IV. - LA FOULE DES JOURS DE FOIRES
La circulation grandissait sur les routes à mesure qu'on approchait des grandes villes ou des lieux de foires ; et aux abords, à de certains jours, des foules énormes les encombraient.
C'étaient les jours où les jeux se tenaient dans les amphi-
1. Pour ces trois groupes : Morins à Nimègue (XIII, 8727) et à Rome (p. 148, n. 8); Nerviens à Cologne (XI 11, 8338, nejotiator pistorius; 8339, 8340), à Nimègue (XIII, 8725, negûtiator frumentarius), a Saintes (XllI, 1056, manupretiarius burrariusl) : Tongres en nombre à Vechten (Xlll, 8815) : Ménapes à Bordeaux (XIII, 624).
2. P. 150, n. 5, ici, n. 1. Les déplacements de Gaulois en Gaule, autres que ceux de Belgique, ne sont que des faits isolés. Ils se produisent surtout vers les deux villes de commerce de Lyon et de Bordeaux.
3. Je néglige les Viennois établis à Lyon (XIII, 1988) ou à Bordeaux (XIII, 636-7) : ce sont eux d'ailleurs, semble-t-il, qui, en Narbonnaise, ont le plus de tendance à se déplacer (cf. p. 148, n. 6).
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théâtres, jours qui correspondaient à des temps de fêtes ou de marelles. A Lyon, les principaux spectacles se donnaient au mois d'août, à l'époque solennelle des sacrifices devant l'autel d'Auguste, et à la même date on conviait à Une foire immense les peuples de la Gaule'. Pareille chose devait se produire dans les autres métropoles ou cités populeuses, coiiime Narbonne ou Nîmes -, dans les bourgades saintes de la Gaule transformées en sanctuaires classiques, comme Die ou Lectoure\ ou enfin dans ces champs sacrés des frontières municipales, comme Champiieu^ ou Yzeures^ où le culte de vieilles divinités locales se confondait avec celui de l'empereur "^ et où de mystérieuses cérémonies s'entremêlaient des jeux du théâtre ou de l'arène ^ Plaisirs des jeux et des sens, attrait du gain, nécessité d'emplettes, pratiques de dévots, flagornerie pour les empereurs, curiosités vulgaires, continuation d'habitudes familiales, besoin instinctif de se voir, de s'entendre et de faire nombre, tous les sentiments humains se mettaient en branle pour pousser et entasser les foules, aux jours de frairies, sur les routes des villes et dans les champs de foires.
Car une fête ou des jeux n'allaient pas sans un appel aux cités voisines. Les jours de beaux spectacles, la Gaule entière était en mouvement et en liesse. A Nîmes, aux Arènes, on réservait des places pour les membres des grandes corporations lyonnaises, pour les bateliers du Rhône, pour les camionneurs du Vivarais* : tout le Midi, à l'heure fixée, déferlait en flots