Cf. p. 271, n
260 LA FAHRICATION.
copre ' ; mais il faut insister sur le miel, un des produits les plus cliers au monde antique, chez les Gréco-ltomains ainsi que chez les fils des Celto-Ligures -.
Le miel était, pour les uns et les autres, le stimulant de toute friandise et un remède universel, comme le fut longtemps le sucre, qui hérita de lui. On le mêlait à l'eau pour avoir de l'hydromel, on en sucrait les entremets, on en faisait mille sortes de confitures ^ En tant que panacée, il servait tantôt à l'usage interne, amalgamé avec les drogues les plus diverses, tantôt à l'usage externe, par exemple à l'état de collyre dans certaines maladies d'yeux ^.
Entre toutes les denrées végétales que vendaient pharmaciens et droguistes de l'Ancien Monde, l'une des plus populaires venait précisément de la Gaule : c'était l'absinthe de Saintonge ^ Les Celtes la révélèrent aux Romains, à titre de remède spécifique c,ontre les vers intestinaux, ces vers auxquels les médecins d'autrefois et les empiriques d'aujourd'hui attribuent tant de méfaits dans l'organisme humain. Elle entra, pour n'en plus sortir, dans le codex traditionnel. Dioscoride, Galien et leurs disciples la préconisèrent comme le meilleur des vermifuges; sa célébrité devint universelle, et elle l'a retenue jusqu'à nos jours sous le nom inaltéré de santonine.
Il est probable qu'on finit par débiter, sous ce nom, bien
1. Omnibus desideratum, dit Pline de l'anis (XX, 185), et de même du cumin, condimentorum amicissimum (XIX, 160). Cf. t. II, p. 2Ô.'5.
2. XIII, 10008, 43 (Saintes;; 44 (Trêves); p. 204, n. 5 (Médoc); p. 202, n. 4: Pline, XI, 33 (il vit en Germanie, sans doute sur la rive gauche du Rhin inférieur, un rayon parvenu à la longueur de huit pieds). On ne com^prendra l'importance des abeilles et du miel dans la Gaule qu'en songeant au rôle actuel du sucre. N'oublions pas l'étendue de l'apiculture dans l'ancienne France, rôle si malheureusement réduit de nos jours (le nombre de rui:hes a baissé de 2 millions et demi en 1862 rapportant 25 millions de francs à 1 600 000 en 1897 rapportant 14 millions).
3. AudoUent a cru retrouver traces de confitures dans la nécropole de Martresde-Veyre. Cf. p. 266, n. 5.