‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 181 sur 415 · LA FOULE DES JOURS DE FOIRES · texte numérisé non relu

LA FOULE DES JOURS DE FOIRES

bruyants vers les soixante arceaux du g-rand amphithéâtre. Lors des fêtes d'août, à Lyon, on accourait de fort loin, peut-être de delà les Alpes', et une cohue bigarrée s'entassait sur les gradins des édifices ou les esplanades des foirails, Romains, Gaulois, Grecs, Syriens, Juifs, sénateurs, chevaliers, soldats, paysans, esclaves, baladins et prophètes ^

Nous aurons beau regarder autour de nous, nous ne trouverons rien de pareil. 11 y a, dans cette foule, trop de marchands, d'acheteurs, de dévots et de prêtres, elle a des passions ou des besoins trop immédiats et trop précis, pour ressembler aux multitudes de nos fêtes nationales ou des expositions universelles, lesquelles s'amusent plus franchement, sans arrière-pensée de lucre ou de dévotion. Seules, celles des grandes foires du Moyen Age feront comprendre la populace d'une fêle romaine, ces foires si turbulentes et si pittoresques où se brassaient tant d'affaires et.tant de plaisirs, avec leur peuple de boutiquiers, de changeurs, de pèlerins, de moines et de bateleurs. Encore leur manquait-il, pour que la comparaison soit juste, celte concentration de tous, pendant quelques heures, sur les pierres de l'amphithéâtre romain, cette communion de milliers d'hommes en un spectacle unique. La foule, dans les anciennes foires de Champagne ou de Beaucaire. était plus disséminée, morcelée autour de distractions plus nombreuses, en bandes plus indépendantes : l'Empire avait su porter à son plus haut degré ce besoin de former groupe, cet instinct de la réunion en masse, auquel les hommes n'échappent point, et que les Gaulois connaissaient plus que tout autre peuple ^

Ce n'était point sans danger pour les mœurs, le bon ordre et la paix publique. Il suffisait de peu de chose pour déterminer dans cette mer humaine des vagues de tempête. La plupart des

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