LA TRAITE
leur propre compte. De Gaule ils passèrent, aux côtés de César, en Bretagne et en Germanie, et ils y ramassèrent de belles cargaisons humaines', que leurs agents ramenaient en Italie pour la vente sur les marchés.
La paix romaine n'entrava qu'à demi cette sorte d'aiïaires, celle qu'on pourrait appeler l'acquisition de la matière première. D'abord il y eut encore quelques Gaulois qui, pressés par la misère, acceptèrent de se vendre ^ Un Gaulois Ji'était point malheureux comme esclave : robuste, fidèle, habile, il devait être assez recherché dans les ventes'; s'il arrivait à être acheté par l'empereur, il pouvait trouver son chemin dans les services de l'Etat*; s'il entrait dans la gladiature, sa fortune était assurée^; dans les maisons particulières, la solidité de ses bras et la souplesse de sa démarche faisaient de lui un excellent porteur de litière, très apprécié des grandes dames et des oisifs de Rome*^; à la campagne, il devait à son expérience du cheval et du bétail d'être estimé un des meilleurs palefreniers de l'Empire'. Cela valait bien la honteuse misère d'une liberté précaire. Se vendre comme esclave, c'était une manière d'entrer en condition.