Cf. t. IV, p. 278, n. 3; ici, n
Minerve* atteignait des chiiïres énormes. De leurs antiques trésors en lingots d'or ou d'argent, les anciens dieux gaulois. Tentâtes ou Bélénus, avaient à peu près tout perdu lors des pillages de la conquête -. Mais les divinités qui les remplacèrent surent vite acquérir de nouvelles richesses.
Au temple de Mercure du puy de Dôme s'entassaient ex-voto de bronze et ornements de marbre \ et la statue colossale du dieu, en airain, avait coûté seule quarante millions de sesterces*. Au sanctuaire de la Tutelle de Bordeaux, vingt-huit statues, plus hautes que nature, ornaient les galeries de la façade, et sans doute un nombre plus grand encore en garnissaient l'intérieur'. Telles étaient les richesses accumulées dans la maison sainte qui dominait la colline de Clermont, que les Germains eux-mêmes la connurent et qu'à la première occasion ils se précipitèrent pour la piller". Dans un simple temple rustique de Mercure, celui de Berthouville en Normandie, on a trouvé une centaine de vases d'argent, dont quelques-uns sont des merveilles d'art, et qui représentent plus de vingt-cinq kilogrammes de métal précieux '.
C'étaient là, il est vrai, capitaux improductifs, en pierre ou en métal. Mais un dieu possédait bien autre chose rapportant gros, des esclaves, des affranchis, des biens-fonds, eaux, terres ou bois, des immeubles de tout genre % les droits ou les amendes imposés aux dévots ^ peut-être aussi les revenus de mines,
1. Je cite les dieux de la Gaule dont les temples paraissent avoir clé les plus riches, et ce sont sans aucun doute les héritiers des anciens plus grands dieux celtiques (Ésus, Teutatès, Bélénus et la principale divinité féminine). Et c'est peut-être à celles-là seules, et dans de certaines conditions, qu'on accordait tous les avantages de la mainmorte (p. 365, n. 2).