VII. — DU CHIFFRE DE LA POPULATION
L'appoint de ces colons n'a rien changé à l'état numérique de la population gauloise. Qu'on porte cet appoint, pour le début de l'Empire, môme au chiîTre d'un demi-million : c'était à peine de quoi réparer les brèches faites dans les peuples et les familles par les guerres de Jules César-.
Ces brèches réparées, il est permis de supposer que la population n'a cessé de s'accroître, du moins jusqu'à Marc-Aurèle, et de s'accroître par les ressources normales, celles que fournissait la fécondité longtemps célèbre des femmes celliques^
Les conditions générales de la vie étaient devenues favorables à une forte natalité, à la création de maisons nombreuses. Nulle invasion à redouter; les guerres étrangères, limitées aux front tièrcsetà peine suffisantes pour rendre l'avancement des soldats un peu plus rapide qu'en temps de paix; point de conscription ni de levée en masse ^; une seule guerre civile, au temps de la mort de Néron, et qui ne toucha presque pas la Gaule ^ : l'impôt et la perte du sang furent donc réduits au minimum pendant ces deux siècles d'Empire, les moins lourds pour ses familles qu'elles aient jamais traversés dans l'histoire. Les désastres furent épargnés au pays : il n'est question dans les textes, jusqu'au temps de Marc-Aurèle, ni de peste '^ ni de famine \ et les seules