Cf. ici, p
234 LA FABUIGATION.
nous disons de nos jours, de l'ébénisterie. En matière d'ameul)lenient, presque tout était à faire chez les Gaulois : un grand coffre, de beaux tapis, de bons matelas, quelques sièges rudimentairès, voilà tout le mobilier que les Anciens avaient remarqué danslesdemeures des plus riches* ; elles ressemblaient bien plus à quelque sérail d'Orient qu'à la maison romaine, toute pleine de meubles variés. Qu'advint-il après la conquête? la Gaule conserva-t-elle ses habitudes? ou réussit-elle à créer à son usage un mobilier de style original, approprié à ses traditions et à son climat? ou se laissa-t-elle envahir par les placiers d'Italie, comme l'Algérie l'a été par les modèles courants des ébénistes du faubourg Saint-Antoine?
Il me semble par malheur que, de ces trois solutions, la moins hasardée est la dernière, la plus défavorable au maintien des traditions nationales. La maison gauloise s'ouvrit largement aux meubles du Midi, et quand ils n'arrivèrent point tout faits des ateliers de Rome, ils furent copiés sur les types que la capitale adressa aux menuisiers du pays-. Le Gaulois et ses dieux vont renoncer à la position accroupie, au contact direct avec le sol. Même les divinités qui hésitent à quitter cette habitude, recourent à des tabourets ou à de hauts coussins ^ ; et à mesure que les temps romains se prolongent, on voit les sièges des dieux et ceux des hommes s'exhausser davantage. A un Gaulois de l'Empire ou aux déesses qu'il adore, il faut des sièges élevés, chaises ou fauteuils, puisijue à lui-même il faut la toge et les trois noms romains.
1. T. H, p. 324-5. Et cela explique la position accroupie qu'ils ont si souvent donnée à leurs dieux (t. VI, cii. I) et qu'ils aiïeclionnaient pour eux-mêmes (t. II, p. 324).
2. Il est à remarquer que nous avons assez peu d'inscriptions ou de bas-reliefs funéraires qui les représentent : armariarius7, Q. I. L., XII, Hè3; davarius materiariiis'}, 4467; inateriarius'!, Uiese, 3022 : ces deux derniers noms pouvant désigner des charpentiers. Il ne faut pas oublier que dans l'Antiquité comme de nos jours (cf. luthier, ébéniste, cordonnier, bonnetier, tapissier, etc.), le nom d'un métier n'est jamais resté absolument conforme au travail efTectué.