CONDITIONS DES VOYAGES : SÉCURITÉ ET VITESSE
Faites de pierre et de mortier, les routes ignoraient les fondrières et les cassures imprévues ' ; bâties presque toujours sur haut terrain, l'inondation ne les atteignait pas-, et si la poussière y devait être fort gênante % elle n'était pas de nature, comme la boue, à alourdir la marche \
Le principal retard y venait, on l'a vu, du passage des grands fleuves. Mais d'autres avantages compensaient ce retard et excitaient à la vitesse, et surtout l'avantage de la direction en droite ligne.
Sans doute, pour maintenir la ligne droite, les côtes étaient souvent fort pénibles, la pente atteignait parfois et dépassait même dix pour cent''. Mais les hommes et les bêtes de ce temps n'avaient pas encore perdu l'habitude des plus rudes montées; et grâce à ces ascensions franches des chemins de crête, aux rapides descentes qui s'ensuivaient, la voie romaine rachetait un peu plus d'eiïort par un bon gain de temps.
L'hiver n'empêchait pas les voyages, pas même par les cols des plus hautes Alpes : c'est en janvier ou février que l'armée de Vitellius traversa le mont Genèvre et le Grand Saint-Bernard ^ Il est vrai que tout était préparé, dans le voisinage des sommets, pour aider les voyageurs : temples qui servaient d'abris \
payer ait pu entraver la circulation. Dans certains cas, l'État permetlait sans doute de ne dédouaner qu'au lieu de destination (à Lyon, t. IV, p. 305, n. 2).