T. Il, p. 317-8; Déchelette, Manuel, II, p. 1458 et s
4. L'imitation des produits grecs est de plus en plus probable. Mais le prototype des vases celtiques doit toujours être cherché dans des espèces grecques archaïques. — Il n'en est pas moins à rappeler que la Gaule a dû être portée d'elle-même, par ses propres goûts (cf. p. 246), vers la céramique polychrome.
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ments rouges ou l>runs '. Puis, partout, dès le milieu du premier siècle après notre ère ■ , ces essais d'une céramique originale disparurent sous un effrayant déballage de produits commerciaux : — terrines, jattes, bassines ^u bassins à demi plats et d'une épaisseur double ^ ; amphores allongées, à anses arquées ou anguleuses^; vases pansus au col étroit^; cruches, pots ou pichets àgoulot ouàbec'^; jarres ou tonneaux au ventre énorme, à la taille monumentale, assez gros pour cacher un homme';
J. Déclielelte, Manuel, II, p. 1488 et s. : un centre de fabrication à Roanne ou environs (chez les Ségusiaves; à Saint-Marcel de Félines [de Figlinis]'^); peut-être à Lozoux chez les Arvernes (variété à fond jaune naturel recouvert de peintures blanches ou « de ton de terre d'ombre »); peut-être à Montans (Rutènes d'AIbi). H faut du reste, en étudiant les teintes et engobes de ces vases, tenir compte de l'action du temps et des éléments, plus forte sur les vases gaulois que sur la poterie genre arrétin.
2. Cf. Déchelette, id., p. 1493. La dale de leur disparition complète est reculée jusqu'au n" siècle par Marteaux, Boutœ, p. 414-419.
3. Pelves. Marques, C, XIII, 10006; XII, 5683. Principales fabriques à exportation intern.itionale : les Atisii. allobroges plutôt que lyonnais j'ai autrefois identifié cette fabrique avec la Lugduncnsis], exportant, non seulement dans toute la Gaule, mais peut-être jusqu'à Herculanum (X, 8048, 2); la fabrique dite « lyonnaise », exportant en Bretagne (Vil, 1334, I et 14).
4. Amphorœ, XII, 5683; XIII, 10002-4. II y en a deux catégories, reconnaissables aux mar([ues imprimées dans la pâle : Tune, de fabrication étrangère, importées avec l'huile ou le vin qu'elles renfermaient, venant surtout d'Italie et d'Espagne; l'autre, de fabrication locale. Une étude approfondie detoutes ces marques s'impose : il ne faudrait pas croire, en effet, que celles qui se retrouvent eu Gaule et à Home (G. /. L., XV, p. 491 et s.) ne puissent pas être d'origine gauloise; beaucoup de ces amphores ont pu être importées en Italie avec l'huile du Midi ou les vins de Marseille, Vienne et Béziers (p. 257 et 253-4; C.J. L., Xll, p. 700). La présence de noms gaulois (remarquez Biturix, XIII, 10002, 129) indique par exemple une origine celtique. A la dillérence des pelves (n. 3), les amphores, en dehors de leurs contenus, ne sont pas un objet d'exportation ou de commerce.
5. Urcei. Hauts d'un pied en moyenne, flanqués d'ordinaire de deux petites anses; en particulier pour garder le miel, XIII, lOOÛS, 43 et 44.
6. Lagonœ, à peu près de même dimension, mais à une seule anse : c'est la cruche à verser. Nombreuses figurations sur les tombeaux, où elles sont placées dans la main du mort. XIII, 10008, 4 et 6. — Variété en forme de gourde, à deux anses, mais en terre rouge vernissée, pas antérieure au m" siècle : XIII, 10018, 7 (c'est la fameuse gourde de Paris); cf. Esp., n" 4211, représentation de gourde dans un repas funéraire.
7. Dolia. il y en a de plus de 2 mètres de haut : c'étaient des récipients à garder le vin, l'huile, les fruits secs, etc. Xll, 5084; Xlll, 10005. Les deux beaux dolia du Musée de Nîmes, fabriqués sans doute dans le pays, cubent 14 et 18 hectolitres (Mazauric). Dans une villa gallo-romaine des environs de Gap, on découvrit en 1838 quatorze jarres de plus de 2 m. 30, dont quelques-unes étaient raccommodées avec des liens de plomb (Brongniart, I, p. 408). — Ces récipients, jarres, jarrons ou amfihores, pouvaient servir de tombeaux.
