‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 365 sur 415 · V. — LE COMMEHCE DE GROS · texte numérisé non relu

V. — LE COMMEHCE DE GROS

I.a concentration et la dispersion de ces marchandises s'opéraient de façons différentes, d'ailleurs assez voisines des procédés commerciaux de notre temps.

La vente en Gaule des produits indigènes était confiée à des maisons de gros ', épiciers, quincailliers, drapiers, entrepositaires de blés, de conserves ou de poteries, qui groupaient dans leurs magasins des produits de toutes marques pour les revendre aux détaillants, boutiquiers ou colporteurs -. Chacune de ces maisons devait avoir ses représentants attitrés, acheteurs ou courtiers à la commission ; et ceux-ci voyageaient à travers le pays pour se mettre en relation directe avec les producteurs, grands ou petits patrons d'usines, maîtres de domaines ou chefs d'ateliers domestiques \ Il va sans dire que ces maisons ne s'étaient établies que dans les principales places de commerce, Arles*,

1. Voyez les inscriplions de negotialores et d'industriels citées plus bas, n. de la p. :J37. — 11 est probable que certains de ces negotialores étaient également des fabricants, l'expression de negoliator étant très générale et à peu prés l'équivalent de notre mot de commerçant, elle pouvait s'appliquer à des charcutiers (p. 258, n. 2) aussi bien qu'à des constructeurs de navires. Il est possible, inversement, que beaucoup de ces industriels, Uinarii, solearii, etc. (p. 3.37, n. 1) fussent à la fois fabricants et vendeurs en gros et détail. L'épigrapbie ne permet pas toujours de faire les départs nécessaires aux études historiques. — Mercator, beaucoup plus rare, et en épigraphie et dans les te.xies. doit viser plus spécialement le marchand, soit en gros, soit plus souvent en détail (Xll, 4492, 5971).

2. Voyez le negoliator en poteries transportant sa cargaison de Bretagne en Germanie Inférieure (p. 323, n. 7).

3. Théon, propriétaire dans le Bas Médoc, achète aux paysans les matières propres à l'éclairage (cire, résine, suif, etc.), et c'est pour les revendre : non pas, je crois, comme boutiquier, mais comme intermédiaire de quelque maison de gros; Ausone, Epist., 4, 16-21 (ici, p. 264, n. 3). L'énorme augmentation de prix qui résultait de ces intermédiaires entre le producteur rural et l'acheteur est nettement indiquée par Ausone : leviore nomismate captans insanis quod mox prcliis gravis auclio vendat [je doute qu'il faille voir dans auctio une vente à l'encan].

4. On pourrait à la rigueur omettre Arles : car, sauf peut-être les négociants en huile (p. 183, n. 5), il n'y a point là de négociants en produits gaulois : le commerce est surtout représenté par l'armement, par la commission avec le dehors (p. 171-172). Cf. t. VI, ch. V.

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