T. IV, p. 442, n
6. Outre n. 7, voyez G. /. L., XIII, 181 1, inscription mentionnant le splendidissimuin vectigal massœ ferrariaruin de Memmia Sosandris, vecliijal alTermé à une socielas. On a supposé (Hirschfeld, Verw., 2" éd., p. 158) que c'était une parente des Sévères; il est possible que massa ferrariaruin désignât un ensemble de ferrières possédées par cette très riche propriétaire dans tout l'Empire.
7. Tout ceci, 1" d"après de nombreux relevés des dépôts de scories constatés par toute la Gaule, dépôts qui atteignent parfois d'extraordinaires proportions; on en cite en Belgique qui représentent 8500 mètres cubes de scories (Tahon, Les Origines de la métallurgie au pays d'entre Sambre-el-Meusc, Revue universelle des Mines. XXI, 1887, p. 296), et il y en a sans aucun doute de bien plus considérables; de Tryon- Montalembert m'écrit à ce sujet que, « dans l'Yonne (région d'Olhe, de Toucy, etc.), les ferriers de 20 000 tonnes et au-dessus sont très fré(iuents. et les gisements de Tonnerre-en-Puisaye, par exemple, doivent être évalués par centaines de milliers de tonnes »; 2" d'après l'abondance des lieux-dits dénommés La Perrière ou Ferrières : il y en a à peu près dans chaque département. Voyez par exemple en Armorique l'extraordinaire fréquence des habitats servant à la métallurgie du fer, pour lesquels on a du reste proposé une origine gauloise (Kerviler, Bull. arch. de CAssoc. bretonne, Congrès de Châteaubriant, 1882, p. 55 et s.). On peut faire des remarques semblables pour le Jura bernois (200 forges relevées par Quiquerez), la Lorraine, le Périgord, la Belgique, et, je crois bien, pour pres(iue toute la Gaule.
l'intérieur, ([ui depuis tant de siècles attiraient et groupaient les hommes. Trois nations surtout leur devaient leur gloire, les Séquanes de Franche-Comté, avec les gisements de Salins et du Jura ', les Médiomatriques de Lorraine, avec ceux de la Seille, « la rivière du sel » -, les Tarbelles de Dax, avec ceux de la Chalosse ^ iMais en cela, je pense, l'exploitation industrielle des rivages fit alors concurrence aux pratiques traditionnelles des sauniers de l'intérieur. Les salines les plus actives furent celles de la mer : on eut d'abord celles qui s'installèrent dans les parages des étangs du Languedoc, si propices à une industrie de ce genre*; puis, on en vit le long des côtes '^ atlantiques, jusqu'à Boulogne, jusqu'en Flandre, où de puissantes sociétés de saunage'' partageaient avec les entrepreneurs de pêche' la maîtrise des bas pa)^s.
1. En dernier lieu, Congrès préhistorique de France, tenu à Lons-le-SauniiT en 1913, p. 630 et^. (excellentes remarques de Piroutel).
2. Fortunat, VII, 4, 10; traces très connues des sauneries dans les fameux briquetages de la Seille. Le centre de vente ou d'entrepôt devait être à Marsal, vicani Marosallcnses (XllI, 4365, Marosallum = « magnœ salinœ'.' »), les principaux vestiges sont aux sources salées de Vie et de Burthecourt. L'exploitation en renionlc d'ailleurs certainement aux temps ligures. Le sel s'obtenait, croit-on, en faisant évacuer l'eau sur des bâtonnets d'argile cliauiïés à très haute température. En dernier lieu, Décheiette, II, p. 713-0 ; dans l'ancienne littérature, de La Sauvagere, Recueil, p. 181 et s. [travail datant de 1740j.
3. Probable jdulùt cjue prouvé. — Il devait y avoir en Gaule, comme on peut s'en rendre compte par les noms de lieux, bien d'autres exploitations de sel, parexeniiile à Sulinœ, Castellane, dans les Alpes Maritimes.
4. G. I. L., Xll, 3300 (à Peyriac-de-Mer sur l'étang de Sigcan); cf. XII, 1.31)6. L'étang de Salces, âA'j/.iôtov jxettôv, Strabon, IV, 1, 0; Mêla, III, 82.
3. Les énormes amas de cendres de Vendée (dues surtout à des bois légers, aulnes, peupliers, trembles), à Nalliers, etc. (p. 177, n. 4), paraissent se rapporter, dit-on, plutôtà des marais salants qu'à des fabrications de potasse pour verres ou savons : on y a trouvé en effet des briquetages assez semblables à ceux de la Seille (ici, n. 2; cf. Fillon, Nallieis, Fontenay-le-Comte, 1863). J'hésite beaucoup à accepter cette hypotlièse (cf. p. 293, n. 2). Sur les textes de Pline (XXXI, 83) et de Varron {R. r., 1, 7, 8), cL t. II, p. 300, n. 2. — Remarquez en tout cas pour ces amas de cendres, comme pour ceux de scories (p. 20 ). n. 7), de coquilles d'huîtres (p. 197, n. 5), l'énormité des volumes.
6. Inscriptions des salinaiores des cités des Morins et des Ménapes (G. /. L., XI, 390-1). Il peut évidemment s'agir de fermiers d'un monopole d'Etat. Mais je crois plutôt que ce sont des corporations de trafiquants libres, indigènes et romains. Il n'est nullement prouvé que le fisc se fût réservé toutes les exploitations de sel.