‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 303 sur 415 · Cf. p. 267, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 267, n

6. Les prix de détail devaient être très bas, puisque les lampes ordinaires d'argile pouvaient se vendre à un as la pièce, ab asse vénales (VIII, 10478, 1).

7. Outre les arrétins, on signale quelques vases de Pouzzoles, en particulier à Neuss et dans le Midi (Déchelette, l, p. 13), par exemple ceux de la maison Nœvia (XIII, III, 10009, 171-4); et les vases à teinte claire du potier Aco, qu'on croit de la Gisalpine (Déchelette, I, p. 31 et s.).

porcelaine, enduites d'un beau vernis rouge à reflets mordorés et à glaçure inaltérable, relevées souvent par des figures et des scènes en très léger relief, de finesse et de grâce toute helléniques, les poteries arrétines firent fureur dans la Gaule des premiers empereurs'. Et nous pouvons nous représenter aisément les placiers italiens parcourant le pays d'une mer à l'autre, jusqu'au seuil de l'Armorique ou aux marécages bataves^, et prenant dans chaque ville de fortes commandes ^

Mais le terrain, bientôt, manqua devant eux. Tout naturellement les Gaulois, qui connaissaient la richesse de leur sol en argile plastique, se miTent à fabriquer de la vaisselle pour leur propre compte, et les marques indigènes se substituèrent sur les marchés aux firmes arrétines *.

Du reste, les fabricants gaulois se gardèrent de heurter les habitudes prises par le pays. Il voulait de l'arrétin : on lui en donna en quantité. Les poteries de ce genre furent en imitation ou en contrefaçon des produits toscans : mêmes formes de bols ou de tasses % même recherche de l'amincisse-

1. C. /. L., XIII, III, p. 94 et s.; Déclielette, Vases, I,p. 9 et s.

2. Je songe aux trouvailles faites à Nantes et à Vechten. — Voyez notamment la zone d'extension des produits de la maison (toscane? d'Arezzo?) Cn. Ateius (contemporaine d'Auguste?), avec ses potiers Creslus, Euryales, Euhodus, Hilarus, Mahes, Narcissas, Saluas, Xanlhus, Zoihis, maison qui. comme exportation, ne peut guère se comparer qu'au fabricant de lampes Fortis (p. 284). Sur ce Gn. Atéius. Oxé, Bonner Jahvb., Cl, 1897. — Sur les arrétins en général, C. /. L., XI, 11, p. 1081 et s.; Ihm, Bonner Jahrbiicher, Cil, 1898, Die Arr. Tôpfereien; en dernier lieu Chase, Cat. of Arrctin'i Pottery, Muséum of Fine Arts, Boston, 1916.

3. J'ai cependant l'impression que la diffusion des vaisselles arrétines ne s'est point faite très avant dans les campagnes, à la différence de leurs concurrentes gauloises.

4. Sans doute vers le milieu du i" siècle (DécheleLte, I, p. 63 et s., p. 93 et s.), sous ce règne de Caligula et surtout sous celui de Claude qui amenèrent, peut-être en partie grâce à l'initiative des intendants du prince, le véritable éveil industriel de la Gaule (cf. t. IV, p. 172-3). — Pareil fait de substitution, en matière de céramique, avait dû se produire sous la République chez les Gallo-Homains de la Cisalpine : il n'y a pas élé étudié, à ma connaissance.

5. Lmi apparence, il y a souvent divergence entre les formes d'Arezzo et celles de la Gaule. .Mais Déchelette {Vases, I, p. 68) a bien montré que la différenciation ne s'est produite qu'avec le temps, et qu'il a dû y avoir une période de transition où les potiers gaulois ont imité les formes italiennes comme le reste.

270 LA FÂBUIGATION.

ment pour les parois, iiièiiic surface d'un beau rouj^'^e foncé sous le lustre de son vernis, même usage de figures en relief comme motifs de décor. Mais ce n'est souvent que l'apparence. Il est très rare que la vaisselle gauloise atteigne à la finesse arrétine. Les reliefs d'ornement sont disposés sans art, en saillies trop uniformes ou trop marquées, en figures trop tassées, en contours trop pâteux'. Quant au vernis italien, je doute que nos potiers en aient retrouvé l'exacte formule. Quelques Arvernes ont fait presque aussi bien, mais ce n'est jamais la même chose. Peutêtre les contemporains s'y sont-ils trompés. Le temps a remis la vérité à sa place : aujourd'hui, le vernis des vaisselles gauloises nous apparaît de ton souvent mat et terne, parfois au contraire dur et vitreux, la teinte rouge de la poterie fatigue à la longue par sa monotonie brutale et crue ; et la terre arrétine est demeurée imperturbable dans l'éclat élégant et mesuré de son vernis, dans le charme adouci de son coloris, aussi puissante et aussi mystérieuse à sa manière que le ciment romain -.

Deux catégories principales d'objets étaient livrés par les manufactures gauloises dans le genre arrélin : — la vaisselle de table proprement dite, c'est-à-dire des assiettes et des plats ^ plus ou moins creux, à bords plus ou moins relevés, allant des

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