P. 238 et s.. 269 et s., 345 (l. IV, p
8. On va par exemple acheter dans une boutique de ville une vestis Bigcrrica pour cinq pièces d'argent (à Tours, iv° siècle, Sulpice Sévère, Dial., I[II], 1. 8), une lampe à un as (p. 268. n. 6), etc.
9. Cf. les lieux de découverte des objets cités p. 268 et s., 284, 285 et s., 303, 304.
trait sa fme vaisselle à vernis roage, signée des noms les plus connus de potiers rutènes* : et c'était, pour ces déshérités, comme un rayon de luxe dans leur sombre logis.
Chez le riche, c'était alors un déploiement de magnificence que l'imagination même a peine à se représenter. A la puissance que l'aristocratie tenait des temps celtiques ^ elle ajouta l'éclat extérieur que lui fournit le luxe romain. Car le grand seigneur gaulois, dès l'instant où il a accepté César, a pris modèle sur un proconsul. Petits-fils des héros de l'indépendance, sénateurs de Rome domiciliés dans le Midi ^ légats, intendants ou marchands aventurés dans le Nord, tous les riches de la Gaule donnent à leur vie la même apparence somptueuse.
Ce qui seul aurait pu rappeler l'antique simplicité latine, était la tenue et l'habit qu'imposait le titre de citoyen romain. Avec ses cheveux coupés courts, sa figure rasée, sa toge blanche à peine rehaussée parfois d'une bande de pourpre, le seigneur gallo-romain présente encore dans son maintien l'austère dignité d'un Cincinnatus ; et je ne doute pas que, par désir de ressembler aux chefs fameux de la Rome antique, quelques Gaulois n'aient aimé à prendre le costume et l'allure historiques des vainqueurs du monde. Mais on a vu que la toge fut indifférente à beaucoup d'entre eux*, et il advint aussi, dès le premier siècle, que les sénateurs romains et les légats eux-mêmes, par recherche d'exotisme, par désir de popularité, ou plutôt encore par goût de l'éclat et du clinquant, s'aiïu-
1. Je songe à la marque de Moinmo et à des endroits où elle a été rencontrée (Xlll, 10010, 1374). Cf. p. 269, n. 2, p. 322, n. 2.