‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 381 sur 415 · Argenlarius coaclor; XII, 44GI · texte numérisé non relu

Argenlarius coaclor; XII, 44GI

4. Niimmularius (surtout chan2:eur) ou argenlarius (surtout banquier). En Gaule, la première expression est courante pour toutes affaires d'argent, et argenlarius seul paraît signifier, sauf exceptions, fabricant ou marchand d'argenterie (p. 301, n. 3. — Numnmlarius à Narbonne (XII, 4497-8). à Saintes (XIII, 1037), à Lyon (1982 a [? cf. XII, 4497], 1980), a Trêves (Riese, 427), à Cologne (XUl. 8333, ncgo- ■tiator nunimularius). — Mensularias, à Narbonne (XII, 4491), peut-être un simple changeur. — Tous les banquiers mentionnés ici pouvaient faire toutes les opérations de courtage, d'acte, d'encaissement dont nous parlons (cf. t. III, p. 113, n. 3). Et il est possible que les individus qualifiés de negoliator (p. 337, n. 3 et 4) fissent, comme sous la République (cf. p. 338, n. 2), des alTaires de banque.

5. Cf. Espérandieu, n" li)97 (scène de change ou de paiement avec greflier enregistrant les sommes?); n" 4037 (autre scène d'argent).

6. Gravitate fœnoris; Tac, Ann., III, 40; ici, t. IV, p. 133, n. 3. Cf. Belot, Chevaliers, 11, p. 130 et s.

LES MANIF.URS D'ARGENT. 3i9

campagne ou aux impasses des villes, jusqu'aux puissants directeurs des maisons de crédit industriel ou de banque hypotliécaire, arbitres des affaires à L3'on, à Trêves ou à Narbonne ^

Ces hommes d'argent, à la différence des vrais commerçants, étaient le plus souvent des Italiens ', tout comme les banquiers lombards ou florentins de nos villes médiévales. Le malbeur pour la Gaule, au commencement de sa vie romaine, fut qu'elle sollicita l'aide de ces étrangers, qu'elle n'eut pas le courage de se passer des courtiers en numéraire. Propriétaires pressés de se bâtir de somptueuses villas, industriels désireux d'agrandir leurs fabriques, villes neuves surexcitées par la fièvre d'une croissance rapide ^ en proie les uns et les autres à la passion de la pierre ou du marbre, ne résistaient point aux tentations de la banque voisine*. Les changeurs se montraient à eux avec leurs caisses pleines de ce métal qui réalisait toutes les espérances : sûrs qu'ils étaient de l'appui des tribunaux contre des débiteurs indigènes, ils consentaient aux plus larges avances. Qu'elles fussent ou non remboursées, le banquier ne perdait jamais rien : à défaut d'or, il avait l'hypothèque, le droit de saisir la terre, revenus et capital K Et comme il exerça toujours ce droit, et jusqu'au bout, la ruine était presque inévitable pour son débiteur*^. Après la conquête par le légionnaire, la Gaule subit l'exploitation par l'usurier italien '.

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