‹ Histoire de la Gaule (volume 2)Chapitre 383 sur 415 · I. — PLUS DE BIEN-ÊTRE CHEZ LE PAUVRE · texte numérisé non relu

I. — PLUS DE BIEN-ÊTRE CHEZ LE PAUVRE

De ce travail intense de toute une nation, il résulta chez les Gaulois, comme il fallait s'y attendre, moins de gêne pour le pauvre, plus de luxe pour le grand.

La misère des humbles, aux champs ou aux villes, ne put que diminuer dans ces temps d'extraordinaire activité, où on eut besoin de tant de bras valides. Paysans pour défricher, ouvriers pour bâtir, artisans à l'usine ou charretiers sur la route, il y eut de la besogne et du salaire pour tous ceux qui voulurent s'employer '.

A la campagne, les famines générales ou les détresses particulières étaient moins à redouter ^depuis l'ouverture de grandes routes et de marchés nombreux ^ La vogue des salaisons gau-

\. Cf. ch. V, p. 17."), ch. Il, p. 35. ch. VI, p. 311-2, ch. IV, p. 155-0.

2. Jusque sous Marc-.\urèle (t. IV, p. 477 et s.; ici, p. 32).

3. P. 85 et 40-40. Ajoutez les précautions prises par les empereurs pour assurer la production en blé, p. 187.

3r)2 lUCIIF.S ET PAUVRES.

loises favorisait les plus modestes des éleveurs '. Autour des villes grandissantes, il y avait place pour un monde nouveau de petits travailleurs, maraîchers, jardiniers, nourrisseurs de porcs ou de volailles -. Dans les cités, les métiers les plus modestes, les éventai res les plus misérables pouvaient s'étaler librement au .soleil des rues \ L'argent est partout assez répandu pour qu'il soit permis aux moindres bourgades d'avoir leurs boutiques d'épiciers ou leurs bazars rustiques ^ Ce fut la première fois % dans l'histoire de notre sol, que le pauvre ou le mendiant put s'élever sans peine à la condition de gagne-petit, le degré initial de la fortune honnête et indépendante.

Ce fut aussi la première fois''' que le pays connut en abondance et variété l'objet à très bon marché, résultat de deux faits nouveaux, la production intense des manufactures gauloises, l'afflux de la petite monnaie". A la même date, la richesse en numéraire et la richesse en marchandises se morcelèrent à l'infini '\

Les plus infimes des hommes purent donc gagner ou acquérir quelque chose qui ne fût pas l'aumône d'un passant ou le don d'un maître. C'est pour cela qu'il s'ouvrit tant de petites boutiques, et qu'elles eurent tant de clients. Et c'est pour cela que lampes d'argile, figurines et vases en terre cuite, anneaux de métal, agrafes de bronze, toute la bimbeloterie chère au menu peuple, se retrouvaient dans les plus humbles logis ^ Un laboureur du Perthois, un pêcheur batave, un artisan d'Autun, mon-

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