CONDITIONS NOUVELLES DE LA VIE AGRICOLE
en bon père de famille'. Le service que l'Empire leur rendit à tous, ce fut de les éloigner des camps, de les renvoyer à la terre". Ils purent, à la faveur de la paix, tirer un meilleur emploi de leurs facultés rurales : mais ce n'est point Rome qui les leur a données
Les conditions nouvelles de la vie sociale rendirent plus facile le travail des champs. Nul décret de conscription ne venait arracher à son labeur l'ouvrier agricole ^. Les bras ne manquaient plus à la terre : à défaut de domestiques ou de bordiers libres, on avait des esclaves à foison \ Des lois sévères réglaient les pratiques du bail à ferme ou du métayage". La petite propriété, dont l'existence avait été si précaire sous le régime aristocratique de l'indépendance ^, reprit vigueur au temps des premiers Césars', et les gouverneurs de provinces eurent entre autres devoirs celui de la protéger contre les empiétements des grands ^
Le sol croissait en richesse : non pas que les épis fussent plus drus et la glèbe plus féconde, mais bien des plantes qu'il avait ignorées jusque-là furent révélées par les hommes du Midi, vigne, olivier, légumes et arbres fruitiers''. Et comme il se trouva merveilleusement propre à ces cultures étrangères, plus de terres reçurent leur emploi, plus d'hommes s'y occupèrent, et les agriculteurs varièrent davantage leurs moyens de travail et leurs sources de fortune.
Grâce aux routes, aux grandes villes et à la suppression de frontières, de nouveaux marchés s'ouvrirent aux grains, aux vins.