‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 289 sur 415 · Le moulin à vent est d'invenlion beaucoup plus récente · texte numérisé non relu

Le moulin à vent est d'invenlion beaucoup plus récente

3. Sauf exceptions. Car le moulin à eau fat connu des Anciens. Ausone en signale (de même que des scieries mécaniques de pierre, p. 217, n. 5) sur la Huwer, affluent de la Moselle (Mos., 302) : Prœcipili torquens cercnlia saxa rotatu; de même, Venancc Fortunat, également sur la Moselle, Carin., III, 12, 37-8 : Ducilur inriguis s'uiuosa canalibus unda, ex qua fert populo hic mola rapta cibum. Je doute que ce fût autre chose que, des meules ordinaires, actionnées par l'eau, et à l'usage des propriétaires riverains ou des boulangers de la grande ville voisine. Cf. Bliimncr, I, 2" éd., p. 47-8.

de plus installé dans les grandes fermes '. Et il en alla ainsi du four : chaque famille, aisée ou riche, pétrissait sa farine et cuisait son pain; et la seule différence était en ceci, que les unes faisaient travailler leurs esclaves ^ et -que pour les autres les maîtres eux-mêmes mettaient la main à la pâte et au fourgon.

En cette affaire pourtant, quelque chose de nouveau vient d'apparaître en Gaule sous les empereurs : c'est la boulangerie commerciale, avec ses meules, son four, sa boutique de vente, son patron et ses clients. Dans les villes qui se fondent, les petites gens n'ont ni le temps ni les moyens de conserver leurs grains, de les porter au moulin et au four la farine; et les riches eux-mêmes ont bien d'autres emplois à réserver à leurs esclaves. Il s'y est donc établi des entrepreneurs qui font cette besogne, pour le compte de chacun et à leur profit personnel ; et nous voyons s'affairer, en divers lieux, des négociants en grains qui approvisionnent ces industries ^ des boulangers en gros* et en détail " qui en écoulent les produits, et peut-être même des commissionnaires en céréales pour les fournitures publiques''.

Ce qu'on débite dans ces boulangeries, ce qu'on sert sur les tables gauloises, c'est toujours le pain blanc du pays \ sous

1. Cela explique la très grande quantité de meules (molœ) découvertes en Gaule, « partout où subsistent des vestiges d'habitations antiques • : quelques-unes, au reste, sont parmi les plus intéressantes du monde antique (celle, au Musée de Nantes, en grès vert, Dict. des Ant., YI, Mola, f. 5103; ailleurs, en lave du Cantal); le principe de ces meules est le même qu'en Italie; mais il y a moins de connexité entre les deux parties des meules gallo-romaines, la partie supérieure et mobile ou catillus ayant sa cavité d'en bas moins profonde, la partie inférieure et fixe ou mêla ayant une saillie moins prononcée; A. Baudrillart, l. c. ; cf. Déchelette, II, p. 1389. — Je ne peux me prononcer sur les meules tournant sur galets, ni sur leur âge ni sur leur destination.

2. C'est sans doute le cas des boulangers figurés sur le mausolée d'Igel (Esp., VI, p. 442). — Cf. p. 182, n. 1.

3. Nervien établi à Nimègue comme negotialor fniinentarius, Xlll, 8725. Un autre négociant de ce genre à Aix-la-Chapelle, Xlll, 783G.

4. Autre Nervien établi à Cologne comme negotialor pistorhn, Xlll, 8338.

5. CoUegium pisstricorani, XIII, 8255 (à Cologne). Il est toutefois à remarquer (jue les représentations funéraires de boulangers sont fort rares.

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