Cf. p. 223, n
5. D'après les observations que j'ai pu faire dans certaines ruines du début de l'Empire, où j'ai trouvé des briques moins fermes, moins compactes. Mêmes tâtonnements dans Tarrétin, p. 27!), n. 3 et 4.
6. Propter levitalem habcnt firmitateni (Vitruve, II, 3, 1) : voyez chez Vilruve les extraordinaires précautions pour avoir de la bonne brique. — Briques réfractaires, p. 20i, n. 8.
sons dutililé municipale, et rien de plus. La brique n'a point pris chez nous la popularité que lui donna l'Italie romaine \ — J'excepte quelques régions du Midi, plus complètement acquises aux pratiques latines et où il y eut des manufactures assez considérées^, et les pays de garnison, où les soldats romains centinaaient à exercer leur traditionnel savoir-faire de briquetiers ^
4° Divers objets ou pièces de mobilier étaient façonnés en terre cuite, par exemple les poids de tisserands ' et les lampes d'intérieur. De ceux-là, on rencontre en Gaule une quantité inimaginable, lourds et insignifiants, tous, je crois, de fabrication locale. Les lampes, au contraire, sans être rares, bien loin de là, sont moins communes dans les Trois Gaules que dans certaines provinces de l'Empire, telles que l'Afrique ou l'Italie, peut-être parce que les Celtes, à la différence d'autres peuples, n'allumaient point de lumière à l'usage de leurs morts ou de leurs dieux ^
Aussi la fabrication des lampes d'argile ne provoqua point
1. La quantité de briques n'est jamais, là où j'ai pu le constater, comparable à celle des poteries. A Lyon, le Musée renferme bien peu de briques d'origine locale. A Bordeaux, les deux principaux briquetiers qui desservent la construction sont G. Octavius Calulus, dont on n'a rencontré les briques jusqu'ici que dans la ville, et Merula, fils de Toutissa, Cubus, dont les briques se rencontrent aussi en Saintonge et en Poitou; ce dernier doit être biturige de Bourges, mais peut-être installé à Bordeaux; Inscr. rotn. de Bord., I, p. 445 et s. — Remarquez que l'on a importé, au moins dans le Midi, des briques d'Italie (C, XII, p. C84. n" 5678).
2. Chez les Viennois, officina Clariana Aiili Decii Alpini(XU, 5079, 19-26), dont les produits sont répandus dans une bonne partie de la Narbonnaise. Les autres fabriques limitent leurs débouchés, soit strictement à la cité, soit aux cités voisines.
3. Surtout, bien entendu, dans les deux Germanies, mais aussi assez loin dans l'intérieur, jusqu'à Viviers et Néris (t. IV, p. 458, n. 4). Les briques étaient marquées à l'estampille des corps, légions, troupes auxiliaires, (lottes, détachements mixtes. Voyez, à titre d'exemple, le travail de Ilamy, Les Sigles figulins de la Flotte de Bretagne, 1907 (Bull, de la Soc. Acad.) : il s'agit de la classis Britannica de Boulogne.
4. Ou de filets; cf. C. /. L., XUl, 10019. 11 faut toujours consulter à ce sujet le célèbre mémoire de Ritschl, Ucber antike Gewiclitsleine, écrit en 1866, Opuscula, IV. — .\joutez de menus objets domestiques, pipes (cf. p. 308, n. 4), tirelires, etc.
5. Il ne faudrait cependant point généraliser : de Gérin-Bicard a trouvé, il est vrai en Narbonnaise, 15 000 lampes de toute origine au « châtelard •- de Lardiers (Basses-Alpes); Bail, arch., 1913, p., 196.
