‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 196 sur 415 · LA NAVIGATION PLUVIALE. 16S · texte numérisé non relu

LA NAVIGATION PLUVIALE. 16S

terre : il en allait autrement entre Arles et Chalon, sur le Rhône et la Saône, ligne aussi droite que celle d'une voie romaine.

De ces trois fleuves océaniques, c'est encore la Seine qui résista le plus à la concurrence, sans doute à cause de la forme régulière de son bassin, des chemins convergents et rapprochés qu'étaient tous ses cours d'eaux. Entre eux, Paris et les abris de son île se présentaient comme un centre et un refuge naturels. Aussi la cité garda-t-elle sous les empereurs ses « nautes » ou « marchands de l'eau », corporation hardie dont les membres demeurèrent pendant longtemps armés et équipés à la gauloise; et dans la plus belle ruine qu'elle nous a laissée de ce temps, la grande salle de l'édifice mystérieux de Clun}', on peut voir encore, sculpté en la forme d'une console, un avant de navire chargé d'armes, symbole peut-être de la puissance que la nature assignait à Paris *.

Ni sur la Loire - ni sur la Garonne nous n'avons remarqué jusqu'ici rien de pareil. Il y a un port à Nantes^ et à Bordeaux*, et il fallait en ces deux villes un nombre imposant de barques et de gabares pour la traversée des fleuves et le transport des pierres ou des barriques "\ Mais le trafic fluvial nous paraît limité aux besoins immédiats de la cité. A Bordeaux, les com^ merçants forment une partie notable de la population : tout porte à croire que leurs marchandises allaient par les routes de

1. T. IV, p. 393, n. .5; C. /. L., XIII, 3026 (t. IV, p. 160, n. 6).

2. Il n'est pas inutile de rappeler que César signale des embarcations sur la Loire à Nevers (Vil, îio, ^).

3. Le port, vicus Portas (C. /. L., XIII, 3105-7), me paraît être le quartier du port, en aval de la ligne du Canal (Maitre, Géogr.... de la Loire-Inf.. 1893, p. 381, préfère en amont, au port Maillard ou à Ricliebourg), la ville de Nantes proprement dite restant bâtie sur la partie haute, là où s'élèvera la ville murée du Bas Empire, au conlluent de l'Erdre, et sous le nom de Condevicus — - ■■ vicus du con- (luent •• (KovÇr.o-^'.vxov, Ptol., 11, 8, 8). Po'lu{x) Namnctu[m], Table, 1, 2, désigne Nantes.

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