‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 229 sur 415 · T. II, p. 290 et s · texte numérisé non relu

T. II, p. 290 et s

4. C'est bien là, en effet, une initiative romaine; Pline, IX, 168 et s. Viviers pour les muges en Languedoc, Pline, IX, 59. Lapsus, canal ou poche de dérivation naturel ou préparé pour la prise des poissons dans les rivières; Grégoire de Tours, H. Fr., VIII, 10; V. pair., i7, 4; In gl. conf., 5. — Une recherche archéologique s'impose à ce sujet.

5. C'est ce que reconnaît Pline, invasil singuloniin piscium amor, etc., IX, 172: autres textes, p. 201, n. 2.

C'est alors que se développa sur nos rivages la culture de l'huître alimentaires autour de Marseille '^ en Languedoc, en RoussillonS à l'embouchure de la Gironde % en Saintonge, en Vendée, en Armorique % c'est-à-dire partout où faire se pouvait. Il n'importait que la clientèle habitât très loin, à plusieurs journées de transport des parcs producteurs*^ : les ostréiculteurs de la Gaule devaient connaître, aussi bien que les nôtres, l'art d'entraîner les huîtres à vivre hors de l'eau et à conserver leur fraîcheur '.

Les peuples ne se battaient plus, comme autrefois, pour la possession des pêcheries méditerranéennes*: mais ils profitaient

1. La consommation des Gallo-Romains en fut prodigieuse. On trouve des écailles, et en nombre considérable, dans n'importe quelle ruine du pays. Une étude s'en impose au point de vue des espèces.

2. Ausone, Epist.,^, 21. Peut-être s"agit-il de celles de l'élang de L'crro, t. H, p. 290, n. 3.

3. Ausone, Ep., 9, 27-8 : Porlum quœ Narbo ad Veneris nulrit : c'est Porl-Vendres en Narbonnaise. Mais on ne peut exclure (communication de Ilouzaud) l'élevage des huîtres dans l'étang de Yendres.

4. Ausone (Ep., 9, 18 et s.) les appelle « nourrissons de l'Océan médocain » {Meduloriim); de même, Sidoine, YllI, 12, 7 : le centre de culture devait être à La Grave. Ausone vante leur chair, tendre, grasse et blanche, leur saveur douce relevée d'un goût de mer : c'est cette siiavitas que signale aussi Pline (d'après Mucien, XXXll, 62). En sa qualité de Bordelais, il leur accorde le premier rang : mais le texte de Pline montre que dès le premier siècle quelques-uns pensaient déjà ainsi. Les textes indiquent qu'on les appelait tantôt " huîtres de Médoc ••, taiilùt « huîtres de Bordeaux ».

5. Ausone, Ep., 9, vers 31. 35, 30. Pour la Vendée, qu'on songe aux énormes amas (plusieurs milliards d'écaillés) des Chauds près de Saint-Michel-en-l'Herm (Bégouen, Inslitut français d'arch., 1913, p. 20G et s.). — On a récemment supposé que ces dépôts avaient une origine cultuelle (Baudouin, Bull, de la Soc. préhist., 1916). De toute manière, ce sont des dépôts faits de main d'hojnme, de coquilles d'huîtres ayant servi ou pu servir d'alimcnls, et. pour une bonne part, de répoqne romaine (Bégouen, p. 211).

G. Les huîtres du Médoc allaient jusqu'à la table des Césars, à Trêves ou en Italie (Ausone, Ep., 9, 20). A l'endroit de la Gaule le plus éloigné des centres ostréicoles de la Gaule, à Clermont, on découvrit « une couche d'huîtres de 10 à 12 centimètres d'épaisseur, sur une surface d'environ 80 mètres carrés » (.Mathieu, Des colonies ... en Aiivergic, Clermont, 1837, p. 194). Comme ces amas ont été trouvés, semble-t-il,dans les vestiges du principal temple, je me demande parfois, comme on l'a supposé pour les amas de Vendée (ici, n. a), s'il n'y avait pas quelque acte cultuel dans le dépôt de coquilles d'huîtres.

7. On les élevait, comme aujourd'hui, sur des tuiles (très intéressantes observations de Lafaye, Bull, des Antiquaires, 1913, p. 218-221).

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