DEVELOPPEMENT DE LA CIRCULATION COMMERCIALE
les applications industrielles de l'esprit ambitieux et conquérant des Celtes et des Belges. Je ne peux admettre que ces produits se soient répandus de proche en proche. Si un manufacturier voulait faire œuvre (jui dure, il lui fallait gagner de vitesse ses concurrents, arriver le plus tôt et le plus loin. Nous verrons bientôt que les marchandises gauloises sont allées fort loin, au delà des frontières de l'Empire, jusque sur les bords de la Baltique et jusqu'au pied du Caucase*. Cela suppose des agents ou des commissionnaires décidés et confiants. Il est douteux que les industriels gaulois qui les employaient ne les trouvassent point parmi leurs compatriotes. Lorsque, sousDomitien, les terres de Souabe furent ouvertes aux Romains, on vit aussitôt les Gaulois s'y précipiter en foule pour les exploiter à leur profit- ; le désir de voyage et de prise n'avait donc pas disparu de chez eux.
Une autre cause morale surexcita la vie commerciale en Gaule, et celle-ci résidait, non dans l'àme du vendeur, mais dans celle de l'acheteur.
La Gaule en devenant romaine et Rome en s'annexant le monde, donnèrent l'envie et la faculté de tout acheter ^ Rien de ce que produisait l'Empire n'y fut inconnu de personne, tout homme put avoir le désir de le posséder, et si cher, si lointain que fût un objet, il se trouvait toujours un riche assez orgueilleux pour le convoiter, assez puissant pour l'atteindre '. Le plus riche et le plus avide de tous, et à qui nulle fantaisie ne paraissait interdite, c'était le peuple de Rome lui-même, qui avait en l'empereur son mandataire : quand il en voulait, on lui servait pour ses jeux des élans de la forêt Hercynienne '. En Gaule, les grands seigneurs ne savaient pas davantage se contenter d'un