chez eux une sérieuse activité : une seule maison notable s'y adonna, chez les Voconces de la Drôme '. Le monde romain possédait alors une manufacture fameuse de lampes en terre cuite, celle du potier Fortis près deiModène-, dont la marque fut peut-être la marque industrielle la plus connue dans lunivers entier. Ce qu'elle a livré de petites lampes moulées, ornées de reliefs et signées de ce nom, confond notre imagination^ : Fortis aurait suffi, s'il l'avait voulu, à la consommation de toute la Gaule *. La production indigène fut en partie étouffée par celte formidable concurrence ". Et cet exemple de Fortis, encombrant le monde de ses lampes toujours pareilles, banales d'ailleurs de forme et de décor, brisant sous leur nombre les initiatives locales, est peut-être le plus caractéristique de l'histoire économique de l'Empire. Une seule usine outillée pour la fabrication intensive d'un produit déterminé, le livrant à très bon marché, utilisant la paix romaine pour lancer sa marchandise dans toiis les lieux de vente, réussit à enrayer ou à ruiner les maisons similaires, à tuer partout un peu de bon travail et d'effort indépendant. Car ce qui triomphait avec la lampe de Fortis, c'était la quantité et non la qualité, le type
1. L. I]os{idius'>) Cri(spus?); XII, 5082, 57; XIII, 10001, 55. Je la crois d'origine postérieure à celle de Fortis; le style est moins sobre. C'est une des très rares maisons de céramique (avec Fortis et très peu d'autres) qui ait établi dans ses produits des séries, marquées par des lettres et par des signes. — Toutefois, l'exportation des lampes de cette maison, si intense que fût sa production, demeura très faible hors de la Xarbonnaise : et ceci est à noter (p. 340).
2. L'origine modenaise de Fortis, Coinmunis, Strobilus, est très probable, plutôt que certaine. On place leur activité, sans preuve décisive, pendant tout le i" siècle , C. I. L., XV, II, p. 783. La forme des lettres, la sobriété du dessin des objets me font penser, pour Fortis, à des produits faits suivant un type voisin du temps d'Auguste.
3. Voyez (G. /. L., XIII, lOOOI. 136, et XII, 5682,50) la liste des localités qui ont fourni des lampes signées Fortis. Ce que nous disons de Fortis peut se dire, dans des proportions moindres, de quelques autres grandes fabriques modenaises ou italiennes, Strobilus, Communis, C. Oppius Rcstitutus, dont les produits accompagnent ceu.x de Fortis dans la Gaule (cf. n. 2).
4. Notez les 9000 pièces indiquées sur un bordereau du potier Mommo, p. 274, n. 4.
5. Remarquez, à la diiïérence de ce que nous constatons pour la vaisselle (p. 200, 274-5, 278) et les figurines (p. 283, n. 8), l'extraordinaire rareté de noms gaulois chez les potiers de lampes.
TERRE CUITE : BRIQUES, OBJETS nE MOBILIER, FIGURINES. 285
convenu répandu à des millions d'exemplaires, et non pas l'œuvre nouvelle d'un chercheur original. La copie l'emportait sur l'invention : c'était de la vie et de la heauté qui s'en allait dans cette victoire de l'impérialisme industriel.
3' Les figurines de terre cuite', en revanche, sont de fabrication uniquement indigène. Que les Celtes aient emprunté aux Gréco-Romains, et seulement après la conquête, l'idée de modeler en argile des images de divinités -, d'êtres humains ^ d'animaux * ou d'objets '% et qu'ils aient le plus souvent copié pour ces figures des dessins classiques, la chose est fort vraisemblable '^ : mais, à la différence des lampes, les statuettes de glaise ne vinrent jamais du dehors '. Elles étaient fabriquées en Gaule, souvent par des industriels locaux ^ et en argile du terroir ^ — Je me demande s'il n'y eut pas quelques motifs à cette habitude de rechercher des produits nationaux en ce genre d'articles. Peut-être, comme ces statuettes accompagnaient les défunts dans les tombes '", et comme elles représentaient des
1. Tudot, Colleclion de figurines en argile, 1860 (toujours important); Blanchet, Étude sur les figurines, etc., 1891 (Mém. des Antiquaires, Ll); id., SuppL, 1901 («6. LX); Coutil, Les Figurines en terre cuite des Éburovices. etc., Évreux, 1899; C. I. L., XIII. 10015: XII, 5089; Musée de Saint-Germain, salle XIV, Cat. sommaire, p. 114 et s. (S. Reinach).
2. C'est leur principal emploi, et, parmi ces divinités, Vénus et les Mères sont de beaucoup les plus répandues, sans doute parce que ces poteries servaient surtout à des cadeaux de naissance ou de mariage.
3. Surtout des enfants, en pied ou en buste (pour le motif indiqué n. 2); mais aussi quelques caricatures.
4. Surtout des colom''es et des coqs (cf. le motif indiqué n. 2).