P. 139 : 200 pieds, 66 mètres
6. Sans doute le plus long pont-aqueduc de la Gaule, sur la Moselle, environ 1120 mètres de longueur, 118 arches (on a dit aussi 114). Voyez sur lui les judicieuses remarques de de Montfaucon, SuppL, IV. p. 105 et s.
7. Au niveau de la cimaise du second étage; Mazauric donne 273 m. en tout.
8. 48 m. 77, soit 20 m. 12 pour chacun des deux premiers étages, 8 m. 53 pour le troisième.
9. Le grand arc mesure 24 m. 52, et, pour comble de hardiesse, l'épaisseur des piles (4 m. 80) paraît inférieure à l'épaisseur que les architectes jugeraici.t aujourd'hui nécessaire (5 m. 25). Cette ouverture d'arche ne paraît pas a\oir été dépassée en (iaule. Cf. Léger, p. 338 (tableau), 570-1.
10. Ajoutez l'épaisseur des murailles. Au temple de Vassogalate, que je crois à Clermont, la muraille était de 30 pieds, à l'extérieur de grand ou moyeu appareil {quadris sculptis), à l'intérieur de petit appareil {ininuto lapide) : ce qui me parait
Pour achever un i)àtiment de pierre, il fallait bien d'autres corps de métiers que les charpentiers de ses échafaudages, les monteurs et les ajusteurs de son gros œuvre. Il fallait les cimentiers pour assurer la cohésion des moindres matériaux-, les stucateurs pour décorer les parois intérieures, les couvreurs pour installer la toiture. Dans ces différents ordres de travail, la perfection fut presque atteinte.
Le ciment ou plutôt le mortier, dont la formule fut importée d'Italie ^ était devenu, sous la main des maçons du Midi, une chose extraordinaire*. On l'a souvent analysé, et on n'y a
annoncer une consiruclion en mur double fort curieuse, antérieure à Marc-Aurèle, et des beaux temps de l'Empire ^Grégoire de Tours, //. Fr., I, .32; cf. t. lY, p. 5Go, n. 5).
i. Sur les cimentiers, en dernier lieu : Ghoisy, Vitruve, I, 1909, p. 12 et s.; Germain de Montauzan, Aqueducs, p. 256 et s. (particulièrement utile).
2. Je dis " moindres », parce qu'en principe il y avait antinomie entre l'emploi du mortier et celui des pierres de taille (grand et moyen appareil, p. 219, n. 3) : « lors même que les pierres de taille devaient se liaisonner avec des massifs maçonnés, elles étaient toujours posées à sec »; le mortier n'avait qu'une fonction essentielle, <• celle d'une gangue plastique propre à réunir des cailloux en une agglomération artificielle •■ ; Ghoisy, Art de bâtir, p. Mo. — Mais il est d'autre part à bien remarquer, que l'usage du ciment, qui évite les frais et les soins de l'appareillage, ne cessa de croître avec la décadence de l'Empire. Par exemple, dans les lignes de briques, le lit de ciment formant liaison est, au i*"' siècle, extrêmement mince, et arrive, au m", à avoir l'épaisseur de la brique même. On a même essayé, ce que je crois prématuré, d'établir une chronologie des édifices maçonnés suivant le degré d'épaisseur des lits de ciment (en dernier lieu Esther Boise Van Deman, American Journal of Archœology, XVI, 1912, p. 387 et s.).
3. Je n'ai jamais entendu parler de l'emploi de mortier par les Gaulois. A la rigueur, l'argile battue leur en tenait lieu; cf. t. Il, p. 321.
4. Morlarium en latin. Cœmentum, materies cœmenticia, etc., signifie la maçonnerie proprement dite, faite de matériaux autres que la pierre de taille, d'éclats de rochers, déchets de carrières, cailloux, pierrailles et caillnsses de tout genre, agglutinés en une sorte de béton par un bain de mortier [j'emploie Texpression de béton, tout en remarquant qu'il ne s'agit pas, dans ces sortes de murailles, de béton préparé d'avance, comme le nôtre'. Les Romains, de ce bétonnage, firent un emploi extraordinairement fréquent, et qui n'est comparable qu'à ce que les temps actuels ont imaginé en ciment ou en béton armé. Ils l'ont employé : 1° par compression ou pilonnage, au sous-sol des routes (p. 108, n. 5 et G, p. 110, n. 2-5 . des édifices (p. 221, n. 4, p. 227), au remplissage des fondations (cf. Vitruve, Vlll, 0, 14), au noyau intérieur des murs à parements de pierres de taille (p. 219,
jamais trouvé d'élément bien orij^inal : de la cliaux, du sable, du poussier de tuileaux*, rien qui nous empècbe d'en préparer de pareil. Et cependant, quoi qu'on ait dit-, il nous serait difficile de produire un pareil ciment, compact, prenant, imperméable, résistant à l'écrasement % que le temps durcit lou-
p. 223, n. 2); 2" sans comprcision, à la construction de murs entiers, avec, le plus souvent, uu revêtement de briques ou de moellons de petit appareil (p. 225, n. 2, p. 219, n. 2 et 5).
Ces murs de mortier, à revêtement de petites pierres ou de briques, ont été employés, non seulement pour les maisons, mais au=si pour les plus grands édifices, comme les remparts de Fréjus(p; 21!J, n. Tj), l'édifice parisien de Cluny (p. 222), la presque totalité des arcades d'aqueducs. Et cela, je le répète, est la merveille de la maçonnerie romaine, et peut-être celle de tous les temps; et c'est de l'excellence du mortier qu'elle résulte. Le revêtement, qui nous frappe surtout aujourd'hui, n'a qu'une importance secondaire dans la construction, qui tient sans lui; tout au plus peut-il la protéger contre la pluie (Choisy, Arl de bâtir, p. 21). Mais il sert surtout à l'efTet décoratif. — C'est d'après l'apparence de ce revêtement qu'on distinguait les différents systèmes à'opera : 1° « en filet », opus reticulalum (p. 210, n. 2); 2° le même avec intercalation de lignes de briques; 3" l'appareil en moellons disposés à plat (p. 219, n. 5), de beaucoup prépondérant en Gaule; 4° le môme, avec intercalation de lignes de briques (constant depuis Hadrien?); cf. p. 22:î,,n. 2, p. 282; 5° appareil en assises de briques seulement (p. 281-2); 6° opus incerlam, revêtement en pierres irrégulières sans aucun dispositif artistifjue, mais où l'emboilement des pierres rend le parement plus solide.
Les lignes de briques dont nous avons parlé ne formaient pas seulement décor. Elles servaient aussi, et surtout, à assujettir au blocage les pierres de revêtement, à les relier entre elles, à maintenir les différentes couches du mortier intérieur, à y éviter des poussées ou des déplacements; elles sont les analogues de ces parpaings en bois que recommande Vilruve pour les murs des villes (I, 5, 3); cf. Choisy, Art, p. 26-7. Car, en principe, ces lignes traversaient tout le massif du blocage intérieur, formant des espèces de planchers d'une face à l'autre. Tout cela était fort bien compris.