— tout cela de matière à peu près pareille, en terre à teinte grise ou brune, à cuisson souvent médiocre, à pâte mal triée et parfois mêlée de gravier, sans couleur, sans ornement, d'ordinaire sans vernis, vases de cuisine, de cave ou de ménage fabriqués à la grosse par les industriels de Lyon\ de Vienne^ ou du Hainaut% ou par les innombrables potiers de campagne qui s'installèrent alors cbez tous les peuples de la Gaulée
2" La vaisselle de table "% celle-ci toujours vernissée et souvent décorée, devint la grande affaire de la céramique des Gallo- Romains, disons plus, de toute leur industrie, sans réserve d'aucune sorte. Ce qui fut fait alors chez nous en ce genre de travail est prodigieux et dépasse ce que la France a jamais vu en fait de manufacture, je parle de quantité et non de qualité. Le fond d'une ruine romaine en Gaule, c'est un amas de vaisselle. C'est à la pelle que dans le sous-sol de nos villes on ramasse les tessons dassiettes et de bols antiques. Il faut de nombreux volumes pour en dresser l'inventaire, et, dans quelques dizaines d'années, le goût du détail aidant, l'histoire de la vaisselle gallo-romaine occupera l'étendue d'une bibliothèque ^ Qu'on songe seulement à ceci : la plupart de ces débris portent
3. Brariaius et son fils, peut-élre de Bavai (XIII, 10006, 18 et 9") : jattes; lOOOo, 23 : tonneaux).
4. Figlinœ indiquées par les inscriptions (à Aix-en-Savoie chez les Allobroges, XII. 246i\ par les textes {Figlinx entre Vienne et Tain chez les Alloljroges, Table de Peutinger), par la toponymie ( localités dites Félines, etc.), par les ruines et débris (p. 274, n. 2,3 et 4). — 11 arrivait souvent que les grands propriétaires (de vignes, d'oliviers) fissent fabriciuer les amphores destinées à recevoir et à exporter leurs produits, et sans doute les fissent marquer à leur nom : si fujUnas habercl, in quibus ea vasa fièrent, quibus fruclus ejus fundi exportarentiir (Digeste, VIII, 3, 6).
5. Déchelette, Les Vases céramiques ornés de la Gaule romaine, 1904 (capital). Avant lui, surtout DragendortT, Terra sigillata, dans les Bonner Jahrbiicher, XCVI-VII (sobre et judicieux), 1895; cf. XCIX, 1896; en outre, Koenen, Gcfdsskunde, Bonn, 1893, et llœlder, Die Formen dcr Rcem. Tliongefdsse, Stuttgart, 1897; après lui. surtout les monographies d"ateliers et de musées notées plus loin (n. 6, p. 274-276).
6. 11 y a deux calégories parmi ces publications : celles qui sont des inventaires de marques conservées dans des collections (par exemple Walters, Cat. of the floman Pottery, Brilish Mu-eum, 1908), ou trouvées dans un lieu déterminé (par
des marques de fabriques, ces marques nous apprennent l'existence de plusieurs milliers d'ateliers ', et il sera possible un jour, pour chacun de ces ateliers, de retrouver son origine, son local, ses destinées, le type de ses produits et l'extension de ses affaires -.
La vaisselle de terre cuite supplanta donc partout et chez tous les gobelets et les assiettes de bois de l'ancien temps \ de même que la faïence, il y a quelques générations, mit fin à la poterie d'étain et aux derniers efTorts de la boissellerie rustique. Elle a régné dans les villes, elle a pénétré dans les campagnes les plus reculées ; forestiers, pêcheurs, bergers, s'en servirent pour leur usage courant '\ La concurrence entre les grandes maisons, l'installation de moindres fabriques dans chaque cité % avilirent les prix ^ jusqu'à les rendre accessibles aux plus humbles des hommes.
Au début, la Gaule importa d'Italie, et en particulier de Toscane ^ Il y avait à Arezzo de célèbres manufactures de vaisselle fine : très minces, très légères, à annoncer presque la
exemple celles de Knorr, Die verzierten Terra-Sigillata Gefasse von Cannstatl, 1905, von Rotlweil, 1907, von Rottenhurj, 1910, SiidgaUischeT.-S.G.von Rottiveil, 1912; etc.); celles qui étudient des ateliers déterminés (p. 274-276, notes).
1. Aux anciens recueils de Frœhner (1838) et de Schuermans (1867), qui n'ont plus qu'une valeur de curiosité, au livre de Habert, La Poterie anliqiie parlante (1893), il faut substituer aujourd'hui les relevés du Corpus, notamment XII, 3686 (où l'on a malheureusement mêlé les signatures des arrétins, des potiers de Gallica rouges et noirs), XIII, 10009 (Arretina trouvés dans les Trois Gaules), 10010 {Gallica, par malheur de toute espèce mêlés, noirs et rouges par exemple; environ 3000 noms semblant se référer à 3000 fîgull distincts). Ces relevés du Corpus ne peuvent du reste être que provisoires, ne fût-ce que parce que la transcription typographique ne permet pas de distinguer suffisamment les différentes marques. ' 2. Cf. p. 273-276 et 278, notes, p. 273, n. 5.
3. Moins complètement, cependant, qu'on peut être tenté de le croire; cf. p. 299.
4. Gela résulte des lieux où il a été découvert de ces poteries; cf. p. 269, n. 2, p. 322, n. 2.