autre côté du détroit'. Les œuvres de mer, sur ce point encore, dépendaient surtout des voies de terre : en dernière analyse , ce fut comme station essentielle de la grande voie impériale de l'Occident que Boulogne ne cessa de croître et de plaire-.

A Boulogne s'éleva donc le seul beau phare de l'Occident que l'on pût comparer à celui d'Alexandrie, cette gigantesque « Tour d'Ordre » ^ haute de douze étages et de deux cents pieds, qui resta pendant quinze siècles incrustée sur la falaise dominant la rivière et l'Océan : du Bhin à la Bidassoa, du cap Creux au rocher de Monaco \ c'est la seule bâtisse impériale qui ait vraiment protégé les chemins maritimes de la Gaule. Il est vrai qu'il fallait éclairer, en ce lieu, la route des légions et des

sensibles par les recherches d'archéologie et de topographie locales. En dernier lieu, Hamy, Boulogne dans VAntiquilê, p. 28 et s., dans la grande publication Boulogne-sur-Mer, 1, 1899.

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