Cf. t. II, p
358 RICHES ET PAUVIIES.
Au reste, les bâtisseurs de mausolées ne se sont [)(>iiil tr()iii[K''s dans leurs calculs. De toutes les espèces de ruines romaines, c'est la sépulture monumentale qui est la plus riche en s[)écimens, et en quelque façon la plus expressive, la plus parlante. La tombe de l'oflicier Julius, à Saint-llemy de Provence, s'élève encore à près de soixante pieds, et sur ses trois étages montre en statues ou en bas-reliefs l'image du défunt et celle de sa femme, les scènes de batailles ou de chasses auxquelles il a pris part : c'est d'ailleurs un inconnu dans l'histoire ^ A Igel près de Trêves, Sécundinius se fait élever, pour lui, sa femme et ses enfants, une tour plus haute encore, de soixante-dix pieds, surmontée de l'aigle et couverte de figures depuis la base jusqu'au sommet : celui-ci, c'est un gros propriétaire du pays, encore moins mêlé aux faits de l'histoire que le vétéran de Saint-Remy -. La Tourmagne de Nîmes, la « pile » de Cinq-Mars en Touraine, le mausolée de Lanuéjols en Gévaudan, et vingt autres « piles » ou « pyramides » et cent autres ruines, sont autant de gigantesques sépulcres que d'orgueilleux inconnus ont enracinés pour toujours dans le sol de la Gaulée
Le mausolée, on l'a déjà dit '% ne représente qu'une faible partie d'un enclos funéraire, du domaine propre au défunt. De vastes constructions y étaient annexées. Lk, à certains anniversaires, des amis, des parents et parfois des multitudes, se groupaient pour boire et manger aux frais, en l'honneur et comme sous les yeux du mort. Quelques mots du testament d'un grand seigneur gaulois nous feront connaître le fond de sa pensée, son extraordinaire désir de demeurer, par son tombeau, le maître d'une portion de ' la terre, le patron d'un groupe d'hommes : « Je veux que mon monument funéraire soit élevé